10/06/2008

Bon vent à la Chambre cantonale consultative des immigrés !

 

Le Conseil d’Etat a nommé, dans sa séance du 28 mai, les vingt-trois personnes

 

constituant la Chambre cantonale consultative des immigrés. La CCCI a un rôle essentiel dans la mise en oeuvre de la loi cantonale sur l’intégration des étrangers et la prévention du racisme du 23 janvier 2007. Elle étudie les moyens d’améliorer l’intégration des étrangers et la lutte contre le racisme. Elle sensibilise le Gouvernement sur ces questions et émet des avis sur les projets de modifications des lois règlements dans ces domaines.

 

 

Pour la première fois, les associations de personnes étrangères ont été

 

consultées dans la procédure de nomination des membres de la CCCI. Les diversités

 

ethniques du canton ont évolué ces dernières années. C’est pourquoi les représentants,

 

notamment d’origine africaine et d’Amérique latine, sont plus nombreux au sein de la

 

Chambre que par le passé.

 

 

La section vaudoise de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) se félicite de cette mise en place. En toute modestie, elle est heureuse que ce soit sa vice-présidente, Me Gloria Capt, députée, qui soit chargée de présider la Commission. Elle veut croire que, avec l’efficace collaboration de Magaly Hanselmann, coordinatrice en matière d'intégration des étrangers et de prévention du racisme, la CCCI contribuera substantiellement à ce que notre canton soit à la pointe des réalisations en matière d’intégration des étrangers et de prévention et lutte contre xénophobie et racisme – et en général contre toute forme de  discrimination. Suivant en cela à vrai dire le peuple vaudois, si l’on en croit la manière très claire dont il a refusé (à plus de 80% !), lors de la votation du 1er juin, l’initiative sur les naturalisations dites « démocratiques ».

 

 

Quelques raisons donc de croire et d’espérer.

 

 

Dr Jean Martin , président de la LICRA

29/04/2008

A l’approche de l’EURO, l’accent sur l’éthique dans le football !

 

 

Le 28 avril, à l’invitation du comité d’éthique du FC Lausanne-Sport, symposium au Musée Olympique sur l’éthique dans le football. Occasion d’entendre et de rencontrer des personnalités concernées : le professeur de médecine Jacques Cornuz, président du comité d’éthique susmentionné, son collègue Denis Müller, de l’Université de Lausanne (qui publie chez Labor & Fides « Le football, ses dieux et ses démons »), le Juge d’instruction vaudois Jacques Antenen. D’autres dont le football est la vie, si je peux dire : Claude Ryf, le footballeur connu, aujourd’hui entraîneur de l’équipe suisse des moins de 18 ans, William Gaillard, porte-parole de l’UEFA, Yvan Cornu, responsable des arbitres de cette même Union.

 

 

J’y participai au vu de mon intérêt pour le sport et de mes engagements dans les problématiques éthiques (biomédicale et sociale) ; aussi parce que la LICRA dont je suis membre est partenaire d’actions contre le racisme et la discrimination dans le sport, discrimination qu’on peut voir sur les terrains de football et autour (spectateurs, parents), dans les vestiaires, dans la rue. On veut croire que l’EURO qui arrive sera exemplaire du point de vue du respect des joueurs quels qu’ils soient.

 

 

Entre autres apports, l’exposé de Claude Ryf a montré une fois de plus l’épaisseur humaine – au meilleur sens du terme -  d’entraîneurs de haut niveau. Qui sont loin de se résumer à d’anciens artistes du ballon rond prodiguant des indications tactiques avec des injonctions de gagner coûte que coûte… S’ils sont dans les positions qu’ils occupent, c’est que la plupart ont fait la preuve de qualités de psychologie, de compréhension de la vie, des choses et des gens, en un mot d’humanité - et d’humanisme - au-delà du commun. Claude Ryf a souligné l’importance pour le footballeur de pointe de la tolérance aux frustrations ; utile à tout un chacun mais essentiel en compétition. La priorité, a-t-il dit, est de respecter la personnalité du joueur grand ou petit. Mon commentaire : sans doute ne peut-on forcer personne à aimer son voisin mais le premier impératif de la vie en société est le respect.

