29/02/2008

Oui, l’EURO est une chance de faire oeuvre de prévention du racisme !

 

Entendu sur la RSR ce matin vendredi : l’UEFA se préoccupe de la survenue de gestes et paroles raciste sur les stades, à l’endroit de joueurs venus d’autres parties du monde (cela peut aussi arriver entre spectateurs…). Et, à l’occasion de l’EURO qui nous arrive dans moins de cent jours, elle veut prendre des mesures pour éviter de telles « démonstrations » -  susceptibles à l’évidence de jeter une ombre sérieuse sur la compétition.

 

Plus que contenir les débordements, il convient bien sûr de prévenir. La section vaudoise de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), que j’ai le privilège de présider, s’y emploie depuis plus de trois ans : dans le cadre du tournoi annuel de football scolaire, puis comme partenaire de la grande manifestation décentralisée « Graines de foot » (en 16 endroits du canton), organisée par l’Association cantonale vaudoise.

 

Le responsable d’une section junior me racontait il y a peu comment il a remis à l’ordre quelques-uns de ses joueurs qui au cours d’une soirée avaient fait du grabuge dans le village, leur demandant fermement d’écrire une lettre d’excuses aux personnes importunées. Dans le cas particulier, il ne s’agissait pas de xénophobie mais d’incivilités « ordinaires » si je peux dire. Mais cet exemple illustre comment mon interlocuteur a assumé sa responsabilité. Parce que la mission est multiple : bien sûr qu’on demande aux entraîneurs et autres responsables de faire en sorte que leurs élèves deviennent très bons aux plans technique et tactique. Mais il importe de donner assez d’attention aussi aux valeurs et qualités humaines. Y compris quand on lance toutes ses forces dans la bataille pour gagner ou remonter le score et que cela eut amener à « en vouloir »  à l’adversaire… Dans tous les domaines, il y a des situations de concurrence où chacun défend fortement ses positions. C’est OK si cela se passe à la loyale, si toujours on reste respectueux de l’adversaire même quand on a des raisons d’être très frustré par le cours du jeu et son résultat ! Sans grossièretés verbales, sans gestes méprisants.

 

En cette année où notre pays accueille l’EURO, la LICRA a plaisir ainsi à s’associer aux efforts de l’UEFA. Nous voulons croire que, sur les stades de chez nous où se déroulera « Graines de foot » comme sur ceux qui verront les équipes nationales s’affronter pour devenir champion d’Europe, les rencontres seront marquées, malgré l’importance de l’enjeu, par l’amitié et la compréhension.

 

                      

 

06/02/2008

Respect...

 

La radio évoque ce matin la démarche des parents de l’étudiant tessinois battu à mort le weekend dernier lors du Carnaval de Locarno. Ils ont fait savoir hier que, si comme chacun ils veulent croire à une sanction exemplaire des responsables de la mort de leur fils, ils demandent qu’il n’en soit pas fait une affaire de « méchants étrangers » (si je peux utiliser cette expression). On se souvient que ces personnes sont originaires des Balkans.

 

Il ne s’agit en aucune manière ici de minimiser le fait que, dans certains groupes, le passage à l’acte violent intervienne plus souvent (beaucoup trop souvent) que dans d’autres - que dans notre culture autochtone en particulier. Mais on salue le courage et l’abnégation de ces parents qui, frappés dans ce qu’il ont de plus cher, ne veulent pas d’une instrumentalisation de leur drame pour alimenter racisme et xénophobie. Respect.  

26/11/2007

Tests génétiques chez des migrants (II)

 

Suite – voir inclusion au présent blog du 21 septembre
Utile « Mise au point » dimanche 25 au soir sur TSR 1 à propos de ces tests, dont on parle aussi chez nous suite aux débats vifs liés à la loi passée il y a peu par le Parlement français - avec toutefois, dit la presse hexagonale, quelques garde-fous qui en limiteraient les possibles utilisations délétères… (?). A noter aussi que le Comité consultatif national d’éthique français, institution éminente, a émis (en urgence) un Avis à ce sujet exprimant de fortes réserves.
Selon l’enquête de « Mise au point », qui décrit notamment deux situations qui posent question dans des familles résidant chez nous, il s’avère que la possibilité de ces tests existe bien en Suisse, depuis une directive de l’ODM (Office fédéral des migrations) de 2004. Ce qui mérite d’être noté c’est que cette directive n’a trouvé de base légale que dans la loi fédérale sur l’analyse génétique humaine entrée en vigueur en 2007… Surprenant, non, dans notre impeccable Etat de droit ? Et elle s'applique seulement aux ressortissants d'une trentaine de pays, presque tous africains. Il y a, nous apprend-on, environ 40 tels tests par an concernant des dossiers de migrants potentiels et ces tests ne sont faits que sur une base volontaire. Mais… le refus du test entraînerait la non-entrée en matière sur la demande. Intéressante façon de voir l’autonomie de la personne ou de ses représentants légaux : vous n’êtes pas obligé de faire l’examen mais si vous le ne faites pas on ne s’occupe plus de vous.
Le Bulletin des médecins suisses publie le 21 novembre un article sur le sujet (page 2022). Le thème reste d’actualité.