23/10/2019

Un capitaliste intelligent, les yeux ouverts...

J'ai du retard dans mes lectures......  24 heures du 11 octobre, en page 19, traite de la Conférence "Building Bridges" qui vient de se tenir à Genève. "La recherche de profits maximums à court terme détruit la planète", a dit André Hoffmann, vice-président de la firme Roche (dont j'ai parlé dans ma dernière inclusion à ce blog). Et d'aller plus loin: "Roche a adopté une nouvelle stratégie qui n'est plus basée sur le profit, mais sur l'amélioration de la santé des patients"..........

Magnifique ! De très longue date, depuis toujours, il est clair que, même si leur activité est de produire des médicaments qui font du bien aux malades. la logique première des pharmas est de faire de l'argent. Fondamentalement, elles fonctionnent strictement comme les marchands de canons, de cigarettes, de voitures (très) polluantesde bossons (trop) sucrées etc. :  rétribuer les actionnaires au max des max.

La démarche d'André Hoffmann est à l'évidence un pas dans la bonne direction, à notre époque d'épuisement de la planète et de dérèglement climatique. S'il était suivi par ses collègues grands patrons de multinationales, entre autres, ce deviendrait un pas absolument majeur pour notre survie dans des conditions vivables.

Le journaliste de 24 heures est sans illusion: "Mais personne n'est réellement dupe. Le chemin qu'il reste à faire est énorme (...) Qu'est-ce que cela implique pour les banques? Elles doivent fournir à leurs clients les outils pour connaître le véritable impact des portefeuilles en termes de durabilité..."

Remplacer "bigger is better" par "better is good" - ou simplement "good is good" ?

27/09/2019

Une voix différente - Jonathan Franzen et le climat

 

Jonathan Franzen (1959) est un romancier et essayiste américain. Il est un contributeur fréquent de la revue «The New Yorker », dans la dernière livraison de laquelle, le 8 septembre, il publie un article intitulé « Et si nous cessions de prétendre ? L’apocalypse climatique vient. Pour nous y préparer, nous devons admettre que nous ne pouvons l’éviter ». Well…… Extraits :

« La bataille pour limiter les émissions de carbone a le parfum d’un roman de Kafka. Le but à atteindre est clair depuis trente ans et, malgré certains efforts, nous n’avons pour l’essentiel pas fait de progrès vers ce but. Aujourd’hui, les preuves scientifiques sont pratiquement irréfutables. Si vous avez moins de soixante ans, vous avez une bonne chance de voir les conséquences radicales de ce dérèglement : récoltes catastrophiques, incendies apocalyptiques, économies qui s’effondrent, inondations, centaines de millions de réfugiés fuyant des régions devenues inhabitables par la chaleur ou la sécheresse. Si vous avez moins de trente ans, vous avez la garantie de le voir. »

 

« Si vous vous préoccupez de la planète et des gens et animaux qui y vivent, vous pouvez réfléchir à la situation de deux manières. Vous pouvez continuer à espérer que la catastrophe peut être évitée et alors être de plus en plus frustré ou furieux de l’inaction du monde. Ou vous pouvez accepter que le désastre arrive et repenser à ce que cela signifie d’avoir de l’espoir. »

 

Franzen pose la question : « Que faire quand on a admis que la partie était perdue face au changement climatique ? » Il ne croit pas qu’il ne faille rien faire. Il recommande de placer son espoir dans des objectifs plus facilement atteignables, dans le court terme, dans son environnement immédiat.

Il fait référence aux Jardins potagers pour les sans-abri de Santa Cruz, où il habite, et conclut. « Ces jardins changent des vies, l’une après l’autre, depuis près de trente ans. Un temps peut venir, plus vite que nous ne l’imaginons, où les systèmes d’agriculture industrielle et de commerce mondial vont s’effondrer et où les sans-abri seront plus nombreux que ceux qui ont une maison. A ce moment, une agriculture traditionnelle locale et des communautés fortes ne seront pas simplement des slogans libéraux (au sens US du terme = de gauche). La gentillesse à l’égard des voisins, le respect de la nature - maintenir un sol sain, gérer sagement l’eau, prendre soin des insectes qui pollinisent par exemple, seront des éléments essentiels face à la crise – et pour la société qui survivra(it). »

 

 

 

14/12/2018

Climat – La Suisse ne peut pas s’en laver les mains

 

 

Remarquable présentation de Michel Bourban, dans Le Temps du 8 décembre, à propos du dérèglement climatique. Il souligne la double inégalité en résultant : les pays industrialisés en sont responsables pour la plus grande part, les pays en développement en souffrent le plus - pour l’instant. A la COP 24 de Katowice qui se termine en ce moment, les grands producteurs de pétrole (y compris, lamentablement, des Etats-Unis totalement désorientés par leur président) ont même l’indécence de nier le phénomène et ses causes.

 

Dans le même temps, dans le débat de la loi sur le CO2, les Chambres poussent à ce que la Suisse ne soit plus crédible sur ce dossier. Sa majorité de droite ne veut pas entériner les objectifs-phares de la COP 2015 de Paris, et entend passer à d’autres pays - en leur achetant des bons d’émission de CO2, le rôle de diminuer notre propre empreinte carbone. Illustration d'une certaine « bonne conscience helvétique » dans des aspects peu reluisants.

 

Que répondront ces très sérieux parlementaires, dans vingt ou trente ans, à leurs enfants et petits-enfants qui les interrogeront sur leurs votes de 2018, si sensibles aux intérêts de l’industrie des énergies fossiles - dont il est impératif de s’éloigner et bientôt de se passer ? Combien de temps encore pour que ces élus comprennent que l’égoïsme à la courte vue du « business as usual » n’est ici plus possible ? Quand ce pays montrera-t-il un vrai sens de l’intérêt commun au niveau global ?