19/12/2019

La folie des armes aux USA - Une (petite) bonne nouvelle... de Noël ?

On sait l’incroyable "sacralisation" dont fait l'objet dans la moitié de la population états-unienne l'amendement de leur Constitution qui dit que chaque Américain a le droit de porter une arme. La National Rifle Association est la très puissante organisation, financée richement par des fanas des armes et de cet amendement - qui s’oppose bec et  ongles à toutes mesures de prévention et de limitation de la disponibilité des armes à feu - avec donc le cortège de tueries et de massacres que nous savons.

Pour qui (comme moi) craignait que la situation ne soit véritablement verrouillée, une bonne nouvelle tombe: par la grâce d'une entente bipartisane au Congrès (chose bien rare par les temps qui courent), une décision a été prise d'autoriser l'allocation de 25 millions de dollars à des recherches sur la violence liée aux armes.

NB: ce n'est pas encore une action préventive... Simplement, il y aura un peu d’argent public pour étudier ce contexte dramatique. Alors qu'un tel financement avait été prohibé depuis vint ans.

Well... une hirondelle ne fait pas le printemps, c'est un petit progrès. Mais cela pourrait être le pied dans la porte qui peut augurer d’autres mesures, plus directement efficaces. On a toujours le droit d'espérer. Joyeux Noël.

25/11/2019

Nous n’héritons pas la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants…

Au début d’une législature au plan fédéral qui a le devoir de concrétiser le mandat reçu du souverain en matière écologique, je tombe sur le Texte fondateur de l’association « Grands-parents pour le climat » (www.gpclimat.ch). Cet engagement mérite d’être mieux connu - ci-dessous des extraits :

Le mouvement citoyen pour le climat est né de la préoccupation d’une génération, celle de grands-parents notamment, face aux risques de détérioration des conditions de vie sur Terre. Notre engagement va au-delà de nos familles, il vise aussi un changement de nos modes de consommation.

Ça se passe aujourdʼhui :  Sécheresses, inondations, maladies, migrations, pénuries alimentaires, risque de conflits... Les rapports successifs du GIEC recensent les impacts dramatiques déjà observables. Un modeste espoir demeure : « Les risques liés au changement climatique peuvent être réduits en limitant sa vitesse et son ampleur ». Il faut donc à la fois lutter encore et toujours contre les causes et se mobiliser déjà, sans délai, face aux conséquences.

Notre objectif est de donner des chances à nos descendants de vivre sur terre dans un climat et un environnement favorables au renouvellement de la vie.

Notre engagement : l’âge nous donne des droits, des places assises, des rabais, parfois même du respect. Face à l’urgence climatique, nous nous reconnaissons aussi des devoirs. Beaucoup abordent leur retraite avec une généreuse énergie à mettre au service d’un espoir pour l’avenir de plusieurs générations d’enfants. C’est avec cette énergie que nous voulons agir.

Inquiets pour les générations futures, riches d’expériences vécues, conscients du poids politique que confère l’usage des urnes, forts du poids économique hérité des progrès sociaux, indépendants, donc plus libres que jamais de paroles et d’actions, privilégiés en tant que génération largement épargnée par les conflits mondiaux, pas assez attentifs aux conséquences des progrès technologiques qui nous éblouissent encore, nous avons le temps, le droit et le devoir d’œuvrer à un monde harmonieux pour les générations actuelles et futures. Il s’agit de tout entreprendre pour préserver la vie et la qualité du vivre ensemble sur la Terre.

15/11/2019

Qui sont les écoterroristes ? Appeler les choses par leur nom…

 

Voilà un avis de lecteur de 24 heures qui vaut la peine qu'on s’y arrête (E. Schaufelberger, 15 novembre, p. 11). Quelques-uns de ses éléments : « J’appelle écoterroristes (…) ceux qui depuis tant d’années biaisent avec leur argent notre démocratie directe ; ceux qui nous rabâchent les oreilles de liberté individuelle, tout en utilisant les dernières connaissances en neurosciences pour nous inciter à consommer et dépenser, dépenser encore ; ceux qui se rendent coupables d’écocide en ne prenant aucune mesure significative pour respecter l’Accord de Paris. Notre place financière, par ses investissements, est le 8e émetteur mondial de gaz à effet de serre. Les écoterroristes préfèrent condamner nos enfants, leurs enfants, plutôt que d’entendre cela. » Fortes paroles sans doute, mais c’est à juste raison que les enjeux actuels suscitent la passion.

Intéressant, non ? Il importe de poser une question naïve, à propos des jeunes punis pour avoir occupé un trottoir ou bloqué un pont durant une heure : Qui devrait être interpelé et même sanctionné, comment et combien ? La juste mesure est-elle d’infliger de lourdes amendes et des nuits au commissariat à une jeunesse inquiète ? Comment ne pas voir une disproportion plus que discutable entre les manifestations légitimes, nécessaires (et, oui, aussi « poil à gratter ») de la Grève du climat par exemple et les réactions policières et des Ministères publics avec l’objectif de protéger nos « poules aux œufs d’or », la place financière parmi d’autres secteurs qui pour l’instant ne font qu’aggraver les dérèglements écosystémiques.

N’est-il pas impératif de rendre attentive la société à des effets délétères critiques du modèle actuel de société – et de la faire évoluer ?