26/11/2007

Tests génétiques chez des migrants (II)

 

Suite – voir inclusion au présent blog du 21 septembre
Utile « Mise au point » dimanche 25 au soir sur TSR 1 à propos de ces tests, dont on parle aussi chez nous suite aux débats vifs liés à la loi passée il y a peu par le Parlement français - avec toutefois, dit la presse hexagonale, quelques garde-fous qui en limiteraient les possibles utilisations délétères… (?). A noter aussi que le Comité consultatif national d’éthique français, institution éminente, a émis (en urgence) un Avis à ce sujet exprimant de fortes réserves.
Selon l’enquête de « Mise au point », qui décrit notamment deux situations qui posent question dans des familles résidant chez nous, il s’avère que la possibilité de ces tests existe bien en Suisse, depuis une directive de l’ODM (Office fédéral des migrations) de 2004. Ce qui mérite d’être noté c’est que cette directive n’a trouvé de base légale que dans la loi fédérale sur l’analyse génétique humaine entrée en vigueur en 2007… Surprenant, non, dans notre impeccable Etat de droit ? Et elle s'applique seulement aux ressortissants d'une trentaine de pays, presque tous africains. Il y a, nous apprend-on, environ 40 tels tests par an concernant des dossiers de migrants potentiels et ces tests ne sont faits que sur une base volontaire. Mais… le refus du test entraînerait la non-entrée en matière sur la demande. Intéressante façon de voir l’autonomie de la personne ou de ses représentants légaux : vous n’êtes pas obligé de faire l’examen mais si vous le ne faites pas on ne s’occupe plus de vous.
Le Bulletin des médecins suisses publie le 21 novembre un article sur le sujet (page 2022). Le thème reste d’actualité.

04/11/2007

Les activités de la LICRA-Vaud


 Président de la section vaudoise de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, je donne ci-dessous des éléments du rapport qui sera présenté le 14 novembre prochain à notre Assemblée générale (Buffet de la Gare de Lausanne à 18 h.), avec ensuite une conférence du Prof. Georges Kreis, président de la Commission fédérale de lutte contre le racisme.

 

Sport : Une deuxième fois, nous avons été en 2007 partenaire de l’important tournoi junior « Graines de foot », de l’Association cantonale vaudoise de football, en mai et juin. Nos relations avec Georges Guinand, responsable de la section juniors, sont très bonnes. Un article de la LICRA a paru, comme l’an dernier, dans la revue Flash Foot Juniors et notre logo est apparu, de façon bien visible, sur les terrains.

 

Comme déjà dans le passé, une équipe LICRA emmenée par notre président central Elie Elkaim a participé au Tournoi « Tous-O-Foot – Stop Racisme », organisé par l’Alliance culturelle Kasaï. C’était le samedi  1er septembre à Dorigny. Occasion de renouer contact avec des responsables de plusieurs associations de personnes venues d’ailleurs.

 

Balelec : Stand LICRA lors du festival Balelec, le 25 mai sur le site de l’EPFL, avec un franc succès. Beaucoup de questions sur les formes de discrimination ; la manière ludique adoptée a permis d’atteindre des personnes peu sensibilisées à ce thème. Cette animation, élaborée par Emilie Graff,  notre secrétaire générale, et testée à Balelec, a été reconduite lors du Montreux Jazz (voir ci-dessous). Elle consistait en une « pêche aux canards » ; un de ces derniers, « déguisés » de manière à faire penser à des communautés qui peuvent souffrir de racisme et discrimination, était tiré par le/la participant/e, à qui était alors posée une question (en rapport avec le canard pêché) évoquant des situations de « racisme ordinaire ». On testait ainsi  des préjugés plus ou moins répandus.

 

Montreux Jazz Festival : Pour la première fois, la  LICRA a tenu en juillet un stand à cette manifestation de large renommée internationale. Comme à Balelec, le concept du stand était « La mar(r)e aux canards ». La participation des festivaliers a permis à de nombreuses reprises des discussions et échanges d’opinion constructifs. C’est durant une dizaine de fins d’après-midi et soirées que notre présence active a ainsi été manifestée.

 

Ateliers dans les écoles : Ce programme a pris un vrai dynamisme grâce à l’action de son nouveau responsable. La LICRA a obtenu confirmation de l’ouverture du Département vaudois de la formation et de la jeunesse en ce qui concerne le fait de proposer ces ateliers aux établissements scolaires ; des contacts sont pris dans ce sens.

