18/03/2008

Latifa… et autres histoires vraies qui font réfléchir

 

 

Latifa, jeune femme de nationalité française, a vécu huit ans en Suisse avec un ami romand. Ils se sont alors mariés ; Latifa est tombée enceinte mais son mari a « pris peur » et a fait pression pour que la grossesse soit interrompue. L’entente du couple s’est dégradée et, après deux ans de mariage, s’est ensuivi un divorce. Latifa a souhaité rester dans le pays où elle vivait de longue date mais rien n’est simple. Démarches auprès de l’autorité compétente, dont le jugement finit par tomber : puisqu’elle était maintenant divorcée, elle ne peut plus rester en Suisse. D’autre part, note-t-on, après deux ans de mariage « le but du séjour est atteint »… - Kafka se serait régalé.

 

 

C’est une des histoires entendues, lundi soir 17 mars au Casino de Montbenon, par celles et ceux qui ont répondu à l’invitation du FEEL (on rappelle que ce nom – heureusement de mieux en mieux connu - est celui du Forum des étrangères et étrangers de Lausanne). Sous le titre « Mes faits divers », une brochette de personnalités (dont plusieurs responsables du domaine de l’accueil et de l’intégration des personnes venues d’ailleurs, un membre de la Municipalité de Lausanne, un ancien rédacteur en chef de 24 Heures), lisaient les témoignages factuels de personnes qui, tout en ayant de bonnes raisons de vivre chez nous (par exemple en étant marié – sans qu’il s’agisse de complaisance – avec une(e) de nos concitoyen(ne)s), passent par des vicissitudes diverses. Sobre, bien fait, informatif, pas vraiment encourageant (même si, on veut le croire, les choses se passent parfois mieux voire bien). Avec aussi, relevons-le, des témoignages de Suisses disant « Nous subissons leur invasion ».

 

Ceci avec une animation musicale de deux talentueuses jeunes filles et, en préambule, un « Micro-trottoir » réalisé dans notre capitale par Lionel Baier – film bref dont on espère qu’on le verra sur nos écrans de télévision.

 

La Semaine lausannoise d’actions contre le racisme propose de multiples manifestations du 17 au 20 mars, il est recommandé d’en profiter !

29/02/2008

Oui, l’EURO est une chance de faire oeuvre de prévention du racisme !

 

Entendu sur la RSR ce matin vendredi : l’UEFA se préoccupe de la survenue de gestes et paroles raciste sur les stades, à l’endroit de joueurs venus d’autres parties du monde (cela peut aussi arriver entre spectateurs…). Et, à l’occasion de l’EURO qui nous arrive dans moins de cent jours, elle veut prendre des mesures pour éviter de telles « démonstrations » -  susceptibles à l’évidence de jeter une ombre sérieuse sur la compétition.

 

Plus que contenir les débordements, il convient bien sûr de prévenir. La section vaudoise de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), que j’ai le privilège de présider, s’y emploie depuis plus de trois ans : dans le cadre du tournoi annuel de football scolaire, puis comme partenaire de la grande manifestation décentralisée « Graines de foot » (en 16 endroits du canton), organisée par l’Association cantonale vaudoise.

 

Le responsable d’une section junior me racontait il y a peu comment il a remis à l’ordre quelques-uns de ses joueurs qui au cours d’une soirée avaient fait du grabuge dans le village, leur demandant fermement d’écrire une lettre d’excuses aux personnes importunées. Dans le cas particulier, il ne s’agissait pas de xénophobie mais d’incivilités « ordinaires » si je peux dire. Mais cet exemple illustre comment mon interlocuteur a assumé sa responsabilité. Parce que la mission est multiple : bien sûr qu’on demande aux entraîneurs et autres responsables de faire en sorte que leurs élèves deviennent très bons aux plans technique et tactique. Mais il importe de donner assez d’attention aussi aux valeurs et qualités humaines. Y compris quand on lance toutes ses forces dans la bataille pour gagner ou remonter le score et que cela eut amener à « en vouloir »  à l’adversaire… Dans tous les domaines, il y a des situations de concurrence où chacun défend fortement ses positions. C’est OK si cela se passe à la loyale, si toujours on reste respectueux de l’adversaire même quand on a des raisons d’être très frustré par le cours du jeu et son résultat ! Sans grossièretés verbales, sans gestes méprisants.

 

En cette année où notre pays accueille l’EURO, la LICRA a plaisir ainsi à s’associer aux efforts de l’UEFA. Nous voulons croire que, sur les stades de chez nous où se déroulera « Graines de foot » comme sur ceux qui verront les équipes nationales s’affronter pour devenir champion d’Europe, les rencontres seront marquées, malgré l’importance de l’enjeu, par l’amitié et la compréhension.

 

                      

 

06/02/2008

Respect...

 

La radio évoque ce matin la démarche des parents de l’étudiant tessinois battu à mort le weekend dernier lors du Carnaval de Locarno. Ils ont fait savoir hier que, si comme chacun ils veulent croire à une sanction exemplaire des responsables de la mort de leur fils, ils demandent qu’il n’en soit pas fait une affaire de « méchants étrangers » (si je peux utiliser cette expression). On se souvient que ces personnes sont originaires des Balkans.

 

Il ne s’agit en aucune manière ici de minimiser le fait que, dans certains groupes, le passage à l’acte violent intervienne plus souvent (beaucoup trop souvent) que dans d’autres - que dans notre culture autochtone en particulier. Mais on salue le courage et l’abnégation de ces parents qui, frappés dans ce qu’il ont de plus cher, ne veulent pas d’une instrumentalisation de leur drame pour alimenter racisme et xénophobie. Respect.