23/04/2011

Une belle - et bienvenue - contribution de l’école

 

On sait le match que se livrent  périodiquement, à propos de missions de l’école, ceux qui considèrent qu’elle est là - je résume – pour apprendre à lire, écrire et compter, et d’autres qui jugent nécessaire que, dans un monde en mutation rapide, elle s’implique dans la discussion de valeurs; parce que - ce n’est pas insulter que de le dire – certaines familles ne font pas à cet égard l’investissement voulu ou, « dépassées par les évènements », n’y arrivent pas.

 

 Bravo au collège C.-F. Ramuz, à Lausanne, qui fêtait début avril ses 25 ans, pour le spectacle musical « Résistance » qu'il a mis sur pied à cette occasion. D’abord, c’est un vrai plaisir que d’y assister. Ensuite, on salue l’objectif de sensibiliser enfants - et audience !- aux risques, dans la vie quotidienne, d’intolérance et de mise à l’écart de notre prochain. La première chanson commence par « Nous avons déclaré la guerre au racisme et à l’injustice » et la vingtième finit avec « Une voix pour aller te rencontrer, entre partage et raison ». Dans une Suisse qui voit coexister des jeunes et moins jeunes issus d’horizons très différents, on espère que ces messages de non-rejet et de solidarité sont diligemment transmis par tous les parents à leur progéniture. Mais peut-on en être certain ? Dans tous les cas, le coup de main de l’école est bienvenu et ce serait une erreur de refuser l’idée que, aux côtés des familles, elle contribue utilement à une éducation à la vie en société et à la citoyenneté, rendant l’avenir moins préoccupant – qu’il s’agisse de convivialité ou de dangers « physiques » dont Fukushima n’est que le dernier exemple. Alors que (tiré du spectacle), trop souvent on se trouve « mille raisons pour ne jamais rien faire ».

 

 

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23/02/2011

Eviter toute discrimination - La responsabilité des médias

A propos de la réflexion de Daniel Cornu « Un Suisse fracasse le crâne d’un compatriote... » - 24 Heures du 2 février 2011

 

Merci à Daniel Cornu, médiateur d’Edipresse Suisse, pour son billet sur le danger de discrimination dans les médias. Tout en sachant que le sujet n’est pas simple, la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) , dont j'ai l'honneur de présider la section vaudoise, s’en préoccupe et salue la prise de position du Conseil de la presse soulignant que « L’essentiel est de proscrire toute forme de discrimination », en particulier quand  cela peut « généraliser des jugements de valeurs négatifs ».

 

Une question m’est parfois posée à cet égard : « Pour ne pas être raciste, est-ce qu’on doit alors absolument aimer tout le monde ? ». Pas forcément. On a le droit d’avoir une préférence pour ceux qu’on considère comme des amis proches. Ce qui est impératif par contre, c’est de respecter tous et chacun. Y compris ceux qui sont différents par la couleur de la peau, le type d’habillement, ou à cause d’un handicap, ou parce qu’ils ne réagissent pas comme nous aux circonstances de la vie quotidienne. Les gens sont différents, il n’est pas interdit d’en parler si on le fait sereinement, sans parti pris ; c’est mépriser, insulter, ironiser, sous-entendre, considérer l’autre comme un inférieur - et bien sûr agresser physiquement - qui est inadmissible.

 

La LICRA- Suisse, sous l’égide de son président Jean-Philippe Rapp, organise des « Cafés LICRA » qui donnent l’occasion de débattre de ces thèmes. A fin janvier à Genève, le premier parlait des Roms, et bientôt un autre sera précisément consacré au rôle des médias. Le 16 mars,  au Bourg à Lausanne à 19 h. 30, le troisième traitera de discrimination dans le sport, dans le cadre de la Semaine lausannoise d'actions contre le racisme.

 

 

 

 

 

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12/01/2011

Le défi des « parentalités nouvelles »

 

 

La presse du 29 décembre apprenait au monde scandalisé ou enthousiaste la naissance de Zachary, fils d’Elton John et de son compagnon – son époux selon la loi britannique. Grâce au service rendu par une jeune Américaine, qui a « prêté son ventre » et probablement mis à disposition un ovocyte (techniquement, l’ovocyte pourrait aussi être celui d’une autre femme). Une telle situation est illicite en Suisse, prêt d’utérus et don d’ovocyte sont tous deux interdits par la loi fédérale. Cependant, on peut être certain - à supposer que ce ne soit pas déjà le cas - que des couples homosexuels suisses, hommes ou femmes, iront en nombre croissant chercher ailleurs une aide en matière de procréation médicalement assistée par des modalités illégales chez nous (une cause du phénomène étant l’hétérogénéité des législations nationales, y compris entre pays proches). Rentrant au pays, ces personnes seront menacées de poursuites pénales et/ou rencontreront des difficultés graves en termes d’état civil. La question est alors : aussi longtemps que de tels cas restent exceptionnels, la société vivra tant bien que mal avec la dissonance qu’ils créent. Mais que fait-on quand ils se multiplient comme ils le feront vraisemblablement dans l’avenir ? Malgré les infractions qui ont permis à ces enfants de naître (!), on devra impérativement d’un point de vue d’éthique sociale leur garantir les mêmes droits et possibilités qu’à leurs contemporains ; si on ne le faisait pas, ils n’auraient nulle part où se tourner – et on n’imagine guère que, après avoir surmonté de nombreux obstacles, un couple homosexuel dans ce cas donne son enfant pour adoption... A l’évidence, nos systèmes civils et politiques seront mis au défi de trouver des solutions acceptables

 

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