16/09/2016

Accueil et protection des victimes de violences domestiques

 

Il y a 40 ans que le Centre Malley-Prairie (CMP), de Lausanne, a été créé et s’est engagé dans la prise en charge de personnes battues et la prévention y relative. Pas inutile de rappeler que les mauvais traitements, en particulier de femmes et d’enfants, n’ont longtemps guère été considérés comme un problème médico-social.  Dans le droit romain qui a inspiré une bonne partie du nôtre, le pater familias avait droit de vie et de mort sur les personnes de son foyer, épouse et enfants compris. Même si les historiens ont montré que les autorités civiles ou religieuses ont parfois sanctionné de telles violences dans le passé, nos sociétés ont longtemps tendu à négliger ces sévices, on regardait ailleurs ... S’agissant des enfants battus, c’est après la Seconde Guerre mondiale seulement que des pédiatres américains ont mis formellement en évidence l’origine des traumatismes dont étaient porteurs certains de leurs patients. Progressivement, la communauté médicale a été sensibilisée à ces sévices – de nature physique, psychologique et affective, sexuelle, sans oublier ceux liés à la négligence (fait de ne pas fournir des apports indispensables). Devant les adultes victimes (parfois des hommes mais en grande majorité des femmes), là aussi nous autres professionnels avons trop cru ou fait semblant de croire aux histoires abracadabrantes contées par l’entourage pour « expliquer » qu’une personne amenée en urgence soit couverte d’hématomes ou porteuse de blessures voire de fractures.

Merci aux pionnières et pionniers qui se sont investis. Développement important, le Conseil d’Etat vaudois a décidé de mettre en oeuvre dès janvier 2015 la règle « Qui frappe, part ! », permettant d’éloigner sans délai du domicile les auteurs de violences. A propos de ces derniers, le canton a fait juste aussi en soutenant l’ouverture au printemps 2016 du Centre Prévention de l’Ale qui leur est destiné. A relever aussi l’action de l’Unité de médecine des violences, au CHUV.

Ces problématiques ont longtemps été mal appréhendées parce que, frileusement, on tendait à éviter d’indisposer par des faits gênants et des débats délicats. Or, si on entend mieux soulager/limiter les violences en notre sein, il ne faut pas craindre de se « mêler de ce qui nous regarde pas ». En dépit de notre réticence à le faire et même si, une fois ou l’autre, on exercera sa curiosité sur des personnes ou familles qui n’ont rien à se reprocher (d’une certaine manière c’est le prix à payer pour être plus efficace). Il est vrai que des problèmes compliqués au plan éthique doivent être gérés, comme le refus - pas rare - des personnes violentées que soit signalée leur situation (la loi permet - dans plusieurs cantons, exige – que, même sans leur consentement, ce signalement soit fait pour les mineurs).

 

 

 

 

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