24/06/2016

Tabac - Les politiques pas intéressés par la santé de la population !...

 

L’actualité récente montre à quel point des milieux politiques sont servilement sous l’influence des lobbyistes de l’industrie du tabac. Il y a quelques jours, le Conseil fédéral décide de ne pas augmenter le prix du paquet de cigarettes, alors même qu’il est bien démontré  qu’un prix plus élevé a un effet  incontestable de diminution de la consommation.  Je rappelle que, chaque année, dix mille Suisses meurent prématurément à cause du tabac, qui est le plus important facteur évitable de maladie. Dans le même temps, les nouvelles majorités aux Chambres fédérales sont en train de vider de son efficacité un projet de loi qui améliorerait les mesures de prévention du tabagisme. Au motif classique de la libre entreprise et de l’argument faux que la publicité ne fait pas augmenter la consommation mais simplement changer de marque … Sans rire, ce faisant , les soutiens parlementaires de l’industrie du tabac sont précisément dans la ligne de ceux qui aux Etats-Unis s’opposent à la diminution de la disponibilité des armes à feu.

Pratiquement, toute une partie de l’éventail politique, inféodée à des intérêts économiques discutables, démontre ainsi un mépris de la protection de la santé de la population. Certains de mes confrères médecins réagissent à cet état de fait très préoccupant mais le corps médical en général devrait s’engager bien plus vigoureusement. Comment ne pas être choqué de ce que Gouvernement et Parlement fassent si bon marché, sous des motifs  à vrai dire éculés de « liberté », de la vie et de la santé de leurs concitoyens ?

                                                                                    

02/02/2016

Pour une laïcité de raison et pas d'agression

Dans un texte récent sur la laïcité, Pierre Kunz, président de l'Institut national genevois, rappelle qu’elle a pour objet la neutralité des pouvoirs publics vis-à-vis des religions et la non-ingérence de ces dernières dans la marche propre de l’Etat - et pas autre chose. Il est important de le souligner. Or, à entendre en France intellectuels ou politiques en parler, tout se passe comme si on voulait ignorer le fait religieux, écartant l’évidence qu’il est partie intégrante de la diversité d’une société pluraliste. Pire, on sent parfois une volonté, au moins un souhait, d’éradiquer ce fait de la vie publique. Démarche dénuée de sens commun, voir l’échec des efforts dans ce sens au XXe siècle dans des régimes totalitaires. Alors, dans le pays gardien des droits de la personne, au XXIe siècle…

Ce qui choque, ce sont les déclarations trop souvent exemplaires d’intolérance liées à cette conception « française » - apparemment très majoritaire. Comment peut-on imaginer que cette manière agressive faciliterait le vivre ensemble qui manque cruellement en ce moment et dont la promotion est un rôle majeur les pouvoirs publics ? Elle a à l’évidence des aspects de rejet, voire insultants, pour les adeptes d’une religion (étant entendu que la façon de montrer publiquement son appartenance ne saurait être elle-même agressive ou limitatrice de la liberté des autres, agnostiques et athées compris). Le canton de Genève entend en ce moment se doter d'une loi sur la laïcité, fort bien. Qu’il s’inspire ce faisant du principe de neutralité religieuse et pas des positions exacerbées qu’on observe outre-Jura.

 

20/06/2014

Comment voulez-vous que le simple citoyen comprenne ?...

 

Vrai soulagement que d’entendre le Conseiller d’Etat PLR Pierre Maudet (à la radio romande mardi matin 17 juin) affirmer qu’il trouverait inadmissible que les banques punies pour avoir enfreint la législation américaine puissent déduire de leur revenu les montants de leurs amendes. Que ce pays ait perdu la stature morale qu’on lui accordait il y a quelques décennies, les preuves en sont malheureusement éclatantes dans ce dossier. Je suis de ceux qui, ces dernières années, ont été simplement scandalisés de découvrir que ces firmes prestigieuses, si chères à nos idées sinon à nos coeurs, se sont longtemps comportées comme des malfaiteurs – de très haut vol. Comme Pierre Maudet et je veux le croire de nombreux radicaux « historiques » dont je  suis, je reste stupéfait de ce que, au motif d’arguments juridiques étroits et discutables, on cherche à les faire échapper à la simple justice – au sens commun du terme. La Fontaine en a éloquemment parlé, « selon que vous serez puissant ou misérable… ». Ici, encore une fois, l’Etat assumerait les conséquences négatives (baisse de rentrées fiscales) des délits de ces institutions financières. On accorderait aux puissants des faveurs incompréhensibles, et inaccessibles, pour le citoyen – qui lui paie de routine pour les fautes qu’il commet.

 

On espère que Parlement et Gouvernement au niveau fédéral ne jetteront pas aux orties, en poussant à cette défiscalisation, un reste de crédibilité de notre pays en la matière. Plus que cela, si les banques concernées avaient un peu de vergogne, comme on dit chez nous, elles déclineraient le cadeau que certains voudraient leur faire et affirmeraient publiquement et explicitement qu’elles entendent payer les impôts dus sur leur revenu, y compris sur les bénéfices mal acquis. Remplaçant la suffisance par un brin d’humilité.

 

22:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7)