20/06/2014

Comment voulez-vous que le simple citoyen comprenne ?...

 

Vrai soulagement que d’entendre le Conseiller d’Etat PLR Pierre Maudet (à la radio romande mardi matin 17 juin) affirmer qu’il trouverait inadmissible que les banques punies pour avoir enfreint la législation américaine puissent déduire de leur revenu les montants de leurs amendes. Que ce pays ait perdu la stature morale qu’on lui accordait il y a quelques décennies, les preuves en sont malheureusement éclatantes dans ce dossier. Je suis de ceux qui, ces dernières années, ont été simplement scandalisés de découvrir que ces firmes prestigieuses, si chères à nos idées sinon à nos coeurs, se sont longtemps comportées comme des malfaiteurs – de très haut vol. Comme Pierre Maudet et je veux le croire de nombreux radicaux « historiques » dont je  suis, je reste stupéfait de ce que, au motif d’arguments juridiques étroits et discutables, on cherche à les faire échapper à la simple justice – au sens commun du terme. La Fontaine en a éloquemment parlé, « selon que vous serez puissant ou misérable… ». Ici, encore une fois, l’Etat assumerait les conséquences négatives (baisse de rentrées fiscales) des délits de ces institutions financières. On accorderait aux puissants des faveurs incompréhensibles, et inaccessibles, pour le citoyen – qui lui paie de routine pour les fautes qu’il commet.

 

On espère que Parlement et Gouvernement au niveau fédéral ne jetteront pas aux orties, en poussant à cette défiscalisation, un reste de crédibilité de notre pays en la matière. Plus que cela, si les banques concernées avaient un peu de vergogne, comme on dit chez nous, elles déclineraient le cadeau que certains voudraient leur faire et affirmeraient publiquement et explicitement qu’elles entendent payer les impôts dus sur leur revenu, y compris sur les bénéfices mal acquis. Remplaçant la suffisance par un brin d’humilité.

 

22:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7)

08/04/2014

Le Président Gauck a raison

 

Merci au Président Joachim Gauck pour sa franchise. Bien sûr que la démocratie directe à la suisse présente des risques de dérive. Bien sûr que la sacralisation du suffrage universel à tout propos est préoccupante. On a  vu dans le passé récent comment une propagande agressive, dirigée contre celles et ceux que pourtant on a élus pour nous représenter (« tous pourris »…), peut  convaincre  une majorité de voter des textes contraires au droit international ratifié par notre pays (et ceux qui nous sont comparables) et/ou à l’intérêt général. Je dis souvent avoir de la tendresse pour ce pays et son organisation politico-sociale mais nous ne sommes plus ni en 1291, ni à l’époque de l’Acte de médiation et le modèle a atteint ses limites. Comment ne pas être inquiet quand des initiants ou référendaires dynamiques font convoquer l’ensemble de l’électorat pour voter (par oui ou non, en noir ou blanc, sans nuance possible) sur, par exemple, des dispositions spécifiques du code pénal ou des enjeux internationaux demandant une évaluation qui aille un rien au-delà de ce qu’on peut décider au Café du Commerce. Cela étant, on continuera à le faire, il est tabou d'aller dans le sens de  M. Gauck.  Evidemment suicidaire pour un notable  de s’aventurer à dire que, sans pour autant négliger ses mérites (il en a), notre système devrait tant soit peu être aménagé, pour éviter des dérapages qui menacent une coexistence respectueuse, vis-à-vis de l’extérieur et aussi au sein du pays.  

 

11:43 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

26/11/2013

La vignette, illustration de l'importance des enjeux qui sont devant nous??

 

Heureux pays qui convoque l’ensemble de sa population et met en route une telle machinerie à propos d’un supplément de Fr. 60.- au budget annuel des conducteurs. Les Suisses, j’en suis,  respectent le verdict populaire. Deux remarques toutefois : un sondage indiquait que les possesseurs de deux voitures, dont l’équilibre financier allait être pénalisé de Fr. 120.-, étaient particulièrement opposés. Logique mathématiquement, mais civiquement ? Intéressant aussi : les observateurs s’accordent à dire que, si on était monté à Fr. 70.- seulement, personne n’aurait bougé. Heureux pays que celui où on peut jouer à ces jeux.

 

17:14 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)