07/02/2018

L'argent a une odeur....Un géant pétrochimique aux activités discutables

24 heures s’est légitimement intéressé à plusieurs reprises à l’achat du Lausanne-Sport par INEOS, grand groupe chimique basé à Rolle. Chacun comprend l’intérêt, pour le club de la capitale vaudoise, de disposer de moyens lui permettant de faire bonne figure dans son sport.

Toutefois, contrairement au dicton, l’argent a une odeur. On doit attirer l’attention sur le fait qu'INEOS s’est attiré de vives critiques en Grande-Bretagne où il est très actif, par son engagement dans le fracking – processus qui, par des forages, envoie à haute pression dans la terre de l’eau, du sable et des produits chimiques pour collecter du gaz, source d’énergie. C’est un procédé hautement discutable, suscitant des craintes majeures au plan environnemental (susceptible même de favoriser des tremblements de terre). Un des vrais soucis y relatifs est que les moyens financiers ainsi investis, y compris et notamment dans l’Amérique de Trump, ne seront pas disponibles pour le développement d’énergies renouvelables, pourtant un enjeu  mondial dont tout le monde reconnaît (dit reconnaitre…) l’importance.

On reste perplexe (pour dire le moins !) de voir notre club de football devenir propriété d’une entreprise dont les activités sont contraires à la protection de l’environnement et à la promotion d’un futur durable.

 

 

04/11/2016

Conflits d'intérêts - Gain commercial ou santé ?

Eclairante information récente sur les pratiques de producteurs de boissons sucrées, inadmissibles en termes éthiques mais qui malheureusement ont leur logique au plan commercial et du marketing. On sait que les conflits d’intérêts en rapport avec la santé et la médecine sont multiples. C’est notamment pourquoi, au cours des dernières décennies, on a examiné plus attentivement les liens des médecins avec l’industrie pharmaceutique, qui fait preuve de beaucoup de créativité pour promouvoir la prescription de ses produits.

S’agissant des grandes firmes de boissons, une publication dans l’American Journal of Preventive Medicine décrit comment les deux géants Coca et Pepsi ont versé ces dernières années des millions de dollars à une centaine d’organisations de promotion de la santé ou d’aide humanitaire. On aimerait se féliciter de cette générosité ; l’ennui c’est que les investigations des auteurs de l'article montrent que ces soutiens financiers s’avèrent être un moyen de dissuader les organisations bénéficiaires de s’associer aux démarches de lutte contre le problème global majeur qu’est l’obésité.

De plus et simultanément, les firmes en question consacrent  de grosses sommes au lobbying pour contrer toute législation cherchant à réduire la consommation de boissons sucrées.  A cet égard, on peut rappeler qu’en 2012 Michael Bloomberg, l’actif maire de New York de l’époque, avait voulu limiter la contenance des bouteilles de sodas (mesure potentiellement efficace), mais un tribunal avait jugé que c’était une limitation indue à la liberté du commerce  - preuve de la faiblesse aux yeux de ce tribunal des arguments, pourtant solides, de santé publique. Il y a là des incohérences qui doivent préoccuper les professionnels de santé, les politiques et le public en général.

 

18/10/2016

Stratégie énergétique - Le négationnisme de l'UDC - et de certains PLR

Sombre spectacle que la conférence de presse récente où l’UDC a lancé le référendum contre la stratégie énergétique qui vient d’être adoptée (par un Parlement majoritairement de droite). Image d’un véritable négationnisme, refus d’admettre que la situation requiert que l’on regarde au-delà de ses intérêts à très court terme. Plus personne (de sérieux) ne nie plus que le changement climatique est un fait et qu’il est impératif d’agir rapidement, notamment dans le sens d’une moindre dépendance des énergies fossiles. L’obstination de ce parti (avec des envolées du genre « on va vers le communisme ») rappelle la campagne plus que discutable de la Grande Economie contre l’initiative « Economie verte » sur laquelle nous avons voté le 25 septembre – campagne marquée par des simplismes et des exagérations qui décrédibilisent totalement les officines qui les ont commises. En passant, je note que le Pasteur J.-F. Ramelet, qui rédige un billet éthique dans « Tribune », journal du PLR vaudois, y a dit son clair désaccord avec ces excès.

En vedette lors de la conférence de presse de l’UDC, il y avait un PLR genevois. Le radical « canal historique » vaudois que je suis (centriste, oui, mais à l’époque c’était permis) le regrette infiniment. Le plus grave est que, avec ce type de postures et d’allégations, le PLR montre combien il sous-estime le sérieux des enjeux vitaux de la planète et les intérêts des générations futures. A la Trump ?… (je ne parle pas ici des vulgarités sexuelles de ce monsieur, mais de sa qualité intellectuelle).