16/08/2010

A lire : « Une histoire d’amour » très atypique

 

C’est le livre d’un enseignant secondaire vaudois qui a oeuvré à Avenches et Echallens puis au Gymnase de Beaulieu à Lausanne. Arrivé à la retraite, il fait un tour de sa riche expérience dans Une histoire d’amour - Un prof atypique raconte, qui vient de paraître à l’Aire. Il évoque enfance, jeunesse, études puis le début de sa carrière pédagogique. A 30 ans, prof d’histoire, il publie un ouvrage sur le rôle du Général Guisan en 1939-45. Dans son enseignement, il s’intéresse particulièrement au XXe siècle et sensibilise ses jeunes audiences aux origines et conséquences des deux Guerres mondiales, à la montée du nazisme en Allemagne, à la Shoah. Son récent ouvrage illustre comment il l’a fait de manière particulièrement pertinente et innovante - mettant ma casquette de président de la section vaudoise de la LICRA, je souhaiterais que cette période sombre continue à être présentée de telle manière aux jeunes générations.

 

Yves Delay a été actif dans la démarche des médiateurs scolaires : une  initiative vaudoise qui a fait ses preuves depuis la fin des années 1970, par la  formation et la mise en œuvre d’enseignants qui, pour une part modeste de leur temps, sont à disposition, en première ligne, d’élèves en difficultés (problèmes personnels et familiaux, abus, usage de drogues, soucis à l’école). Une histoire d’amour fourmille d’exemples tirés de l’expérience de l’auteur, bien instructive. Comme médecin cantonal, j’ai été partie prenante à l’époque du programme de médiation et au contact de problèmes de nature médico-sociale surgis dans les établissements scolaires. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles j’ai « avalé » cet ouvrage en vingt-quatre heures, avec un très grand intérêt, avec émotion souvent.

 

Témoignage d’une personnalité hors du commun. Yves Delay est un « cas », réellement atypique. Entretenant des rapports cordiaux et étroits (en tout bien tout honneur), y compris par une nombreuse correspondance, avec ses élèves. Il a garde le contact avec leurs intérêts en s’intéressant notamment à leur musique - devient un bon connaisseur des scènes rock et rap, depuis Woodstock et par la suite, ne craignant pas de réveiller par des pitreries ceux qui sommeillent ou s’ennuient en classe. A la lecture, on a envie de dire que le fait que les responsables concernés n’aient que peu ou pas pris ombrage de nombre de ses initiatives surprenantes est au crédit de la tolérance de bon aloi des Vaudois - et du vaisseau amiral qu’est le Département de l’instruction publique (aujourd’hui de la formation et de la jeunesse).

 

En résumé, un parcours de vie substantiel, attachant, plein d’humour, agréable à lire. Ce livre intéressera beaucoup et distraira celles et ceux que préoccupe la formation, le bien-être - et les mal-être - des jeunes d’aujourd’hui, la/les manière-s d’interagir empathiquement et constructivement avec eux. Une histoire d’amour mérite d’être porté à l’attention des enseignants, parents, responsables scolaires et civiques. Non pas parce que le contenu serait révolutionnaire mais comme illustration d’une pédagogie innovante, disponible, à l’écoute.

 

 

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A lire : « Une histoire d’amour » très atypique

 

C’est le livre d’un enseignant secondaire vaudois qui a oeuvré à Avenches et Echallens puis au Gymnase de Beaulieu à Lausanne. Arrivé à la retraite, il fait un tour de sa riche expérience dans Une histoire d’amour - Un prof atypique raconte, qui vient de paraître à l’Aire. Il évoque enfance, jeunesse, études puis le début de sa carrière pédagogique. A 30 ans, prof d’histoire, il publie un ouvrage sur le rôle du Général Guisan en 1939-45. Dans son enseignement, il s’intéresse particulièrement au XXe siècle et sensibilise ses jeunes audiences aux origines et conséquences des deux Guerres mondiales, à la montée du nazisme en Allemagne, à la Shoah. Son récent ouvrage illustre comment il l’a fait de manière particulièrement pertinente et innovante - mettant ma casquette de président de la section vaudoise de la LICRA, je souhaiterais que cette période sombre continue à être présentée de telle manière aux jeunes générations.

