27/06/2009

Le foot comme outil d’intégration !

 

C’est en 2001 que le responsable de la section Juniors de l’ACVF (Association cantonale vaudoise de football), l’enseignant Georges Guinand, a lancé « Graines de foot », dont les finales le 20 juin, sur les terrains de Bois-Gentil, étaient donc à leur 9e édition. Organisé sous forme d’éliminatoires régionales en divers points du canton deux semaines auparavant, ce tournoi donne l’occasion à des milliers d’enfants (juniors D, E et F) de se mesurer, tous porteurs de T-shirts de différentes couleurs mais au même motif (créé par Raymond Burki). Grâce à plusieurs sponsors, est assuré un budget impressionnant. Des partenariats ont aussi été établis avec des organisations qui se préoccupent de questions touchant les jeunes : ainsi le CIPRET (Centre d’information pour la prévention du tabagisme) et la section vaudoise de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme). Assister à ce rassemblement d’enfants, d’entraîneurs, de parents et amis, est à chaque fois un vrai plaisir.

 

Cette année a été remise pour la première fois la Coupe LICRA, destinée à un club (qui n’a pas besoin d’être finaliste du tournoi) qui s’est montré particulièrement bon dans ses efforts d’intégration de jeunes joueurs de multiples origines, langues, etc. C’est à l’ES Malley, emmenée par Jean-Daniel Rochat, que cette coupe a été accordée. Bravo. 

 

A noter qu’une facette particulière de « Graines de foot » est développée qui s’adresse à de jeunes joueurs handicapés. Le président de la LICRA-VD que je suis y est particulièrement sensible à son titre d’ancien médecin cantonal dans la mesure où, on le sait bien, les handicapés aussi peuvent souffrir de discrimination, d’une sorte de « racisme ».D’ores et déjà, bon vent à la 10e édition de « Graines de foot » en 2010.

 

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24/05/2009

L’autorité morale, notion en désuétude?

 

 

 

« En période de crise, les bien-pensants moralisants reprennent le pouvoir. Détenteurs de la juste connaissance du bien et du mno sermonnent à longueur de journée (1). Le journaliste qui l’écrit déplore que nous baignions dans le moralement acceptable et préfère « se laisser aller à faire la fête, de temps à autre, sans limites, même si on pollue… » Pour ma part, j’ai l’impression au contraire que l’on entend trop ceux pour qui « anything goes » (tout est permis) ; loin de contribuer à une société équilibrée, cela tend à aggraver une perte des repères qui à l’évidence pose problème. Qu’on pense aux désorientations d’une partie de la jeunesse, avec ces derniers mois des manifestations gravissimes de violence, ici et ailleurs.

Le problème est que, dans un monde où le virtuel est de plus en plus entremêlé avec le réel, où la vie des « people » semble avoir vocation de modèle pour celle des autres, il y a un flou délétère brouillant la limite entre ce qu’on a le droit de dire ou de faire dans son

boudoir et ce qu’on peut - ou ne peut pas – dire ou faire ès fonction ou ès qualité. 

 

Je suis un homme du passé sans doute mais suis frappé de voir avec quelle facilité des personnalités (de la politique, de l’économie, des avocats, des artistes), dans des échanges médiatiques, épicent leur propos de remarques à la limite de la grossièreté - voire salaces -, sexistes, xénophobes. L’époque est marquée par un laxisme éthique multiforme et multi-secteurs, on ne rencontre pas chaque jour des « gens importants » qui impressionnent par leur tenue morale ; or, à mon sens, leur statut implique des devoirs (et, pour les professions libérale, une déontologie), parce que les  positions qu’ils  prennent ont un poids particulier aux yeux de ceux qui les entendent. 

 

Appréciation de l’historien politologue Olivier Meuwly : « Le concept d’élites est délicat à manier (…) Les choses ont commencé à se compliquer dès le dernier tiers du XXe siècle (…) Les élites se sont renouvelées, sous l’impulsion des médias. Inconvénient non négligeable : la responsabilité morale qu’elles assumaient plus ou moins bien s’est diluée (…) Tandis qu’est justement attendue d’elles une attitude de responsabilité, certains de leurs représentants donnent plutôt l’impression de donner raison au laisser-aller » (3).

 

Dostoïevski parle de l’élite comme de ceux « sans lesquels ne saurait vivre ni tenir aucune société et aucune nation, même dans la plus large égalité des droits » (au reste, je crois que nous avons tous, de manières diverses selon les circonstances de nos existences, un mandat d’exemplarité). Aujourd’hui ceux dont on attendrait une autorité/fermeté morale semblent souvent être aux abonnés absents. Pourtant, nous avons besoin de tels leaders qui, notamment, osent affirmer que trop c’est trop -  et qui assument les critiques de ceux pour qui toutes les licences sont permises. Il faut le redire : la liberté ne vaut que par les limites qu’on lui met.

 

 

1. Derder F. La crise, la morale et les punks. 24 Heures (Lausanne), p. 20, 16 mars 2009.

 

3. Meuwly O. La remise en cause des élites. Le Temps (Genève), p.12, 9 mars 2009.

 

 

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14/05/2009

Enseigner l’éthique - Un nouveau rôle pour Monsieur Blocher ?

 

 

 

En rapport avec mon blog du 12 mai sur les doctorales leçons qu’entend donner un journaliste à propos d’éthique :

 

Les gens hyper-compétents ne sont pas légion. Peut-être faut-il se féliciter de ce que des personnalités mises « en réserve de la République » se mettent néanmoins à disposition pour d’autres emplois de haut niveau ? Ainsi, la presse des 10 et 11 mai, des deux côtés de la Sarine, signale que Christoph Blocher envisage de poser sa candidature pour la repourvue d’une chaire d’éthique économique à l’Université de St-Gall.

 

Je suis très attaché au fait que chacun ait l’entière liberté de se déterminer sur ses propres valeurs morales et éthiques. Bien sûr. Cela étant, pour un enseignement académique,  peut-être devrait-on attendre de l’enseignant une vraie crédibilité sur les thèmes à traiter. M. Blocher a une telle crédibilité en matière d’économie ; s’agissant d’éthique toutefois, peut-on poser la question de savoir si celui qui a été durant plus de vingt ans le chef incontesté et l’animateur principal d’un secteur de l’opinion qui n’a jamais caché sa xénophobie, et a occasionnellement dérapé dans le racisme, est « the right man in the right place ».

 

Dans la foulée, il ne serait pas inintéressant de savoir combien de personnes reconnues pour leurs contributions à l’éthique siègent dans les conseils d’administration des entreprises de notre ancien Conseiller fédéral.

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