 

 

William Gaillard a décrit les engagements de l’UEFA dans la lutte contre racisme et intolérance. Les Roms (tziganes) sont l’objet de mépris et de rejet à beaucoup d’endroits ; ainsi en Europe centrale et de l’Est. Au point que des communautés roms ont demandé à l’UEFA de les aider à créer des ligues qui leur seraient réservées. Ce n’est pas la bonne solution, a été la réponse, cela ne fera qu’accroître votre marginalisation. Plutôt, l’UEFA s’est engagée auprès des instances du football de ces pays, par exemple pour faire reconnaître largement la qualité de footballeurs roms ou descendants de Roms dans leurs équipes les plus connues. Cela demande du courage, de la part de dirigeants qui passent un message pas forcément bien accueilli et des joueurs en cause, qui  pourront voir leur popularité baisser...

 

 

Il a donné d’autres exemples d’efforts de l’UEFA, sous l’impulsion de son Président Michel Platini, qui vraiment vont dans le bon sens ! Encourageant. Compte tenu de la grande popularité du football, on peut penser que de telles démarches sont susceptible d’obtenir des résultats que gouvernements et organisations de défense des droits de l’homme peinent à concrétiser.

 

 

Ensuite, des ateliers se sont penchés sur le développement de chartes d’éthique dans le sport, sur les possibles incitatifs pour promouvoir le fair play, sur la violence dans les stades, sur ce que le football pourrait apprendre d’autres sports (rugby par exemple). Au final, journée hautement intéressante ; merci d’avance à ses animateurs de poursuivre et étoffer leur action !

 

 

 

 

 

18/03/2008

Latifa… et autres histoires vraies qui font réfléchir

 

 

Latifa, jeune femme de nationalité française, a vécu huit ans en Suisse avec un ami romand. Ils se sont alors mariés ; Latifa est tombée enceinte mais son mari a « pris peur » et a fait pression pour que la grossesse soit interrompue. L’entente du couple s’est dégradée et, après deux ans de mariage, s’est ensuivi un divorce. Latifa a souhaité rester dans le pays où elle vivait de longue date mais rien n’est simple. Démarches auprès de l’autorité compétente, dont le jugement finit par tomber : puisqu’elle était maintenant divorcée, elle ne peut plus rester en Suisse. D’autre part, note-t-on, après deux ans de mariage « le but du séjour est atteint »… - Kafka se serait régalé.

 

 

C’est une des histoires entendues, lundi soir 17 mars au Casino de Montbenon, par celles et ceux qui ont répondu à l’invitation du FEEL (on rappelle que ce nom – heureusement de mieux en mieux connu - est celui du Forum des étrangères et étrangers de Lausanne). Sous le titre « Mes faits divers », une brochette de personnalités (dont plusieurs responsables du domaine de l’accueil et de l’intégration des personnes venues d’ailleurs, un membre de la Municipalité de Lausanne, un ancien rédacteur en chef de 24 Heures), lisaient les témoignages factuels de personnes qui, tout en ayant de bonnes raisons de vivre chez nous (par exemple en étant marié – sans qu’il s’agisse de complaisance – avec une(e) de nos concitoyen(ne)s), passent par des vicissitudes diverses. Sobre, bien fait, informatif, pas vraiment encourageant (même si, on veut le croire, les choses se passent parfois mieux voire bien). Avec aussi, relevons-le, des témoignages de Suisses disant « Nous subissons leur invasion ».

 

Ceci avec une animation musicale de deux talentueuses jeunes filles et, en préambule, un « Micro-trottoir » réalisé dans notre capitale par Lionel Baier – film bref dont on espère qu’on le verra sur nos écrans de télévision.

 

La Semaine lausannoise d’actions contre le racisme propose de multiples manifestations du 17 au 20 mars, il est recommandé d’en profiter !