13/11/2009

Initiative anti-minarets - A rebours des efforts d’intégration !

 

 

Pourquoi faudrait-il soumettre certains bâtiments à d’autres règlements que ceux de la police des constructions ? L’initiative anti-minarets veut interdire ces derniers, en éclatante contradiction avec la liberté et la neutralité religieuses garanties dans notre pays, et au mépris de la paix religieuse qui nous honore. De quoi les initiants ont-ils peur ? Que la minorité liée à l’Islam s’impose de manière arrogante. Ici, a-t-on le droit de relever que, depuis des années, les milieux proches de l’initiative manifestent leur propre arrogance, par des discours stridents et des affiches électorales inacceptables - et ça continue.

 

De plus, ces milieux qui se réclament souvent de liberté, qui tempêtent contre ce qu’ils voient un peu partout comme des ingérences de l’Etat, veulent maintenant que l’Etat brime la liberté d’autres… parce que ces autres ne sont pas comme eux. Le initiants se trompent en affirmant qu’on fera le lit de l’intégrisme en refusant d’interdire des minarets. Au contraire, si on interdisait, les musulmans fondamentalistes auront beau jeu de convaincre leurs coreligionnaires modérés –  la grande majorité – que la Suisse discrimine, au mépris de leurs droits fondamentaux. 

 

Sous couvert d’envolées patriotiques, cette démarche (au Kärcher ?) attise une fois de plus la méfiance, le rejet du différent : cela s’appelle de la xénophobie. Mais où les initiants vont-ils chercher que notre pays risque de perdre son âme chrétienne ? Ce n’est pas aux autres auxquels il incombe de manifester que notre vie suit l’enseignement du Christ, c’est à l’évidence la responsabilité de celles et ceux qui s’y rattachent. Que dire de l’argument de la réciprocité (pas de minarets chez nous tant qu’on ne pourra pas ériger des clochers ailleurs) ? C’est appliquer la loi du talion « Œil pour œil, dent pour dent », très peu chrétienne.  

L’initiative est une bataille aigrie à contre-courant de la réalité suisse d’aujourd’hui. Son objectif insulte les membres de la troisième communauté religieuse du pays, alors qu’il faut plutôt saluer tout ce qui est fait afin de mieux intégrer les personnes d’origines et religions diverses, en particulier par les Commissions Suisses-Etrangers dans de nombreuses localités de ce canton et au-delà, et par tant de démarches personnelles et associatives en faveur d’un meilleur « vivre ensemble ».  

 

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01/05/2009

Utilité des médecines complémentaires : intéressante polémique et nouveau « Gate » ?…

Interpellante émission « Falò », consacrée à la santé, de la Télévision suisse italienne jeudi soir 30 avril, sous le titre « Une légende à six millions » (c’est le coût du programme de recherche concerné). Les journalistes Harry Haener et Serena Tinari se sont penchés sur l’histoire du Programme national de recherche sur l’évaluation des médecines complémentaires (PEK) lancé en 1999, Ruth Dreifuss étant à l’époque Cheffe du Département fédéral de l’intérieur dont dépend la santé.

 

Le rapport final des travaux sur l’utilité de cinq méthodes thérapeutiques alternatives est sorti au printemps 2005. Le Dr Pedro Koch notamment - un confrère  qui a oeuvré  à l’OFAS et à l’OFSP - affirme (avec, pour ce que le téléspectateur en voit, des arguments crédibles) que le rapport final a été amputé, avant d’être rendu public, de plusieurs conclusions favorables aux dites méthodes. Est évoqué aussi le fait que, lors de la séance formelle de présentation des enseignements du programme, la majorité des nombreux intervenants prévus se sont désistés au dernier moment (sur pressions venues de quelque part ?). Parce que la décision avait été prise, au plan politique, de mettre un terme à l’expérience voulue par Ruth Dreifuss de donner leur chance à ces méthodes dans le cadre de la LaMal ?

 

S’il y a eu caviardage d’un rapport scientifique, ce n’est à l’évidence pas admissible. Le funeste George W. Bush s’est, parmi d’autres titres de gloire, illustré en « conformant » les commissions à mandat scientifiques de son Administration à ses a priori politiques et moraux, de façon inacceptable dans un monde libéral ouvert. A-t-il eu à cette occasion des émules dans notre bon pays ? Au reste, certains observateurs disent que le rapport en question manquait de l’impartialité scientifique indispensable, ce qui expliquerait qu’on l’ait aménagé … Peut-être mais la méthode resterait  discutable, pour dire le moins.

 

Y a-t-il là un « Naturo-alternativo-therapeutico-Gate », dont l’évocation tombe bien - ou mal, c’est selon - deux semaines avant une votation sur le sujet ? Il est vrai que chaque pays a les « Guerre de Troie »  qu’il peut… et nous sommes de grands spécialistes des tempêtes dans des verres d’eau. Affaire à suivre néanmoins, s’agissant des liaisons parfois dangereuses entre science et politique.

 

 

 

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09/04/2009

Changer certaines de nos manières, ne pas traîner les pieds

« La Suisse saura-t-elle limiter la casse ? » Question que pose, en relevant que le statu quo ante n’est plus défendable, un observateur après la décision du G 20 de mettre notre pays sur une liste grise en matière financière. C’est le grand enjeu. La majorité d’entre nous réalisera-t-elle assez tôt qu’il y a tout à perdre à traîner les pieds ? Le monde change à la vitesse grand V. Titre (inimaginable jusqu’il y a peu) d’un article récent « Le poids politique et moral de la Suisse a presque disparu »… Sous la plume d’une ennemi de notre pays ? Non, de Franz Muheim, ancien ambassadeur de Suisse fort respecté, soulignant « une carence éthique dans le comportements des dirigeants de l’économie et de la finance et une défaillance des autorités politiques »  (Le Temps, 2 avril 2009).

 

Dans ces conditions, les accusations selon quoi le Conseil fédéral trahit sont susceptibles d’accélérer la chute Sans doute l’évolution actuelle déplaît-elle à plusieurs égards (à moi aussi), mais le danger est que nous croyions qu’il suffit d’invoquer Guillaume Tell et la lutte contre les baillis étrangers pour que le cauchemar passe. Je ne suis pas un grand fan de Pascal Couchepin dans son action vis-à-vis de mes confrères médecins, par contre on doit saluer sa lucidité quand il recommande de se repencher sur la question de l’adhésion à l’UE. Le plus tôt sera le mieux : plus nous tardons et plus nous serons contraints d’adhérer dans les pires conditions (alors qu’on a été longtemps disposé à nous accueillir favorablement). « Les autres »  ne sont plus prêts à faire des cadeaux à la Suisse, ils le seront encore moins si, suivant le chœur des pleureuses de la droite nationaliste, nous exaspérons des partenaires incontournables par des récriminations qui n’ont plus cours. Se souvenir de Talleyrand : « La vie se passe à dire plus tard, et à s’entendre dire trop tard ».

 

S.v.p., ne plus suivre les sirènes qui se la jouent dans le registre « Le G 20, l’OCDE et les autres peuvent bien rouler les mécaniques, l’adversité n’a jamais fait peur aux vieux Suisses et nous gagnerons, seuls contre tous ».

08:21 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3)