15/04/2021

Se passer de pesticides de synthèse est une dimension nécessaire de la transition qui doit intervenir très rapidement

Ne plus utiliser de pesticides de synthèse fait clairement partie intégrante des mutations par lesquelles notre société doit passer pour assurer la transition écologique, énergétique (dérèglement climatique) et sociétale qui est maintenant une nécessité urgente.

C'est là un motif majeur de mon soutien à l'initiative "Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse". Nous ne pouvons plus poursuivre comme avant ! Devant les conséquences du dérèglement climatique, qui seront catastrophiques dans un avenir proche, nous devons changer le modèle de fonctionnement de notre système économique dans toutes ses dimensions. Cela vaut pour l'industrie, le commerce, le tourisme et autres services, y compris financiers, aussi bien que pour l'agriculture. 

Un phénomène hyper-préoccupant qui s'est rapidement aggravé au cours des récentes décennies est la chute de la biodiversité. Pour des personnes seniors comme moi, l'altération de la nature est frappante. Elle devient chaque jour un peu plus uniforme, stérilisée, avec la diminution des habitats nécessaires aux animaux. Un véritable drame, vis-à-vis duquel à ce stade nos concitoyens semblent aveugles - ou pour le moins très myopes. L'expérience quotidienne démonstrative est de voir le peu d'insectes qui s'écrasent sur le pare-brise de la voiture en saison chaude. Cela devrait stupéfier mais certains trouveront peut-être pratique de nettoyer moins souvent...  Des milliers d'espèces ont disparu et continuent à disparaître. En fait, plus d’un tiers des espèces animales et végétales sont menacées (plus de la moitié dans certains groupes). Et il est clair que, avec d’autres facteurs « homogénéisants », les pesticides de synthèse jouent là un rôle délétère important – en particulier pour ce qui concerne les oiseaux qui ne trouvent plus la nourriture (insectes) dont ils ont besoin.

Les pesticides de synthèse ne sont pas la seule cause de ce désastre d'ampleur inouïe. Mais il faut commencer à agir vite et vigoureusement sur une multiplicité de créneaux à la fois - dont à l’évidence celui sur lequel porte l'initiative.

 

 

14/12/2020

Nous avons demandé des signes (II)

Un rappel, par ces connaisseurs des influenceurs et des politiques qui se laissent suborner par eux : « Un incident critique a été la saisie des notes concernant les dégâts provoqués par l’énorme marée noire de la plateforme Deepwater Horizon, en 2011. Malgré les protestations de la communauté savante, les océanologues concernés se sont inclinés devant les pressions (...) Puis ont été votées des législations qui limitaient ce que les scientifiques pouvaient étudier et comment. Ainsi la tristement célèbre loi de Caroline du Nord, en 2012, niant la hausse du niveau de la mer ». 

Ce devant quoi on reste songeur – notre plus grand défi en réalité : « Pour qui qui étudie cette période tragique [début du XXIe siècle], le plus stupéfiant est que les victimes savaient ce qui se passait et pourquoi (...) La civilisation occidentale possédait les capacités requises pour effectuer une transition ordonnée mais les technologies disponibles n'ont pas été mises en œuvre à temps. » 

Nous avons été piégés par une croyance fondamentaliste au marché comme solution à tout problème. Klaus Schwab, patron du WEF de Davos, dans le magazine Time du 2 novembre : « Le même système économique qui a créé tant de prospérité à l’âge d’or américain crée maintenant des inégalités massives, le changement climatique et la discorde sociétale [à large échelle]. » 

Le grand Leonard Cohen chantait « Nous avons demandé des signes. Les signes ont été envoyés ». Sur quoi des sociologues ont introduit le concept de « signaux précoces, leçons tardives ». Avec, par exemple, le référendum lancé contre la loi CO2 (insuffisante mais qui va dans le bon sens), on s’obstine dans le refus de tirer des leçons. Heureuses Fêtes.

 

 

08/12/2020

Nous avons demandé des signes, les signes ont été envoyés… (I)

Les Américains Naomi Oreskes et Erick Conway publient un petit livre intitulé « L’effondrement de la civilisation occidentale » (Ed. Les liens qui libèrent, 2020). Rappelons qu’ils sont les auteurs du formidable "Les marchands de doute " (2012), démontrant - et démontant - l'impact des lobbys dans notre monde.

Dans "L'effondrement", ils mettent en scène un historien futur étudiant un passé qui est notre présent et notre avenir (possible). Ainsi, à propos de la Conférence de Copenhague sur le climat qui a été un échec retentissant : « C'est en 2009 que le monde occidental a eu sa dernière chance sérieuse d'organiser son salut »... Trois grands chapitres : 1) L'avènement de la période de la Pénombre (début du XXle siècle); 2) La frénésie des énergies fossiles; 3) L'échec du marché. Avec un lexique des termes "archaïques" (sic !).

Ardu de résumer les descriptions faites des évolutions de la biosphère liées aux conséquences dévastatrices d'un système néo-libéral que la lenteur de la prise de conscience politique et sociétale ne permet pas d'enrayer. 

ll y a lieu de reconsidérer sérieusement l’influence que le cartésianisme, aspirant à la connaissance par la seule raison, de façon mécaniste, insistant sur la dualité Homme-Nature, a exercée durant des siècles.  Les auteurs mettent en évidence ses effets retardateurs, contre-productifs, dans les réponses aux défis actuels. « Si ce réductionnisme s'est révélé puissant dans bien des domaines, il a entravé la recherche sur les systèmes complexes. Il a aussi rendu difficile d'énoncer clairement la menace du changement climatique (...) Même les chercheurs qui avaient une vision d’ensemble répugnaient à la formuler publiquement : cela les aurait contraints à sortir des limites spécialisées de leur champ d'expertise ». Sensibilités académiques classiques aux conséquences regrettables

Ce qui doit être promu (selon l’observateur futur) : « Certains ont préconisé une science de la complexité, une science du système Terre », mais ils l’ont fait sans être suffisamment inclusifs. « Ces approches dites holistiques, presque entièrement concentrées sur les systèmes naturels, passaient sous silence les composantes sociales ». Ainsi les scientifiques n'osaient guère insister sur le fait que le dérèglement climatique « est causé par des gens », est d'origine anthropique. « Les scientifiques tels que les physiciens sont restés attachés à des méthodologies réductrices qui empêchaient de comprendre les interactions vitales entre le physique, le biologique et le social. » Tout est interactions.