19/07/2013

Compagnes de prêtres - Comment peut-on continuer à occulter la réalité ?

 

 

 

Périodiquement, de diverses manières, le drame des compagnes de prêtres et de leurs enfants resurgit (des sources informées parlent de 500 prêtres catholiques en couple/famille sur 2000 en Suisse).

 

A chaque fois, on est secoué par les témoignages de femmes d’ecclésiastiques sur des existences toujours lourdes, se cachant et cachant leurs enfants, culpabilisées. Quelques-unes de ces trajectoires se terminent bien quand les hommes ont le courage de quitter la prêtrise, mais tant d’autres femmes restent meurtries, rejetées, sans la moindre faute de leur part. Pitoyables mais aussi scandaleux, ces compagnons et pères qui refusent d’assumer. Pitoyable, l’institution qui semble préfère garder une attitude de « rien vu, rien entendu », refusant la simple reconnaissance des faits et les conclusions qu’on devrait en tirer.

 

Je ne pense pas être méchant homme et crois que les valeurs chrétiennes apportent des éléments substantiels à notre société. Cela étant, devant des histoires aussi fréquentes et inacceptables, mon imagination la plus échevelée est mise au défi de comprendre comment l’Eglise peut supporter de maintenir une position si déloyale. Comment une institution qui souhaite avoir une certaine crédibilité dans la collectivité peut-elle sérieusement rester les bras ballants ? Comme le dit Marc Bradfer, auteur de « Fils de prêtre » (d’un prêtre qui a eu une famille de huit enfants), si l’amour de Dieu est la première vertu de l‘Eglise, elle devrait aussi donner un peu d’amour aux humains, et spécialement à des personnes auxquelles elle fait du mal.

 

04/12/2012

Rite liturgique pour les couples homosexuels ? Débat dans l'EERV

 

Un point fondamental, d’un point de vue médical, éthique et, je le crois, protestant, est de ne pas donner dans une idéologie qui fait fi de la réalité scientifique. L’Eglise au cours du temps s’est illustrée de manière inepte en s’opposant aux connaissances qui se sont avérées correctes : procès de Galilée, résistance bruyante par plusieurs Eglises à la théorie de l’évolution de Darwin, parmi d’autres. Il y a lieu de prendre du recul par rapport à l’Ancien Testament notamment : sur la base de l’une ou l’autre phrase, on voue aux gémonies l’homosexualité ou l’onanisme, en omettant opportunément à de rappeler que d'autres passage ne voient pas d'inconvénient à polygamie, adultère, prêt de son épouse à un autre, esclavage, lapidation et autres exécutions sommaires.

 

Il y a déjà une quarantaine d’années que l’Association américaine de psychiatrie, puis l’OMS , ont biffé l’homosexualité de la liste des maladies. Il y a aujourd’hui consensus quant au fait que l’homosexualité n’est pour l’essentiel pas un choix. Quelques confrères le contestent, c’est leur droit ; j’estime qu’ils prennent des positions dogmatiques qui s’écartent des règles que la profession est censée appliquer.

 

Pour l’essentiel nos congénères gays sont « faits comme cela ». Il n'y a pas lieu de contester qu'il y ait des situations d'ambivalence où la personne peut décider de l'orientation qu'elle choisit mais elles sont une minorité. Ici , rappeler cette phrase du maître qu'a été à Lausanne le Professeur de médecine Edouard Jequier-Doge: "Jamais et toujours n'existent pas en médecine". Jamais et toujours n'existent pas non plus dans la vie et la société. La vie n'est pas en noir et blanc, elle est faite de nuances de gris, de gris très clair à gris très foncé. C'est une position idéologique que de n'accepter de voir, en matière de sexualité, que la stricte division entre hétérosexualité  +++ et homosexualité +++. Cela ne correspond simplement pas à ce que nous sommes, à ce que les humains vivent. Dans le domaine de la sexualité aussi, il y a des continua. 

 

Qui peut dire légitime de rejeter certains pour un fait qui n’est pas de leur libre arbitre (de là à mettre à l’écart ceux qui sont porteurs d’autres caractéristiques qui ne plaisent pas, le pas ne serait pas grand). 

 

Il y a les grands débats théologiques, il y a aussi la sagesse. Remarque d’un ami senior, aux racines terriennes et plutôt conservatrices, lors de notre récente assemblée paroissiale : « Mais bien sûr qu’il faut accepter un rite pour les homosexuels. Ils ont tellement souffert durant tant de temps. Ils ont plus besoin d’une bénédiction que nous ».

 

 

 

17/08/2010

La RSR « la Première » lundi matin 16 août

L’heure d’actualité et débat de la RSR entre 7 et 8 heures chaque matin est le plus souvent bien intéressante. Lundi 16 août, prises de positions particulièrement claires, fermes, crédibles, de Léonard Gianadda d’une part, d’Elmar Ledergerber, ancien maire de Zurich, d’autre part.

 

Le premier, qui a créé la Fondation Pierre Gianadda avec le succès qu’on sait, poursuit aujourd’hui son mécénat dans sa bonne ville de Martigny dans le domaine social, notamment  en ce qui concerne des logements. Impressionnant d‘entendre – ce n’est pas la première fois – la solide et active gratitude qu’il manifeste à la cité suisse qui a accueilli son grand-père immigrant piémontais. Citoyen d’un canton voisin et ami, il m’est arrivé de me dire qu’il pourrait répartir plus largement, géographiquement, ses bonnes oeuvres… Mais qu’à cela ne tienne, on se réjouit de la chance de Martigny. Respect pour Léonard G.

 

Juste après, billet hebdomadaire d’Elmar L. (heureuse initiative de la radio d’inviter régulièrement ainsi de distingués Confédérés « d’outre en là »). A propos du commerce international des matières premières et de la nourriture (blé spécialement), il a eu des mots forts et bienvenus contre les spéculateurs – évoquant les perturbations majeures qui seront liées aux désastres naturels en Russie en ce moment (incendies etc.). Dont ces spéculateurs profiteront comme d’habitude - sauf changement de coeur pas terriblement probable, pour le grand malheur de populations et régions qui ont faim.