18/12/2012

Vœux "omni-compatibles"…

Trouvé sur le web

  

Veuillez agréer sans obligation aucune, inférée ou implicite, mes vœux les meilleurs pour des festivités éco-compatibles, socialement responsables, raisonnablement voire faiblement stressantes, modérées en matière d’addictions et neutres en termes de genre, à l’occasion des fêtes du solstice d’hiver dans l’hémisphère nord, selon les usages qui vous correspondent le mieux, qu’ils soient liés à des croyances religieuses et/ou à des pratiques séculières, dans le respect des croyances et/ou pratiques religieuses et/ou séculières d’autres personnes, ou de leur choix de récuser toute pratique religieuse et/ou séculière. Je vous souhaite également d’effectuer de façon financièrement réussie, personnellement satisfaisante et médicalement sans complication, le changement de millésime majoritairement admis, sans omettre le respect dû aux systèmes de calcul de millésimes et autres calendriers en usage dans d’autres cultures dont l’apport a notablement enrichi notre société, et indépendamment de l’origine, des convictions, de l’appartenance politique, de l’âge, de la confession, du choix de système informatique ou de l’orientation sexuelle de l’émetteur des vœux.

 

Décharge : En acceptant ces vœux vous en acceptez les termes. Ces vœux peuvent être amplifiés ou révoqués unilatéralement par l’émetteur. Ils sont transférables librement. Ils n’impliquent aucun engagement de l’émetteur de les mettre en œuvre pour lui/elle-même ou d’autres. Ils sont invalidés si contraires à la législation en vigueur. Ils sont garantis une année selon l’usage des vœux de changement de millésime généralement admis/ solstice d’hiver / « fêtes de fin d’année », ou jusqu’à émission des prochains vœux de même type.

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23/08/2012

Assistance au suicide - Un témoignage fort sur des enjeux complexes

 

 

 

Le canton de Zurich a connu en mai 2011 deux votations sur l’assistance au suicide et d’éventuels aménagements en rapport avec l’article 115 du Code pénal suisse (sauf motifs égoïstes, l’aide apportée à un suicidant n’est pas punissable). Les citoyens vaudois eux ont accepté le 17 juin dernier un article 27 d de la loi sur la santé publique commençant par « Les établissements sanitaires reconnus d’intérêt public ne peuvent refuser la tenue d’une assistance au suicide en leur sein, demandée par un patient, si les conditions suivantes sont remplies … » (la décision elle-même étant celle du patient capable de discernement gravement et incurablement malade).

 

La volonté de notre population de conserver pour chacun cette liberté de disposer de lui-même apparaît claire. Si le Conseil fédéral a jugé à deux reprises que le statu quo (art. 115 CPS sans autre ajout de niveau légal) pourrait bien être le moins mauvais système, le débat reste ouvert au plan sociétal et de l’éthique. J’estime très important que jamais les pouvoirs publics ne donnent l’impression qu’ils cautionnent le suicide, qui serait vu comme une option comme une autre. C’est le risque de dispositions supplémentaires de droit public (cela peut valoir pour la nouvelle norme vaudoise) qu’elles paraissent le légitimer. L’expérience m’a convaincu qu’il y a des choses que l’Etat et la loi ne savent pas faire adéquatement, en particulier s’agissant de questions fondamentalement privées - telles que le suicide. En cette matière, il ne peut y avoir d’attitude « optimale » valable pour chacun, ni de règle générale. Ainsi que la Commission nationale d’éthique

 

l’a relevé, chaque situation doit être considérée pour elle-même, dans ses différentes dimensions.  

Les histoires individuelles sont toutes différentes… Un témoignage vient d’être publié qui mérite de retenir l’attention (1): description d’un noyau familial (une mère très âgée et ses deux filles) aux prises avec la demande réitérée de la mère d’avoir recours à Exit. Avec des flashbacks sur les décennies antérieures, le récit porte surtout sur la période de six mois que la vieille dame passe en hôpital gériatrique après avoir dû quitter son domicile. L’auteure, une des filles, décrit par le détail les rapports de sa soeur et elle avec leur mère, marqués par beaucoup de paroles vives sur le fond d’une vie familiale qui a eu ses difficultés mais à laquelle les sœurs restent attachées par de nombreux bons souvenirs. Description aussi des contacts et discussions avec les médecins et équipes soignantes qui illustre comment, si bien sûr nous vivons dans un monde imparfait, il reste en général que chacun s’efforce de remplir son rôle correctement, en fonction des règles de la profession. Néanmoins, les moments de tension voire de colère sont nombreux, au milieu des hésitations et questionnements multiples.

 

Finalement, il est fait appel à Exit, un médecin de cette association voit la patiente et ses filles à plusieurs reprises, ainsi que le médecin hospitalier, et on s’achemine vers l‘aide au suicide. Après les turbulences et ambivalences autour de la demande de la vieille dame, le récit des sentiments des protagonistes durant cette dernière période est fort, prenant. A noter le soutien substantiel du pasteur de leur localité de domicile, qui les voit et est présent lors du suicide. Dans la postface, J. Voillat rend hommage aux professionnels de santé, confrontés à une situation inhabituelle et à la volonté opiniâtre de la patiente. « J’ai admiré qu’ils arrivent à dépasser leurs principes, leurs doutes, à accepter ce que ma mère voulait si fort, à l’entourer jusqu’à la fin de soins, de respect et peut-être d’affection ».

 

L’auteure, enseignante, a un talent certain d’écriture. C’est un témoignage qui éclaire la problématique de l’assistance au suicide et les enjeux qui y sont liés, pour la personne concernée et ses proches. Dans les termes d’une lectrice avisée : un livre « sur les doutes, les déchirements et finalement les certitudes dans ce qui apparaît comme un combat à couper le souffle (…) un récit qui, loin du plaidoyer, s’ouvre à toutes les lectures » (2).

