05/10/2019

Jeunes et "Grands-parents pour le climat" à l'Uni de Neuchâtel

C'est sous les titre de"De l’indignation à l'audace !" qu'une  conférence-table ronde a eu lieu à Neuchâtel le 24 septembre dernier sur la problématique climatique - devant plus de 400 personnes.

Y a été bien illustré le dynamisme des démarches lancées par des groupes de jeunes. La table ronde avec leurs représentants, six filles et garçons, a été impressionnante. Ils exemplifient la preuve par l’acte,  en consacrant beaucoup d’énergie et de temps à des actions dans des directions multiples : démarches très pratiques pour limiter le gaspillage alimentaire, permaculture, Semaines de la durabilité printanières dans plusieurs dizaines de Hautes Ecoles du pays. La plus jeune de ces personnes, une lycéenne de 15 ans de Bienne, y a instauré la « Grève du silence pour le climat ». Le vendredi, elle ne parle pas - ne participe pas aux discussions, ne répond pas aux questions… Attitude claire, disruptive mais sans fracas, respectueuse - c’est bien. Un autre est un militant affirmé dans la ligne de la désobéissance civile et d’Extinction Rébellion. A noter parmi eux un apprenti maraicher - qui démontre que la forte préoccupation n’est pas le monopole d’universitaires.

La conférence avait été ouverte par le professeur Jean-Marie Grether, vice-recteur de l’Université, institution est aussi très engagée pro-climat. Puis deux exposés : de Ellen Hertz, professeure d’ethnologie dans cette université, et Philippe Thalmann, professeur d’économie de l’environnement à l’EPFL.

Ellen Hertz s’est adressée aux seniors/retraités présents, soulignant que s’engager est une bonne façon d’utiliser le temps libre à leur disposition. Relevant que, si la colère de jeunes ne surprend pas, celle des vieux, par contre, gêne, est un scandale. En tirer profit : « Autorisez-vous à afficher votre colère, testez les limites ! », a-t-elle dit. Peut-être les Grands-parents devraient-ils être plus vifs dans leurs démonstrations ?

Philippe Thalmann a structuré son propos en discutant sept possibilités pour nos sociétés de répondre au dérèglement climatique : 1) Continuer comme maintenant (business as usual) – ce serait insensé ; 2) Procéder par améliorations ponctuelles et progressives – OK, mais très insuffisant ; 3) Corriger les « imperfections » du marché -  tenir compte notamment des coûts externes, un aspect essentiel, guider les acteurs ; 4) Corriger les « imperfections » de l’Etat – qui peine beaucoup à prendre des mesures  adéquates ou est bloqué quand il tente de le faire, court-termisme électoral ; 5) Accélérer la transition écologique – économie circulaire ; 6) «  Halte à la croissance » (rappel du Rapport au Club de Rome), et 7) Instaurer l’urgence climatique – avec des mesures suffisantes mais qui auront des dimensions dures voire autoritaires, pas aisément acceptées sans doute !

Une sensibilisation de la population en général est impérative, qui doit aussi être promue par des engagements clairs et courageux des pouvoirs publics. Il y aura certainement lieu de revoir/modifier certaines prérogatives et responsabilités institutionnelles – des parlements et gouvernements, de manière à minimiser des blocages qui ne feront qu’aggraver les problèmes.

On le voit, il y a dans la nouvelle génération une impatience, une frustration devant la lenteur des politiques, à vrai dire de la société, à admettre la réalité des faits – et leur gravité. Puis, quand ces politiques comprennent, la lenteur des processus de nos démocraties fait problème. Malgré des difficultés programmées, cette soirée a toutefois apporté un vent frais, porteur d’espoir.

 

 

 

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