24/09/2008

Les groupes d’entraide : un vrai plus, une aide précieuse pour beaucoup

 

Les groupes d’entraide autogérés, que les Anglo-saxons appellent self-help groups et les Alémaniques Selbsthilfegruppen, sont un développement important des dernières décennies. Leur principe est le suivant : des personnes « portant » (péniblement) le même problème se réunissent afin de mettre en commun leur vécu, leurs expériences, et en particulier la manière dont elles font face (ou ne parviennent pas à faire face) aux difficultés liées au dit problème. Ceci, il convient de le noter, sans être sous la direction, la « tutelle », de professionnels du domaine - ce qui n’empêche toutefois pas de faire appel aux connaissances ou à l’avis de professionnels quand le besoin s’en fait sentir. Mais l‘idée maîtresse est bien que ce sont avec leurs propres ressources et expériences que les membres du groupe s’appliquent à gérer au mieux leur souci.

 

 

Il y a de très nombreux groupes de ce type, partout dans le monde. NB : dans les régions en développement, les mouvements - en nombre croissant - de cultivateurs, artisans, petits entrepreneurs, qui créent des réseaux pour mieux travailler, participent d’une logique semblable : self-help. self-reliance.

 

 

Quelque 200 groupes en Suisse, coordonnés par 19 centres cantonaux ou régionaux. Les problèmes traités (une préoccupation précise et spécifique par groupe) entrent dans l’une ou l’autre des catégories suivantes : maladies chroniques et handicaps ; difficultés parentales (notamment parents d’enfants souffrant de certaines pathologies) et éducation ; désordres alimentaires ; difficultés psychiques ; personnes âgées ; dépendances ; questions de société (diverses formes de violence et abus, divorce, prostitution, etc.) ; travail-chômage.

 

 

Le 23 septembre a été présenté à Fribourg un ouvrage pratique fort bien fait qui sort de presse : Les groupes d’entraide autogérés – Se soutenir mutuellement pour aller mieux, de Ruth Herzog et Sylvia Huber (Beobachter Verlag, 2008). Je le recommande chaudement à toute personne qui, confrontée à un problème qu’elle souffre de devoir gérer (trop) seule, aimerait rejoindre un groupe d’entraide autogéré ou envisagerait de créer un tel groupe.  

 

 

Heureusement, on n’est pas seul au monde dans une telle entreprise. Renseignements et soutien peuvent être obtenus de deux centres-ressources en Suisse romande, l’Association AVEC à Lausanne (www.association-avec.ch), et Info-entraide Fribourg (www.entraide-fribourg.ch). On peut aussi y obtenir le guide susmentionné, à recommander sans modération.

00:18 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

20/09/2008

Femmes et filles « manquantes » d’Inde

 

 

 

La moindre valeur accordée aux filles fait que, aujourd’hui en Inde, il en « manque » 60 millions… Une décision de la Cour suprême du pays, interdisant la publicité pour des méthodes permettant de connaître le sexe du foetus, fait parler d’un vieux problème - séculaire, millénaire…- de certaines sociétés. Dans les années 1970, j’ai travaillé deux ans en Inde pour l’Organisation mondiale de la santé et ai été amené à prendre connaissance des effets dramatiques de la préférence culturelle pour les garçons : avant les récents développements technologiques, c’était l’infanticide des nouveaux-nés filles qui en était l’expression. Mais aussi le fait que, plus tard, on est prêt à consacrer ses modestes ressources pour le traitement médical d’un garçon malade mais pas pour celui d’une fille… d’où mortalité en excès. La situation est comparable en Chine, aggravée de manière non surprenante par la politique d’un enfant par famille.

 

 

Les moyens nouveaux de la biomédecine ont accentué le phénomène. D’ abo rd l’échographie durant la grossesse qui permet de détecter certaines anomalies du fœtus mais aussi son sexe - d’où beaucoup d’interruptions parce que ce fœtus est féminin - et maintenant d’autres techniques.

 

 

Attaché à l’égalité entre les genres et à la lutte contre tant de formes d’oppression/domination de la femme dans tant de cultures (notamment là où, aujourd’hui encore et même adulte, elle reste pratiquement et juridiquement sous tutelle des membres mâles de la famille), je me disais qu’on pouvait espérer à terme, les personnes de sexe féminin « venant à manquer », que ce déséquilibre rehausserait leur statut social, contribuerait à leur donner plus de droits, de poids, de force, dans les familles et au plan de la société. On peut toujours espérer… Ce que j’entends venant de ces pays fait penser toutefois que ce possible effet « positif » met beaucoup de temps à se concrétiser alors que les effets scandaleux eux se poursuivent.

 

 

14:08 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)

23/08/2008

: La moralité, exigible des grands commis ?

 

 

Le comportement extraprofessionnel du Chef de notre armée qui, par dépit, a effectué des démarches mesquines, choquantes, de nature à nuire à son ancienne compagne, a suscité moult débats durant l’été. Deux questions ont été légitimement posées. Un officier général qui « perd les nerfs » pour un problème privé aurait-il en cas de guerre le sang-froid nécessaire devant les décisions à prendre ?  Quels effets une telle faiblesse morale peut-elle avoir sur l’estime dont doit bénéficier un chef de la part de ses subordonnés ?

 

 

 On vient aussi d’apprendre la démission du directeur de l’OFAC, condamné pénalement pour des faits survenus avant qu’il intègre l’administration fédérale. Et, il y a deux ans, notre canton était secoué par la découverte des malversations financières d’un professeur du CHUV. Il a été exclu de son poste mais les avis ont été divers quant aux conséquences logiques, sur sa capacité de pratiquer, de fautes d’un médecin sans rapport direct avec son art. J’ai écrit à l’époque : « Attend-on seulement du médecin des compétences techniques, ou un « plus » majeur, humain et éthique, est-il partie intégrante du métier ? ».