 

Yves Delay a été actif dans la démarche des médiateurs scolaires : une  initiative vaudoise qui a fait ses preuves depuis la fin des années 1970, par la  formation et la mise en œuvre d’enseignants qui, pour une part modeste de leur temps, sont à disposition, en première ligne, d’élèves en difficultés (problèmes personnels et familiaux, abus, usage de drogues, soucis à l’école). Une histoire d’amour fourmille d’exemples tirés de l’expérience de l’auteur, bien instructive. Comme médecin cantonal, j’ai été partie prenante à l’époque du programme de médiation et au contact de problèmes de nature médico-sociale surgis dans les établissements scolaires. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles j’ai « avalé » cet ouvrage en vingt-quatre heures, avec un très grand intérêt, avec émotion souvent.

 

Témoignage d’une personnalité hors du commun. Yves Delay est un « cas », réellement atypique. Entretenant des rapports cordiaux et étroits (en tout bien tout honneur), y compris par une nombreuse correspondance, avec ses élèves. Il a garde le contact avec leurs intérêts en s’intéressant notamment à leur musique - devient un bon connaisseur des scènes rock et rap, depuis Woodstock et par la suite, ne craignant pas de réveiller par des pitreries ceux qui sommeillent ou s’ennuient en classe. A la lecture, on a envie de dire que le fait que les responsables concernés n’aient que peu ou pas pris ombrage de nombre de ses initiatives surprenantes est au crédit de la tolérance de bon aloi des Vaudois - et du vaisseau amiral qu’est le Département de l’instruction publique (aujourd’hui de la formation et de la jeunesse).

 

En résumé, un parcours de vie substantiel, attachant, plein d’humour, agréable à lire. Ce livre intéressera beaucoup et distraira celles et ceux que préoccupe la formation, le bien-être - et les mal-être - des jeunes d’aujourd’hui, la/les manière-s d’interagir empathiquement et constructivement avec eux. Une histoire d’amour mérite d’être porté à l’attention des enseignants, parents, responsables scolaires et civiques. Non pas parce que le contenu serait révolutionnaire mais comme illustration d’une pédagogie innovante, disponible, à l’écoute.

 

 

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25/06/2010

Cesser de traiter les questions de drogue et toxicomanie de manière manichéenne et tunnelisée sur la "guerre"

 

Dans une démarche récente, le Conseiller aux Etats tessinois Dick Marty a eu raison de dire, avec d'autres, que « L’Empereur est nu » s'agissant des doctrines purement punitives et répressives en matière de drogue. Les politiques jusquauboutistes sont, on le voit depuis des décennies, des impasses. La « War on Drugs » des Etats-Unis a fait le lit des dérives meurtrières auxquelles on assiste aujourd’hui (y compris à la frontière mexicaine) et soutient de routine des régimes durs et « peu sensibles » (c'est un grand euphémisme) aux droits de l’homme.

 

On reste songeur devant la myopie de nos beaux esprits "rigoureux" qui, focalisés sur nos cultures, ne veulent absolument pas voir que le cannabis est consommé dans d’autres régions comme l’alcool par la plupart de ses usagers chez nous – étant entendu que l’alcool entraîne des problèmes graves chez une minorité, mais on ne l’a pas interdit pour autant jusqu’ici. Ou que la feuille de coca mérite notre respect comme un ingrédient légitime de la vie quotidienne dans les Andes (dans des populations très pauvres, elle aide à lutter contre la fatigue et diminue la faim). Cela étant, la manière dont la lutte est menée depuis un siècle contre des produits exotiques - parce qu'ils sont exotiques! - est inepte. A l’époque elle est a été lancée dans la foulée de la Prohibition anti-alcool aux USA, qui a fait naître des mafias qui ont gardé pignon sur rue et a vite dû être rapportée tant ses effets collatéraux étaient désastreux. Mais, s’agissant de substances venues d’ailleurs, on maintient une croisade insensée par sa violence et son manque de justifications adéquates. Qui, aujourd’hui, est poursuivie notamment parce que des centaines de milliers, des millions, de « gendarmes » (tous les acteurs de cette guerre ici et ailleurs) et de « voleurs » (les trafiquants) en tirent leur gagne-pain. Triste.

 

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