17/02/2017

Intelligence artificielle et Machine à remonter le temps...

 

Stephen Hawking, le physicien de Cambridge, dans un interview à la BBC : « Le développement de l’intelligence artificielle (IA) pourrait provoquer la fin du genre humain. Les humains sont limités par une évolution biologique lente et ne pourraient concurrencer les machines qui se reprogramment rapidement. » Je n’ai aucune prétention à être dans la même ligue que Hawking, mais le fait est que cette disparité des vitesses d’adaptation me préoccupe vivement. Au plan mental (et même biologique), notre organisme est-il en mesure de s’adapter assez vite ? Vous me direz que voir des enfants de trois ans pianoter sur des tablettes est rassurant à cet égard. Peut-être.

Par conviction ou idéologie, nous répugnons à croire que des machines seront plus intelligentes que l’homme. Stéphane Garelli rappelle toutefois que dès 1995 l’immensité des données à disposition a permis à des machines de mieux exploiter, avec leurs algorithmes, la richesse des informations. Rappelant que, en 1997, Deeper Blue de IBM a battu aux échecs Garry Kasparov.

Question à dix mille (milliards ?) de dollars : l’IA égalera-t-elle - dépassera-t-elle  - un jour Baudelaire écrivant de la poésie, ou Descartes ou Kant philosophant ? J’ai l’impression que de plus en plus de gens sont prêts à supprimer la forme interrogative de cette phrase. A. Geissbuhler, responsable de la cyber-santé aux Hôpitaux de Genève, se dit "écartelé  entre la certitude de la future suprématie de la machine et le souffle de l’homme".

De son côté, Frédéric Kaplan, à l’EPFL, veut pour l’Europe la première Time Machine. Le projet impressionne : proposer une infrastructure d’archivage et de calcul unique pour modéliser les données du passé, les réaligner sur le présent et se projeter vers l’avenir. Il ne s’agira plus d’archiver ponctuellement mais de dresser un pont entre l’ère de l’information globalisée et les époques précédentes. « Ce Big Data du passé permettra la construction de nouveaux modèles interprétatifs. Les épidémiologistes comprendront mieux la diffusion des grandes maladies, les économistes réinterpréteront l’histoire des croissances et crises du capitalisme, les linguistes comprendront le treillis évolutif de nos langues. » D’où, dit Kaplan, le passé deviendra un territoire à habiter.

Comme tous j’imagine, il m’est arrivé de rêver pouvoir vivre une journée au temps des Romains, des chevaliers, ou des Incas ou des Sioux avant la Conquista. Et bien on y est, à la mythique machine à remonter le temps, ou si près. Kaplan : « Nous serons demain les voyageurs du temps, le projet Time Machine est une occasion unique pour construire notre futur à partir d’un patrimoine commun. » Perspective que Churchill aurait appréciée, lui qui a dit « Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur ».

 

 

 

 

   
   
   
   

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