 

 

Plus ancien, il y a encore le cas d’un responsable du Service pénitentiaire, qui avait  provoqué un accident en étant alcoolisé et avait dû quitter son poste. Médecin cantonal, je m’étais demandé ce que serait l’effet d’un écart du même type s’il m’arrivait… J’avais conclu que, censé défendre la santé publique, je ne pourrais plus remplir adéquatement ma fonction.

 

 

La question centrale est de savoir si accorder du poids à la dimension morale d’un professionnel – ou d’un politique – de rang élevé est une vieillerie, une scorie d’une doctrine où on attendait aussi d’eux d’être estimables en soi, sinon irréprochables ? Accepte-t-on le régime dont La Fontaine disait « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous feront blanc ou noir » ? 

 

 

Mon impression est-elle fausse que, de plus en plus, la mesure de l’estime dans laquelle on tient les gens est - seulement - proportionnelle à ce qu’ils gagnent, respectivement au pouvoir qu’il exercent, et plus guère au fait qu’on puisse leur faire confiance, qu’ils assument une tenue morale ? Les excès et autres dérives de « gens qui comptent » sont trop aisément tolérées – quand on n’y voit pas un progrès reconnaissant l’imperfection de la nature humaine ! Montée d’un laxisme éthique multiforme et multi-secteurs, « justifié » au nom d’une idéologie libérale dévoyée ?

 

 

 Au risque d’apparaître terriblement ringard, je crois que nous avons tous, qui que nous soyons, un mandat d’exemplarité. Et, bien sûr, ce mandat est d’autant plus impératif qu’on joue un rôle dans et vis-à-vis de la collectivité. S’ils veulent garder une crédibilité, les responsables sont tenus d’être attentifs à toutes situations potentielles de mensonge, de corruption, d’exploitation d’autres personnes – y compris dans leur vie privée.

 

 

Dernière remarque : il paraît clair que des faits démontrant que les gens importants ne sont pas au-dessus des règles de bonne foi, de sérieux dans les engagements et de simple décence ordinaire seront bien accueillis par Monsieur et Madame Tout-le-monde.

 

 

Le comportement extraprofessionnel du Chef de notre armée qui, par dépit, a effectué des démarches mesquines, choquantes, de nature à nuire à son ancienne compagne, a suscité moult débats durant l’été. Deux questions ont été légitimement posées. Un officier général qui « perd les nerfs » pour un problème privé aurait-il en cas de guerre le sang-froid nécessaire devant les décisions à prendre ?  Quels effets une telle faiblesse morale peut-elle avoir sur l’estime dont doit bénéficier un chef de la part de ses subordonnés ?

 

 

 On vient aussi d’apprendre la démission du directeur de l’OFAC, condamné pénalement pour des faits survenus avant qu’il intègre l’administration fédérale. Et, il y a deux ans, notre canton était secoué par la découverte des malversations financières d’un professeur du CHUV. Il a été exclu de son poste mais les avis ont été divers quant aux conséquences logiques, sur sa capacité de pratiquer, de fautes d’un médecin sans rapport direct avec son art. J’ai écrit à l’époque : « Attend-on seulement du médecin des compétences techniques, ou un « plus » majeur, humain et éthique, est-il partie intégrante du métier ? ».

 

 

Plus ancien, il y a encore le cas d’un responsable du Service pénitentiaire, qui avait  provoqué un accident en étant alcoolisé et avait dû quitter son poste. Médecin cantonal, je m’étais demandé ce que serait l’effet d’un écart du même type s’il m’arrivait… J’avais conclu que, censé défendre la santé publique, je ne pourrais plus remplir adéquatement ma fonction.

 

 

La question centrale est de savoir si accorder du poids à la dimension morale d’un professionnel – ou d’un politique – de rang élevé est une vieillerie, une scorie d’une doctrine où on attendait aussi d’eux d’être estimables en soi, sinon irréprochables ? Accepte-t-on le régime dont La Fontaine disait « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous feront blanc ou noir » ? 

 

 

Mon impression est-elle fausse que, de plus en plus, la mesure de l’estime dans laquelle on tient les gens est - seulement - proportionnelle à ce qu’ils gagnent, respectivement au pouvoir qu’il exercent, et plus guère au fait qu’on puisse leur faire confiance, qu’ils assument une tenue morale ? Les excès et autres dérives de « gens qui comptent » sont trop aisément tolérées – quand on n’y voit pas un progrès reconnaissant l’imperfection de la nature humaine ! Montée d’un laxisme éthique multiforme et multi-secteurs, « justifié » au nom d’une idéologie libérale dévoyée ?

 

 

 Au risque d’apparaître terriblement ringard, je crois que nous avons tous, qui que nous soyons, un mandat d’exemplarité. Et, bien sûr, ce mandat est d’autant plus impératif qu’on joue un rôle dans et vis-à-vis de la collectivité. S’ils veulent garder une crédibilité, les responsables sont tenus d’être attentifs à toutes situations potentielles de mensonge, de corruption, d’exploitation d’autres personnes – y compris dans leur vie privée.

 

 

Dernière remarque : il paraît clair que des faits démontrant que les gens importants ne sont pas au-dessus des règles de bonne foi, de sérieux dans les engagements et de simple décence ordinaire seront bien accueillis par Monsieur et Madame Tout-le-monde.

 

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