01/04/2020

Lutter contre les "fake news" - D'autant plus important en période de pandémie

 

Le contrôle de qualité de ce qu'on peut trouver sur le net est un sujet aigu. Les fausses informations sont particulièrement préoccupantes dans le domaine médico-sanitaire et les médias fiables rendent attentif à leur fréquence. Près de moi vers le 11 mars, des connaissances ont disséminé de bonne foi une info angoissée prétendument issue de Chine qui, avec certaines choses correctes, en disait d’autres erronées - dont une recommandation de boire des boissons chaudes pour se protéger du virus ! C’était un hoax (canular). Ce qui attirait l’attention sur la fragilité du message, c ’est que l’envoyeur allégué était une association contre la thrombose vasculaire…

Les mesures fortes ordonnées par les gouvernements ont étonné voire stupéfié les populations - et passablement de responsables économiques ou politiques. Logiquement, beaucoup ont fait une analogie avec le dérèglement climatique, qui demande des décisions aussi fortes dans leur ordre de grandeur - même si elles n’ont pas à être prises dans les 24 ou 48 heures. Mais, dans les deux cas, les actions adéquates vont déstabiliser le modèle actuel de fonctionnement de la société. Peut-être la crise liée au coronavirus aura-t-elle le mérite de nous préparer à ce que requiert la transition énergique indispensable pour lutter contre le réchauffement ?

« C’est là que cette crise sanitaire rejoint l’autre, climatique. Si nous pouvons vivre avec l’annulation des vols, la fermeture d’écoles, pourquoi ne pas accepter, plus tard, les restrictions rendues nécessaires par la réduction des émissions de CO2? », dit Serge Michel, rédacteur en chef du site heidi.news, le 14 mars.

Pour les deux problématiques, se pose de manière aiguë la question des fake news. Ainsi, un ancien de l’EPFL, à Lausanne, inonde les rédactions de messages erronés, prétendant sur la base de travaux d’il y a plusieurs décennies - infirmés depuis, que le changement climatique n’est pas dû aux gaz à effet de serre et n’est pas d’origine anthropique. Il arrive que des journaux publient ces allégations, trompés par la référence à une Haute Ecole.

Le nécessaire contrôle de la qualité des informations sur les réseaux sociaux et autres médias a encore beaucoup de pain sur la planche.

 

 

19/01/2020

Si vous vous intéressez à l'Homme...

Samedi 18 janvier entre 13 h. et 14 h., formidable émission "Ego-système" sur la RTS La Première.

Grand interview de l'anthropologue Philippe Descola (né en 1949), élève de Claude Lévi-Strauss, qui a été sur le terrain en Amazonie  plusieurs années chez les Achuar d'Equateur (de la grande famille des Jivaros). Son livre "Les lances du crépuscule " le raconte de manière très prenante et instructive.

Plusieurs autres livres, dont "La composition des mondes" et, tout récemment "Une écologie des relations".

Un entretien simplement passionnant donc, y compris (beaucoup) sur les défis auxquels est confrontée la société, occidentale notamment, d’aujourd’hui.

15/06/2019

Des affiliés de la CPEV veulent qu'elle se montre responsable en désinvestissant les combustibles fossiles

Un groupe d’affiliés de la Caisse de pensions de l’Etat de Vaud très concernés par l’urgence climatique, animé par Etienne Schaufelberger, s’est constitué sous le nom de Divest-Vaud. Ils interpellent la Caisse en demandant un réexamen - urgent - de leurs modalités d’investissement. Ceci dans la foulée, entre autres, de l’action exemplaire du quotidien britannique « The Guardian », qui a fait du climat un thème prioritaire et met en exergue la formule "Laissez les combustibles fossiles sous terre".

Renoncer à ces énergies est un facteur majeur pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Et les mécanismes financiers usuels (ceux de la bourse) sont ici un levier potentiellement efficace. Si on parvient à convaincre les grands organismes financiers d’aller vers le désinvestissement, l’attrait de ces valeurs va beaucoup baisser et l'exploitation ces  énergies diminuera - comme diminuera le CO2 émis dans l’atmosphère. En réalité, quand la bulle (financière) carbone éclatera, les milliards investis dans les réserves fossiles s’évaporeront...  

