02/02/2011

Ne pas oublier Auschwitz - En parler à nos petits-enfants

 

Récemment, bien intéressante émission De quoi je me mêle sur "La Première" de la RSR, avec un reportage sur le camp de concentration d’Auschwitz, centre du système nazi de « solution finale », coeur de la constellation des lieux d’extermination des juifs et d’autres groupes (homosexuels, tziganes, opposants politiques etc). Elle met en évidence les enjeux majeurs aujourd’hui en rapport avec ces pages funestes de l’histoire : primo, ne pas oublier ; secundo, comment passer le message aux nouvelles générations, alors que les quelques rescapés des camps encore vivants ont 80 ans et plus – ceci en relevant que, pour un enfant, ce qu’ont vécu les grands parents fait partie de son histoire, tandis que ce qu’ont vécu les aïeux plus lointains, c’est de l’ histoire). Tertio, encore et encore, il faut se demander comment cela a été possible : comment une population intelligente et cultivée comme celle de l’Allemagne a pu être « séduite » par un mouvement populiste extrêmiste qui a mis sur pied une telle machinerie de mort. Avec un ami, j’ai visité Auschwitz-Birkenau en octobre dernier. Comme le journaliste de la RSR, j’ai vivement ressenti l’importance du non-oubli et ai cherché à y contribuer par une « Lettre à mes petits-enfants » dans le Bulletin des médecins suisses (no. 49/2010 - consultable sur le web). Nous sommes aujourd’hui confrontés à de grands et nouveaux défis ; il reste que, comme l’a dit Churchill, c’est généralement parce qu’on n’a pas donné attention aux enseignements de l’histoire que, plus tard, des décisions inadéquates sont prises. Donc, se souvenir.

 

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16/12/2010

L’indésirable sacralisation de la « vox populi »

 

Quel plaisir (quel soulagement…) de retrouver à la page « Opinions » de 24 Heures du 8 décembre la plume pondérée, au-dessus de la mêlée, d’Edmond Aubert. Il se peut que je sois un vieil aigri mais j’avoue mes regrets, partagés par d’autres, que des sages de sa qualité - ou comme l’abbé Philippe Baud par exemple - se soient faits si rares dans ces colonnes. Je partage sa crainte que notre incomparable (!) démocratie directe puisse devenir une machine totalitaire. On oublie que le mérite de la politique en Suisse était d’être un système où la majorité décide, mais dans le respect - ou au moins la considération attentive - des minorités (étant entendu que, aujourd’hui, celles-ci ne sont plus seulement les entités cantonales ou linguistiques). Ou dit autrement: en Suisse, la majorité peut imposer sa loi à d'autres... mais ne le fait pas.

 

Choquerai-je en rappelant Sénèque disant « La preuve du pire c’est la foule » ? Mais cela vient à l’esprit devant plusieurs menées politiques victorieuses des dernières années, faisant fi notamment des droits fondamentaux des personnes ou du droit supérieur ratifié par notre pays. Il est illusoire d'imaginer que, en votation populaire, les Suisses accepteraient unee modification constitutionnelle ou légale qui préciserait que, pour certains sujets, les citoyens décident « qui va décider pour eux » (les parlementaires donc), comme c’est le cas ailleurs, sans que chaque décision puisse être portée devant le peuple. Pourtant... Une partie des blocages politiques tient chez nous à ce que les parlements vivent sous la crainte (la terreur ?) constante du référendum. L’édifice institutionnel qui convenait aux enjeux des XIXe et XXe siècles devrait être adapté, dans le sens de hautes instances indépendantes telles que celles dont disposent la France et d’autres pays occidentaux - qui sont légitimées à dire que, parfois, des décisions soutenues par une majorité populaire ne sont pas acceptables dans un Etat de droit. 

 

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13/11/2009

Initiative anti-minarets - A rebours des efforts d’intégration !

 

 

Pourquoi faudrait-il soumettre certains bâtiments à d’autres règlements que ceux de la police des constructions ? L’initiative anti-minarets veut interdire ces derniers, en éclatante contradiction avec la liberté et la neutralité religieuses garanties dans notre pays, et au mépris de la paix religieuse qui nous honore. De quoi les initiants ont-ils peur ? Que la minorité liée à l’Islam s’impose de manière arrogante. Ici, a-t-on le droit de relever que, depuis des années, les milieux proches de l’initiative manifestent leur propre arrogance, par des discours stridents et des affiches électorales inacceptables - et ça continue.

 

De plus, ces milieux qui se réclament souvent de liberté, qui tempêtent contre ce qu’ils voient un peu partout comme des ingérences de l’Etat, veulent maintenant que l’Etat brime la liberté d’autres… parce que ces autres ne sont pas comme eux. Le initiants se trompent en affirmant qu’on fera le lit de l’intégrisme en refusant d’interdire des minarets. Au contraire, si on interdisait, les musulmans fondamentalistes auront beau jeu de convaincre leurs coreligionnaires modérés –  la grande majorité – que la Suisse discrimine, au mépris de leurs droits fondamentaux. 

 

Sous couvert d’envolées patriotiques, cette démarche (au Kärcher ?) attise une fois de plus la méfiance, le rejet du différent : cela s’appelle de la xénophobie. Mais où les initiants vont-ils chercher que notre pays risque de perdre son âme chrétienne ? Ce n’est pas aux autres auxquels il incombe de manifester que notre vie suit l’enseignement du Christ, c’est à l’évidence la responsabilité de celles et ceux qui s’y rattachent. Que dire de l’argument de la réciprocité (pas de minarets chez nous tant qu’on ne pourra pas ériger des clochers ailleurs) ? C’est appliquer la loi du talion « Œil pour œil, dent pour dent », très peu chrétienne.  

L’initiative est une bataille aigrie à contre-courant de la réalité suisse d’aujourd’hui. Son objectif insulte les membres de la troisième communauté religieuse du pays, alors qu’il faut plutôt saluer tout ce qui est fait afin de mieux intégrer les personnes d’origines et religions diverses, en particulier par les Commissions Suisses-Etrangers dans de nombreuses localités de ce canton et au-delà, et par tant de démarches personnelles et associatives en faveur d’un meilleur « vivre ensemble ».  

 

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