28/07/2014

Einstein et la marche du monde (I)

 

Lecture de vacances… Je me suis plongé dans un recueil d’Albert Einstein (1879-1955), découvreur des lois de la relativité, prix Nobel 1921 - et qui a eu la nationalité suisse de 1901 à sa mort (1). Il s’agit de textes écrits entre 1930 et 1935. Cinq chapitres : le premier intitulé « Comment je vois le monde », les suivants traitant de son pacifisme affirmé, de son engagement contre le national-socialisme (alors que beaucoup restaient timorés), de son attachement à la communauté juive. 

 

Illustrations de ce qu’Einstein se sentait citoyen du monde et était très soucieux de l’instauration d’une convivialité planétaire. Véritable « honnête homme ». Avec des notations qui restent très actuelles.

 

Vivre – Pratique, éthique

 

« Je n’ai jamais considéré le plaisir et le bonheur comme une fin en soi. En revanche des idéaux ont suscité mes efforts et m’ont permis de vivre. Ils s’appellent le bien, le beau, le vrai (…) Si je ne me m’obstine pas inlassablement à poursuivre cet idéal, pourtant inaccessible, la vie n’a aucun sens pour moi. »  "Chaque jour, mille fois, je ressens ma vie, corps et âme, intégralement tributaire du travail des vivants et des morts. Je voudrais donner autant que je reçois et je ne cesse de recevoir ».

 

«  La vertu républicaine correspond à mon idéal politique. Chaque vie incarne la dignité de la personne humaine, et aucun destin ne justifierait une quelconque exaltation de quiconque. Or, le hasard s’amuse de moi, car les hommes me témoignent une invraisemblable et excessive admiration ».

 

« Je me pose une très vieille question. Que dois-je faire quand l’Etat exige de moi un acte inadmissible, une attitude que ma conscience rejette ? Je suis totalement dépendant de la société où je vis, donc je devrais me soumettre ? …  Cette pensée dément violemment le sentiment inné de la justice. »

Le pacifiste – A propos de nationalisme, de politique, de droits des gens  

 « Je hais violemment l’héroïsme sur commande, la violence gratuite et le nationalisme débile. La guerre est la chose la plus méprisable »

 

« N’importe où, en quinze jours, une campagne de presse peut exciter une population incapable de jugement à un tel degré de folie que les hommes sont prêts à s’habiller en soldats pour tuer et se faire tuer ». Quatre-vingt ans plus tard, les effets potentiels des campagnes médiatiques d’un type ou de l’autre restent comparables, mutatis mutandis. A quoi s’ajoutent internet et la galaxie des réseaux sociaux, qui peuvent exciter une population dans le monde entier, et en quinze heures plutôt que quinze jours.

 

 « Les politiciens réactionnaires ont réussi, en agitant le spectre d’un danger extérieur, à sensibiliser l’opinion publique contre toutes les activités des intellectuels. Ils essaient maintenant d’interdire la liberté de l’enseignement. Que doit faire la minorité intellectuelle contre ce mal ? Je ne vois qu’une voie possible : celle de la désobéissance civile, celle de Gandhi ».

 

Des aphorismes. « L’effort d’unir sagesse et pouvoir aboutit rarement et seulement très brièvement ». « Pour être un membre irréprochable parmi une communauté de moutons, il faut être soi-même un mouton ».

 

11:09 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2)

05/06/2014

On peut vivre heureux sans l'avoir lu...

 

 

 

On peut vivre heureux sans avoir lu un livre qui vient de sortir, intitulé « Prendre soin – Un médecin engagé dans le monde », mais on peut aussi y trouver de l’intérêt ! L’auteur en est le rédacteur du présent blog (merci de ne pas prendre ombrage de ce que je le recommande). Il traite  de nombreux sujets: évolution actuelle de la médecine et de la santé publique (mon métier) bien sûr, mais aussi de problématiques éthiques et d’enjeux  actuels de société. Des préoccupations qui sont largement partagées.

 

En effet, des défis majeurs sont lancés au monde d’aujourd’hui. Quelles voies pour y répondre ? Que représente aujourd’hui « Prendre soin » : des autres, ce que fait la médecine ;  de la collectivité, ce que font la santé publique et la politique ;  de soi… Cet ouvrage apporte des éclairages basés sur mon expérience professionnelle (de médecin cantonal vaudois, auparavant outre-mer durant huit ans). J’ai été passionné par ma profession, à l’interface du système de santé, des institutions et de la société civile.

 

Récemment, j’ai pu m’intéresser particulièrement aux enjeux éthiques au sein de la Commission nationale suisse d’éthique. 

 

 

 

Huit chapitres :

 

  • Soignés et soignants

  • Une médecine et un système en évolution rapide

  • Ethique – Comment faire pour bien faire ?

  • La société change

  • Le monde dans lequel nous vivons

  • Etrange, étranger…. – Autres cultures et contextes

  • Prendre soin de soi et du monde

  • Découvertes, ailleurs

 

De la préface du Rédacteur en chef du Bulletin des médecins suisses :

 

« Jean Martin expose des points de vue originaux, avec une vraie capacité à mettre le doigt sur le pouls de notre temps ».

 

 

 

On peut vivre heureux sans le lire mais... si vous vous laissez tenter (Fr. 29.-), s’adresser à M. R. Bienz, aux Editions EMH :

 

r.bienz@schwabe.ch

 

 

 

 

 

 

 

23:44 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)

31/03/2014

Suicides dans l'armée US - Impressionnant, non?

Le 31 mai, un site américain que je suis (The National Memo) présente la photo d'un ancien pilote militaire (a fait les deux guerres d'Irak) qui plante un drapeau dans un cimetière, en hommage aux 1892 militaires US, anciens combattants (vétérans) ou actuellement enrôlés, qui se sont suicidés au cours de la dernière année.

On sait que le suicide est fréquent chez les soldats, mais ça fait vraiment beaucoup, chez des gens jeunes et en principe en bonne santé. Près de deux mille en un an... sur combien ? Quatre à cinq cents mille j'imagine.

16:42 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)