 

Références: 

 

1. Jacqueline Voillat. Rencontre avec la nuit. Lausanne : Editions d’en bas, 2012, 148 p.

 

2. Recension du livre par S. Arsever. Le Temps (Genève), 12 juin 2012.

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03/07/2012

Maximes, choses de la vie …

 

Mettant de l’ordre, je suis tombé sur une fourre où je glissais des notes manuscrites ou coupures de journaux avec des formules, phrases, déclarations, qui m’ont frappé (je collectionne ainsi de longue date). Florilège pour sourire en vue de la pause estivale. 

 

L’Homme : Einstein : « Deux choses sont infinies : l’univers et la bêtise humaine. En ce qui concerne l’univers, je n’en ai pas acquis la certitude absolue ». Le poète et moraliste italien Giacomo Leopardi (début du 19e) : « Dommage que ce ne soit pas un péché que de boire de l’eau… comme elle aurait bon goût ». Anonymes : « Il se trouvera toujours des Esquimaux pour donner aux habitants du  Congo des conseils pour lutter contre les grandes chaleurs » ; « L’esprit est comme un parachute, il fonctionne seulement quand il est ouvert ».

 

La manière de mener sa vie : Le mystique et poète persan Roumi « Entre faire le mal et faire le bien, il y a tout un espace, je vous y rencontrerai ». Le Prix Nobel égyptien Naguib Mahfouz : « On peut dire si un homme est intelligent par ses réponses ; on peut dire si un homme est sage par ses questions ». A propos de question, Boris Vian : « La question ne se pose pas, il y a trop de vent ». Qui fait penser à Paul Valéry « Le vent se lève, il faut tenter de vivre ». Bertrand Russell : « Pourquoi répéter les erreurs passées, quand il y a en a tellement de nouvelles à commettre ». Ou : « Ne me donnez pas de conseils, je saurai bien me tromper tout seul ». Jane Fonda : « Il est beaucoup plus important d’être intéressé que d’être intéressant ». Qui me rappelle cette allusion à ceux qui croient qu’ils sont devenus sourds parce qu’il n’entendent plus parler d’eux. A propos de ressenti : «La bonne opportunité survient toujours au moment le moins opportun »

 

La vie en société : Montesquieu : « Il y a une infinité de choses où le moins mal est le meilleur » (un des enseignements de ma propre carrière – J.M.). Anonyme : « Personne ne vous écoute, jusqu'au moment où vous faites une erreur ». John F. Kennedy : « Pardonnez à vos ennemis mais n’oubliez jamais leurs noms « (cf. « Les Vaudois ne sont pas rancuniers mais ils ont la mémoire longue »). Mieux vaut la comédienne Arletty : « Je ne suis  pas complète, je ne connais pas la haine ». Stanislaw J. Lec « Il faudrait avoir des centaines d’yeux pour les fermer sur tout ».

 

Hector Bianciotti (académicien français d’origine argentine) : « C’est dans l’absence de limites qu’on se sent prisonnier ». Dans le même sens (de je ne sais qui) : « La liberté ne vaut que par les limites qu’on accepte de lui mettre ». Edgar Morin, très actuel « On chemine sans qu’il y ait de chemin », et pourtant (Dostoïevski et St-Exupéry) « Chacun est responsable de tout devant tous ». Et puis, d’un lion anonyme : « Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, l’histoire de la chasse glorifiera les chasseurs ».

Pas gentil : Puis-je, en toute amitié, citer deux méchancetés sur une autre profession libérale : « Quand voit-on qu’un avocat ment ? Quand ses lèvres bougent » (dans un film de Francis F. Coppola) ; « Les 99% des avocats donnent une mauvaise réputation à tous les  autres ». Dans la foulée, Staline : « Un diplomate sincère, c’est comme de l’eau sèche ou du bois métallique ». Churchill auprès de qui on soulignait la modestie de son adversaire et successeur Clement Attlee : « Oui, il y a beaucoup de choses à propos desquelles il peut être modeste ». Anonyme : « Les politiciens et les couches ont une chose en commun, ils doivent être changés régulièrement, et pour les mêmes raisons ». Groucho Marx : «  Le secret de la vie est l’honnêteté et le fair play, si vous savez les simuler vous avez gagné ! ». Un rien de biologie : « Support bacteria – they are the only culture some people have ». Et de statistique: “Souvenez-vous que la moitié des gens que vous rencontrez sont en dessous de la moyenne”.

 

Aimer, pardonner, vivre : Camus : « Il y a de la malchance à ne pas être aimé, il y a du malheur à ne pas aimer ». L’incomparable Woody Allen « L’amour non partagé est le seul qui dure ». Bossuet : « Le bonheur, qui n’est jamais et qui pourtant, un jour, n’est plus. Et Jules Renard : « Le bonheur serait de se souvenir du présent ». « La vie, un si petit mot pour un si long chemin » (la jeune poétesse belgo-suisse Laurence Vielle, entendue à Lausanne en janvier dernier). Vieillissant, être attentif à ne pas tomber dans « cette crainte de la mort qui transforme la vie en salle d’attente ».

 

Enfin, d’une chanson de Jacques Brel : « Voir la rivière gelée, vouloir être au printemps - Voir passer un croquant et tenter de l’aimer - Voir une barricade et la vouloir défendre – Voir l’ennemi de toujours et fermer sa mémoire - Voir que l’on va vieillir et vouloir commencer ».

 

Tout cela ne montre-t-il pas que « les mots n’ont pas dit leur dernier mot » (Jacques Audiberti) ?

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