09/08/2021

Rapport du GIEC - Les oreilles et les esprits s'ouvriront-ils ?

Il y a quelques heures, le GIEC a dévoilé son dernier rapport sur le dérèglement climatique et les troubles majeurs, graves +++, qui y sont d'ores et déjà associés - et le meilleur est à venir.
 
On se demande ce que vont faire des conclusions dudit rapport les puissants secteurs d'influence qui ont fait échouer une loi CO2 pourtant urgemment nécessaire. Le plus probable est que, oreilles et esprits fermés,ils vont s'obstiner à prétendre que tout cela est surtout une intoxication médiatique, que rien d'ennuyeux ne se passe ni ne va se passer.. Ou ils continueront à s'affirmer "solutionnistes", à savoir à croire dur comme fer que les solutions technologiques qui vont arranger tout cela sont à la porte, qu'il suffit d'attendre un rien.
 
Bien sûr à les entendre, la Suisse de toute manière ne joue qu'un rôle insignifiant dans le réchauffement du climat, Pensez-donc, on n'est qu'un pour mille de la population mondiale, on a le droit le plus strict d'attendre que les autres, les gros, agissent suffisamment. En plus d'être très myope et égoïste, c'est oublier opportunément que notre place financière est un véritable boulet qui ralentit beaucoup un soulagement de la situation - et donc la prévention des catastrophes qui s'annoncent. En effet, cette place, en termes d'émissions de gaz à effet de serre causées par ses investissements, pèse 20 fois plus (vingt fois...) que le pays lui-même et sa population. Difficile de faire plus grave - et plus inacceptable.
 
PS:  On se réjouit de voir le positionnement de l'éminent Centre patronal vaudois, toujours très créatif dans son interprétation (sa négation) de la réalité.

05/08/2021

Lutte pour le climat et contre les inégalités: même combat !

Article de Sarah Sermondalaz dans heidi.news du 3 août :

Climat: lutter contre les inégalités reste l’un des meilleurs leviers.  Lutter pour le climat passe par le combat contre les inégalités. Car les deux enjeux sont intrinsèquement liés.

C’est quelque chose que les gens de santé publique, dont je suis (en toute modestie), savent depuis longtemps mais peinent - beaucoup - à faire passer: les sociétés moins inégales sont plus saines, à tous points de vue (biologique, psychologique et social) et sont bien mieux à même de faire face à des menaces come le dérèglement climatique ou une pandémie.. C'est en particulier ce que montrent les travaux très substantiels actuels de la prof. Julia Steinberger (UNIL) et de ses collègues.

 Les sociétés qui misent tout sur la compétition/concurrence et la loi du plus fort mènent à la maladie (elles sont véritablement pathogènes) et à la perte d’espoir. Quand en prendrons-nous conscience et agirons-nous dans le bon sens ?

22/07/2021

La biodiversité: pas du tout seulement une question de jolis paysages, mais surtout de santé planétaire

On se félicite des démarches de notre canton dans le sens d’un nécessaire virage vert, notamment son Plan Climat. Dans ce registre, un ouvrage qui vient de sortir mérite de vivement retenir l'attention, celui de Marie-Monique Robin, journaliste et réalisatrice, intitulé "La Fabrique des pandémies - Préserver la biodiversité, un impératif pour la santé planétaire" (Ed. La Découverte, 2021).

Au cours de la dernière année (skype a fait merveille), elle a parlé à plusieurs dizaines de scientifiques des cinq continents dans le but de préciser ce que les données avérées permettent de savoir sur l'émergence de nouvelles pandémies. Le constat est passionnant, éclairant ... inquiétant. Des recherches dans le monde entier montrent que la disparition des moyens de subsistance traditionnels de nombreuses populations, l'agriculture industrielle dévastant les territoires encore vierges, l'urbanisation galopante, sont étroitement liés aux problèmes actuels - et futurs. Ces mutations ont accru les contacts et conflits entre humains et espèces animales sauvages, porteuses de centaines de virus. Tout fait penser que covid est le premier de plusieurs - beaucoup ? (je serais heureux que ces scientifiques se trompent mais ne le crois pas).

Enseignement majeur : bien loin d'être seulement sympathique pour celles et ceux qui aiment la nature, la biodiversité a été - et devrait rester - un facteur majeur de protection de la santé. Ceci en s'opposant à la poursuite des "homogénéisations" délétères tous azimuts que connaît notre monde. On reste songeur devant la réalité que tant d'élites politiques, économiques, intellectuelles, regardent ailleurs alors que les faits sont disponibles, pour qui veut bien s'y intéresser,

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