 Une douzaine de personnalités romandes étaient réunies à ce propos à Lausanne le 24 mai dernier, pour inviter la CPEV à développer une stratégie respectant l'Accord de Paris de 2015. De cette manière, la Caisse non seulement donnerait un signal fort pour l’avenir des Vaudois, mais pourrait améliorer le rendement de ses investissements. Il importe que les affiliés de la CPEV s’interrogent : « Voulons-nous que nos retraites participent à un meilleur avenir ? » Comme eux, tout citoyen-ne concerné-e est invité-e à soutenir cette démarche via la plateforme en ligne divest-cpev.ch.

 Rappel : le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a depuis longtemps sonné la sonnette d'alarme : un réchauffement de 4 degrés serait synonyme de catastrophes inouïes ; par exemple jusqu'à 75% des habitants de la planète pourraient être victimes - jusqu’à en mourir - de vagues de chaleur meurtrières. Or, chez nous, l’Office fédéral de l'environnement a rendu attentifs les investisseurs au fait que leur comportement actuel favorise une augmentation de température de l’ordre de 4 à 6 degrés avant la fin de ce siècle - alors que l’Accord de Paris entend la limiter à 1,5 degré.

 La réunion du 24 mai s’est tenue dans la Salle capitulaire de la Cathédrale de Lausanne. Frappant de penser que, pour discuter d’enjeux majeurs à très court terme (quelques décennies au plus), on se réunissait dans un bel espace gothique, illustrant la continuité et la (relative) stabilité historiques au cours des siècles. A vrai dire, on aimerait sauvegarder une stabilité… Extraits des propos d'orateurs de haut vol.

 « Entre l'égoïsme darwinien et l'altruisme humain, la raison dit de s'engager pour le  second », a affirmé le Prix Nobel Jacques Dubochet, qui depuis des années est de tous les combats pour la solidarité et le maintien d’un environnement vivable.

Margherita, représentant la Grève/Marche des jeunes pour le climat qui s’était déroulée peu auparavant dans les rues de Lausanne. « Quand j'ai rejoint le mouvement, j'avais déjà réduit ma consommation de viande et ma production de déchets, dit-elle. J'achetais local, de saison, de seconde main, je privilégiais les transports publics. La grève du climat valorise ces petits gestes du quotidien mais reconnaît leur limite. L'impact des actions individuelles est bien modeste face à celui des grands acteurs. Et ça fait peur. »

Susana Jourdan, cofondatrice des Artisans de la transition, a présenté leur travail - répercuté notamment par La Revue Durable. Charles Kleiber, ancien Directeur général du CHUV et ancien Secrétaire d'Etat, grand-père sans voiture de quatre petits-fils sans permis de conduire (!), a souligné les défis lancés au modèle occidental de démocratie libérale, actuellement menacé, érodé par des tentations autoritaires et les invasions de " fake news". 

Selon l’avocat Luc Recordon, ancien conseiller aux États, la pression économique est un puissant facteur de modification des comportements qu’il faut employer pour enrayer le dérèglement climatique. La prise de conscience des milieux financiers commence.

Les Grands Parents pour le Climat étaient représentés (en plus de Jacques Dubochet !) par Laurence Martin: « Au soir d'une vie remplie notamment par la vie associative, j'avais fait des adieux sereins à ces activités. Je pensais que le temps était venu du repli sur la famille et la méditation. Pourtant, La Revue Durable allait bouleverser ma perspective, il y a cinq ans, en relatant que des Grands-parents du monde entier se mettaient en route pour ne pas mourir de honte face à leurs petits-enfants. Parce que notre génération a aveuglément cédé à des habitudes de pillage et de gaspillage éhonté. »

Personne, individu, entreprise ou corporation, banque ou caisse de pensions, gouvernement, personne n’a seul les moyens de résoudre le problème. Et ne croyons pas à ceux qui manifestent une fois inébranlable dans les prouesses à venir des technologies, qui régleraient d’un coup de baguette magique les problèmes dramatiques et urgents actuels. L’action de Divest-Vaud est hautement pertinente.