04/09/2016

Burkini - L'importance de ne pas se ridiculiser

 

Remarquable démonstration de discernement et de sens des valeurs que les propos de Martine Brunschwig Graf, le 30 août dans 24 heures sur le voile islamique (qui, soit redit en passant, ressemble souvent à s’y méprendre aux foulards de nos grands-mères) et, période estivale oblige, sur le burkini (NB : le présent courrier ne traite pas de voile couvrant la totalité du visage).

Nos voisins français sont en train de se ridiculiser par des empoignades de préau d’école. A telle enseigne que le Conseil d’Etat (autorité qui vérifie la cohérence des textes juridiques) vient d’annuler, à juste titre, les dispositions prises par des communes interdisant cette tenue de bain. Comme le relève un observateur : quelle différence entre une femme en burkini et le plongeur sportif ou surfeur qui, après l‘effort, décide de simplement se baigner ou s’allonger sur la plage dans sa combinaison ? Des censeurs pleins de leur interprétation à eux de notre tradition judéo-chrétienne construisent des argumentations discriminantes mais, en réalité, il s’agit dans les deux cas d’êtres humains avec la même allure et les mêmes droits, et qui ne font de tort à personne.

Plus que jamais il est souhaitable de rester objectif, sérieux. Le vrai danger, dont on espère que la pondération helvétique saura l’éviter, est que l’on entame des  « guerres de religion » nourries par des tribuns voyant des incendies là où il n’y en pas. Tribuns qui en fait refusent le droit à la différence qu’il est essentiel de préserver, dans le cadre au reste du respect mutuel attendu au sein de la société.

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