 

Autres : Secrétaire générale et président ont participé à diverses manifestations au nom de la LICRA. Ainsi lors du Festival Uninvited, le 20 avril 2007 à l’Université de Lausanne, festival de cinéma sur le thème de la tolérance, et lors d’une Table ronde organisée par Amnesty à Lausanne le lundi 3 septembre.

 

Nous avons pu bénéficier pour nos projets de l’aide du Service fédéral de lutte contre le racisme, auprès de qui notre réputation apparaît bonne; une illustration en est le fait qu’une description d’une action LICRA sera partie d’un prochain ouvrage décrivant des projets de lutte contre le racisme réalisés en Suisse en 2006 - qui sera publié sous l’égide du Conseil de l’Europe.

 

Quelques perspectives : Nous allons poursuivre nos efforts sur les créneaux investis dans le passé récent. Ainsi, début 2008, la secrétaire générale participera à plusieurs séances de formation de responsables et entraîneurs de football junior, dans le cadre de l’ACVF, où elle fera une animation sur la prévention du racisme.

 

La LICRA est engagée dans la préparation de la Semaine lausannoise contre le racisme 2008. Nous y co-organiserons le 19 mars une soirée-débat sur le thème « Conflits dans les espaces de loisirs nocturnes » (par exemple, manifestations de racisme dans les discothèques).

 

Toutes infos auprès de Emilie Graff, secrétaire générale (emilie.graff@licra.ch), ou sur notre site web www.licra.ch.

 

 

 

 

05/05/2007

Ces bons chrétiens anti-minarets

 

La presse bruisse de l’initiative de l’UDC et de l’UDF qui veut interdire la construction de minarets. Voilà un exemple encore de ces questions sur lesquelles on risque fort de trouver en Suisse une majorité pour soutenir des mesures en contradiction frontale avec les règles fondamentales du droit tel qu’il est issu de l’Occident judéo-chrétien (Montesquieu, la Révolution française, plusieurs instruments internationaux que la Suisse a ratifiés).

 

 

On invoque la réciprocité : pas de minarets chez nous tant qu’on ne pourra pas ériger des clochers ailleurs ! Cet argument  attrayant n’est que la tentation, toujours funeste, d’appliquer la loi du talion : « Œil pour œil, dent pour dent ». S’agissant de réciprocité, que dire d’une réalité forte d’aujourd’hui : les personnes disposant d’un passeport rouge à croix blanche peuvent voyager dans le monde entier, sans aucune difficulté, quand et comme ils le veulent. Alors que les quatre cinquièmes des habitants de la planète (mis à part une minorité aisée, nababs, scientifiques, industriels, quelques artistes) n’ont simplement aucune chance de poser le pied - légalement - dans notre pays… Quel est le commentaire des nationalistes patentés devant la liste des non-réciprocités crasses, concrètes, qui caractérisent  notre monde ? Répondront-ils en présentant nos légendaires tolérance et générosité ?

 

Est-il permis de poser une autre question : ne serait-il pas intéressant d’avoir des indications sur la profondeur des convictions chrétiennes des porte-parole éloquents de groupes s’engageant pour un pays qui entend garder son indépendante pureté? Il n’est pas rare, dans tous les quartiers de la vie politique, de donner un seyant costume spirituel, éthique, charitable, à des menées dont les motivations sont différentes. Et l’histoire, au cours du deuxième millénaire comme celle toute récente, a montré comment on a instrumentalisé « Dieu avec nous » et comment les jeunes gens commis à des guerres ont été anoblis « soldats de Dieu ». De telles dérives idéologiques intoxiquent les collectivités comme ceux de leurs membres qui sont envoyés lutter contre l’Empire du Mal (expression qui sans doute serait considérée par tous comme un scandale si elle n’émanait pas du guide désorienté d’une grande république libérale…). Il faut savoir que la très respectée revue médicale Lancet a fait état d’un total de victimes en Irak de l’ordre du demi-million - et on nous décrit ces jours les drames de millions de réfugiés.

 

La volonté d’interdire les minarets est de la même veine - je vais déplaire une fois encore à certains collègues parce que je critique les méthodes de quelques mentors d’outre-Sarine. On  généralise complètement abusivement au motif qu’il y a des fanatiques ; il y a en a quelques-uns mais les preuves ne sont pas rares qu’il en existe parmi les Suisses aussi. Pratiquement : la mise en place de minarets est une affaire de police des constructions, cela devrait être évident pour chacun. Mais tous les arguments sont bons pour attiser le rejet – et trop souvent la haine – de l’autre, du différent. Au nom du christianisme ? Si la réponse est oui, je n’en suis pas.