07/09/2022

Energie -  Vers un retour de la myopie ?

Il faut se préoccuper, bien sûr, de la pénurie d'électricité qui se profile pour l'hiver prochain. Même Simonetta Sommaruga, comme des ministres verts allemands, se résolvent à la mise en service de centrales de réserve fonctionnant au gaz (voire au mazout !), pour atténuer les difficultés prévisibles en février-mars. Mais, s.v.p., se souvenir que là on est dans le court terme et qu’il est essentiel de ne pas perdre de vue le long terme - et le long terme, ce sont les perspectives de dérèglement général de la société et de son fonctionnement que la poursuite de l'emploi des combustibles fossiles nous garantit, à coup sûr. Or, avec des soucis dans l’immédiat, on voit refleurir des idées complètement contre-productives (y compris du point de vue de la biodiversité), par exemple dans des sens d'agriculture plus intensive ou de subventionnement de l'essence (alors que, dès que possible, il faudra la taxer plus). Et on doit craindre que, les élections fédérales approchant et les motivations électoralistes fleurissant elles aussi, soient mises en avant des propositions simplement contraires à notre survie à terme dans des conditions vivables. Pour peu que l'hiver prochain bénéficie d'un peu plus de neige qu'attendu et que l'été 2023 soit un rien moins caniculaire que celui-ci, l'électeur se montrera-t-il sensible à ce qu'il faut bien appeler des bêtises, du genre "il y a toujours eu des variations climatiques de ce genre dans l'histoire de la Terre" ou "nos trouvailles technologiques vont toutes seules régler quelque problème que ce soit, sans que vous ayez à vous priver de quoi que ce soit" ?