23/02/2018

Les dangers du glyphosate - Des médecins romands sonnent l'alarme

Quatre médecins de La Chaux-de-Fonds, membres de l’association «Grands-parents pour le climat», ont documenté les connaissances scientifiques actuelles sur la dangerosité du glyphosate. Ils ont écrit à la conseillère fédérale Doris Leuthard pour lui demander d’interdire son utilisation.

Dans leur lettre ouverte, ils expliquent que de nombreuses études, menées par des scientifiques de renom, indépendants et sans conflit d’intérêt, ont montré le caractère dangereux à maints égards de cet herbicide qui persiste longtemps dans le sol. Une étude de la multinationale Monsanto elle-même a montré que, après 28 jours, seuls 2% de sa masse avaient été dégradés dans la terre testée. En mars 2015, après une longue analyse menée par des experts, le glyphosate a été classé «cancérigène probable» (groupe 2A) par le Centre international de recherche sur le cancer de l’OMS.

Les médecins concluent leur lettre en écrivant «permettre l’utilisation du glyphosate met la vie de nos petits-enfants en danger! Nous ne pouvons donc pas nous taire.»

Pour en savoir plus et lire cette lettre, voir le site www.reiso.ch

 

07/02/2018

L'argent a une odeur....Un géant pétrochimique aux activités discutables

24 heures s’est légitimement intéressé à plusieurs reprises à l’achat du Lausanne-Sport par INEOS, grand groupe chimique basé à Rolle. Chacun comprend l’intérêt, pour le club de la capitale vaudoise, de disposer de moyens lui permettant de faire bonne figure dans son sport.

Toutefois, contrairement au dicton, l’argent a une odeur. On doit attirer l’attention sur le fait qu'INEOS s’est attiré de vives critiques en Grande-Bretagne où il est très actif, par son engagement dans le fracking – processus qui, par des forages, envoie à haute pression dans la terre de l’eau, du sable et des produits chimiques pour collecter du gaz, source d’énergie. C’est un procédé hautement discutable, suscitant des craintes majeures au plan environnemental (susceptible même de favoriser des tremblements de terre). Un des vrais soucis y relatifs est que les moyens financiers ainsi investis, y compris et notamment dans l’Amérique de Trump, ne seront pas disponibles pour le développement d’énergies renouvelables, pourtant un enjeu  mondial dont tout le monde reconnaît (dit reconnaitre…) l’importance.

On reste perplexe (pour dire le moins !) de voir notre club de football devenir propriété d’une entreprise dont les activités sont contraires à la protection de l’environnement et à la promotion d’un futur durable.

 

 

31/10/2016

Climat et action collective en justice de femmes seniors

 

Le 25 octobre dernier, l’association « Aînées pour la protection du climat » (www.ainees-climat.ch) qui regroupe quelque 500 membres, en majorité des femmes de plus de 70 ans, a déposé à Berne une action en justice quant à l’insuffisance de l’action du Conseil fédéral en matière de climat. La nouveauté de la démarche a interpellé les milieux politiques ; en effet, il s’agit là d’une démarche collective du type de la « class action » bien connue aux Etats-Unis, où un groupe défini de personnes affirme avoir qualité pour agir parce que ses membres ont en commun un motif fondé de se plaindre. Dans le cas particulier, les « Aînées », sur la base de données scientifiques, soulignent que leur santé est altérée par le changement climatique de manière disproportionnée  par rapport au reste de la population (leur mortalité est double de celles des hommes en cas de canicule).

Intéressant de savoir que des actions semblables ont été lancées déjà aux Pays-Bas (avec succès - un tribunal a enjoint le gouvernement de prendre des mesures plus étoffées) et en Norvège. Compte tenu de l’urgence du problème, il serait surprenant que le mot ne passe pas plus loin. La passivité des Etats contrevient en effet aux droits fondamentaux.

L’avenir (proche, espère-t-on) dira si les juges confirment que, au vu de leurs arguments, ces aînées sont légitimées à contraindre le Conseil fédéral à être plus actif. C’est une modalité nouvelle et différente, mais elle est bien dans l’esprit de cette spécificité suisse qu’est l’initiative populaire - à ceci près que l’initiative a le propos d’apporter une modifications à la Constitution, alors que là il s’agit de demander au gouvernement d’assumer ses responsabilités, sur le base de lois existantes. Dans tous les cas, c’est un signe fort de la société civile qu’elle entend intervenir sur les grands enjeux de l’époque. Pour ces femmes âgées et dans le contexte du réchauffement global, il s’agit à la fois de vouloir une meilleure protection de la santé, pour elles, et la protection du milieu de vie, pour leurs (petits-)enfants.