28/04/2020

L'action militante de discreditsuisse pour une planète qui reste vivable

28 avril 2020 – Le site discreditSuisse.ch répond, point par point, aux « arguments  environnementaux » avancés par la banque lors de son procès face aux joueurs de tennis. Lundi passé le Credit Suisse a demandé de désactiver le site sinon « une action en justice pourrait s'appliquer » . Comment s'opposer à une multinationale ? En se mettant ensemble.

En janvier dernier, le hashtag #RogerWakeUpNow a fait le tour du monde. La partie de tennis dans une succursale du Credit Suisse s'est terminée par l'acquittement des 12 activistes. Le site discreditSuisse.ch avait alors été créé en quelques jours pour répondre, point par point, à la communication sur les actions environnementale de la grande banque et dénoncer publiquement sa politique dans les énergies fossiles.

Le 20 avril, le site a reçu un email « Veuillez supprimer le contenu de ce nom de domaine dans les 24 heures. Il s'agit d'une URL diffamant la marque et le nom de notre client (Credit Suisse Group AG). »

« Nous considérons ce courriel comme une tentative d'intimidation contraire aux principes de dialogue et de démocratie que nous promouvons. » s'indigne un membre de la coalition Roger Wake Up. « Si les propos du site pouvaient être considérés un tant soit peu diffamatoires, cela ferait longtemps que leurs avocats seraient intervenus. »

Les responsables du mouvement réagissent en appelant à multiplier le nombre de propriétaires de sites renvoyant au site discreditsuisse.ch, ce qui rendra très difficile pour la banque de museler ceux qui se scandalisent de ses pratiques en matière d'investissement au détriment de la planète.

Allez donc voir le site et ralliez-vous! Lancée ce matin, l’action connait un succès spectaculaire, elle a convaincu plus de 320 nouveaux co-propriétaires à 16 h. 45..........

11/04/2020

« Vous vouliez la décroissance, eh bien vous l’avez… »

Celles et ceux que préoccupe l’avenir vivement interpellés… En plus des graves soucis sanitaires, les bouleversements dans l’économie liés aux mesures prises pour contrer la pandémie Covid-19 sont énormes.

« Vous vouliez la décroissance, et bien vous l’avez », a dit récemment sur un mode martialement critique une personnalité politique, un matin sur la Première. Peu avant, dans une solide émission spéciale de RTS Un, un analyste financier tenait un même discours : il faudra absolument croître à nouveau, et vite. Il voulait bien concéder que cette croissance pourrait être plus qualitative mais, pour l’essentiel, hors de produire à l’ancienne pas de salut.

Cela démontre-t-il que la volonté de faire différemment (« changer le système, pas le climat »), manifestée en 2019 par les multiples manifestations pour le climat, ne serait que des rêves de beau temps d’une jeunesse désorientée ? Pour ceux qui veulent que nous ne croyions, sans discuter, qu’à l’« économie réelle », les troubles liés au tsunami viral n’auraient ainsi pas que des inconvénients, en montrant l’inanité de l’alternative ?

Faut-il admettre que le modèle qui est en train de détruire l’écosystème est le seul qui vaille ? Que la seule issue est de s’adapter « gentiment » à la diminution de la biodiversité notamment, moins rapide que le coronavirus mais dont la vitesse de survenue est inouïe dans l’histoire. « L’exceptionnalisme humain est autodestructeur », souligne l’écrivain américain Richard Powers. L’exceptionnalisme, cette fâcheuse façon de penser qu’il n’y a que nous qui comptions.

Pourtant, « après le confinement, il faudra entrer en résistance climatique », affirme dans Le Monde du 20 mars un collectif de personnalités, soulignant la nécessité de la décroissance énergétique pour atteindre la neutralité carbone en 2050.

Même les conservateurs en matière économique réalisent que le virus doit impérativement nous faire réfléchir. Tirons-en la leçon, développons une nouvelle culture, dans plusieurs sens du terme. Les restrictions massives que nous devons accepter nous montreront-elles qu’on peut vivre différemment ? Y compris en produisant et consommant moins - de ces choses qui relèvent du superficiel, du superflu ou de l’égocentrique ? Ce qui pourrait libérer un peu de notre temps précieux, si « embouteillé » dans la vie d’avant, pour le dédier à nous enrichir sur des modes non-matériels. Y penser en ce temps de Pâques ?

Je vois d’ici les sourires et les quolibets : « Rêvez… mais hors d’un cadre dictatorial et communisant il n’y a pas de décroissance imaginable ». Le défi, c’est que les réalistes-immobilistes n’étant pas tenus de rien prouver, c’est aux autres de montrer que c’est possible.

 

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Beau et bon film - "L'intrusa"

Pour celles et ceux qui ne sont pas hyper-occupés en ce temps de relatif confinement, j'aimerais recommander vivement un film italien de 2017, "L'intrusa", de Leonardo di Costanzo.

Cela se passe à Naples, dans un milieu populaire, avec la mafia jamais très loin. Giovanna est la responsable d'un centre qui accueille les enfants du quartier en dehors des heures d'école. Elle est confrontée à des problèmes lourds au moment où une jeune mère et deux enfants s’installent dans une remise dans l'enceinte du centre. Ceci parce que cette femme est l'épouse d'un mafioso qui vient de tuer un homme innocent et est promis à la prison à long terme

Superbement joué, on est pris par des situations où il n'y a pas vraiment de bonne solution, malgré l'engagement humain et humaniste de Giovanna.

Est en libre accès ces jours sur arte.tv.