06/03/2018

Prévention du suicide - Un ouvrage très complet

Laurent Michaud et Charles Bonsack (dir.publ). Prévention du suicide. Chêne-Bourg/Genève : Médecine et Hygiène, 2017, 375 pages.

Sur un sujet de grande importance, près de 80 auteurs ont contribué à ce livre fourni, précis. Moitié de femmes et moitié d’hommes, attachés à des services du CHUV pour deux tiers d’entre eux. La plupart sont psychiatres-psychothérapeutes. Une trentaine sont d’autres disciplines.

Huit parties. La première présente le contexte global du suicide, la seconde le modèle de rencontre, évaluation et intervention utilisé. On différencie trois niveaux : la prévention universelle (visant toute la population), la prévention sélective (à l’endroit de groupes à risque) et la prévention dite indiquée (pour ceux à risque manifeste). Sont évoqués l’intervention scolaire, la coopération avec les médias, la prévention situationnelle (limitation de l’accès aux moyens - considération majeure de santé publique, qu’il s’agisse de médicaments , d’alcool ou d’endroits qui se prêtent au suicide - et bien sûr, si nous étions aux USA, il faudrait limiter drastiquement la disponibilité des armes à feu).

Les parties suivantes abordent chacune une problématique spécifique : Suicide et … périodes de la vie, … problèmes de santé, … dispositifs de soins. Puis on traite des possibles déterminants sociaux et politiques. Parmi les sujets moins « classiques » : suicide et … spiritualité, formation, incarcération, migration, LGBT, violence contre autrui, addiction, en périnatalité.

Chacun de ces chapitres (chacun « pièce d’un large puzzle ») s’organise selon la même structure : 1) vignette clinique ; 2) Que faut-il savoir (point sur les connaissances) ; 3) Comment rencontrer et évaluer ? (particularités de la situation clinique présentée) ; 4) Comment intervenir ? (ce qui est efficace ou l’est moins) ; 5) A quoi être attentif ? (notamment, erreurs à éviter) ; 6) le suivi/l’issue de l’histoire présentée.

Dans la préface (d’une Québécoise et d’un Lyonnais) : «Dans chaque cas, le lecteur est confronté  à une situation spécifique qui lui montre la prévention en mouvement, de l’impasse d’une souffrance insurmontable à l’ouverture  d’un chemin qui préserve la vie. » « Il nous est aisé de faire partager notre enthousiasme. Ouvrage homogène et plein de vie, avec une colonne vertébrale robuste."

A noter enfin que le dernier chapitre traite du suicide assisté. J’ai apprécié, en huit pages, une présentation basée sur l’expérience professionnelle et humaine de l’auteure, factuelle, non-jugeante, équilibrée quant aux enjeux éthiques et pratiques que pose cette problématique - qu’il n’est plus possible aujourd’hui d’ignorer, ni de vouer aux gémonies.

 

 

 

07/02/2018

L'argent a une odeur....Un géant pétrochimique aux activités discutables

24 heures s’est légitimement intéressé à plusieurs reprises à l’achat du Lausanne-Sport par INEOS, grand groupe chimique basé à Rolle. Chacun comprend l’intérêt, pour le club de la capitale vaudoise, de disposer de moyens lui permettant de faire bonne figure dans son sport.

Toutefois, contrairement au dicton, l’argent a une odeur. On doit attirer l’attention sur le fait qu'INEOS s’est attiré de vives critiques en Grande-Bretagne où il est très actif, par son engagement dans le fracking – processus qui, par des forages, envoie à haute pression dans la terre de l’eau, du sable et des produits chimiques pour collecter du gaz, source d’énergie. C’est un procédé hautement discutable, suscitant des craintes majeures au plan environnemental (susceptible même de favoriser des tremblements de terre). Un des vrais soucis y relatifs est que les moyens financiers ainsi investis, y compris et notamment dans l’Amérique de Trump, ne seront pas disponibles pour le développement d’énergies renouvelables, pourtant un enjeu  mondial dont tout le monde reconnaît (dit reconnaitre…) l’importance.

On reste perplexe (pour dire le moins !) de voir notre club de football devenir propriété d’une entreprise dont les activités sont contraires à la protection de l’environnement et à la promotion d’un futur durable.

 

 

23/01/2018

No Billag : Les incohérences des initiants

 

Une chose difficile à comprendre est que les milieux nationalistes s’engagent en faveur de cette initiative. Eux qui pourtant sont les chantres de la suissitude et de la diversité qui fait le génie de notre pays. Or, ce sont ces caractéristiques de la Suisse qui font qu’il faut éviter comme la peste de voir nos médias devenir dépendants de décisions prises, dans tels bureaux d’une métropole - alémanique ou étrangère, sur des bases de pur rendement financier. C’est ce qui arrivera si on supprime la redevance. On sait que le riche patriarche des nationalistes a pris des intérêts dans des journaux et qu’il a sa propre chaîne de télévision ; il dit défendre notre pays mais on peut craindre que ce qui l’intéresse soit une Suisse uniformisée selon ses convictions.

Des médias de service public sont indispensables si l’on entend continuer à profiter d’information et de documentaires, notamment, de la qualité de ce qui vaut aujourd’hui (que d’autres pays nous envient). Les initiants insistent sur la digitalisation rapide de la société - les gens suivent tout sur leur ordinateur. Mais ils négligent le fait que cette évolution laisse sur le bord de la route les personnes précarisées, moins instruites, qu’un affaiblissement majeur des médias de service public défavorisera encore plus...

Certaines réformes soient souhaitables mais vouloir les amener par « No Billag » est totalement disproportionné.