02/07/2018

Le Conseiller fédéral Cassis

Ignazio Cassis est un confrère et ami de longue date, j’ai apprécié son action de médecin cantonal du Tessin, j’ai salué le fait qu’il accède au Conseil fédéral. Il a fait récemment des déclarations surprenantes.

D’abord, il y eu ses paroles sur le Proche-Orient et ses centaines de milliers de réfugiés. Pourtant, la situation matérielle, psycho-sociale, familiale, de travail, de ces personnes  est un problème majeur depuis plus d‘un demi-siècle ; on ne saurait régler le problème par des phrases simplistes. Ensuite, il a donné des coups de gomme à un rapport au Conseil fédéral sur le développement durable et la transition énergétique. Supprimer le mot solidaire de l’expression « une Suisse fiable et solidaire » est préoccupant, et pas dans la tradition de notre pays. De plus, je ne serais pas le seul à être atterré s'il donnait, sur le dossier climatique, dans des affirmations du style négationniste de l’Administration US. Il est impératif d'appliquer une nouvelle stratégie énergétique qui s'éloigne à grande vitesse des énergies fossiles.

Ceux qui sont engagés dans la coopération craignent que des considérations strictement économiques, celles du SECO, prennent de plus en plus d’importance et qu’on porte un regard indûment critique sur des programmes d’éducation, de formation ou sociaux qui n’ont pas de retombées directes favorables à la Suisse. Pourtant, avant son élection, Ignazio Cassis présidait Fairmed, une fondation qui avait pour vocation l’aide aux lépreux (un domaine où l’objectif ne pouvait guère être la rentabilité économique).

J’imagine aussi qu'il fait partie de la majorité du Conseil qui a décidé d’affaiblir les conditions strictes mises à la vente d’armes à l’étranger – alors que le Proche-Orient est à feu et à sang et que des factions armées sévissent ailleurs.

Où est passé le médecin de santé publique et remarquable polyglotte avec une vision mondialiste ? Mais je sais qu’un mandat de Ministre des affaires étrangères est une charge extrêmement lourde, qu’il faut apprendre le métier.

 

 

23/01/2018

No Billag : Les incohérences des initiants

 

Une chose difficile à comprendre est que les milieux nationalistes s’engagent en faveur de cette initiative. Eux qui pourtant sont les chantres de la suissitude et de la diversité qui fait le génie de notre pays. Or, ce sont ces caractéristiques de la Suisse qui font qu’il faut éviter comme la peste de voir nos médias devenir dépendants de décisions prises, dans tels bureaux d’une métropole - alémanique ou étrangère, sur des bases de pur rendement financier. C’est ce qui arrivera si on supprime la redevance. On sait que le riche patriarche des nationalistes a pris des intérêts dans des journaux et qu’il a sa propre chaîne de télévision ; il dit défendre notre pays mais on peut craindre que ce qui l’intéresse soit une Suisse uniformisée selon ses convictions.

Des médias de service public sont indispensables si l’on entend continuer à profiter d’information et de documentaires, notamment, de la qualité de ce qui vaut aujourd’hui (que d’autres pays nous envient). Les initiants insistent sur la digitalisation rapide de la société - les gens suivent tout sur leur ordinateur. Mais ils négligent le fait que cette évolution laisse sur le bord de la route les personnes précarisées, moins instruites, qu’un affaiblissement majeur des médias de service public défavorisera encore plus...

Certaines réformes soient souhaitables mais vouloir les amener par « No Billag » est totalement disproportionné.

 

05/10/2017

Le Prix Nobel Jacques Dubochet, un « Grand-parent pour le climat » militant

 

Notre canton et notre pays se sont réjouis hier de ce que le Vaudois pur jus qu'est Jacques D. reçoive le Prix Nobel. Il s’est acquis ce mérite suprême pour son activité scientifique mais, comme cela a été relevé, c’est aussi un citoyen engagé dans sa commune, en toute simplicité (ses amis morgiens rappelaient qu’il a été homme sandwich lors de campagnes électorales - il faut le faire). Amoureux de la nature, il est aussi très préoccupé par les défis environnementaux.

Dans ce registre, intéressant de savoir qu’il est un militant  actif, avec son épouse Christine, de la lutte contre le dérèglement climatique, problème planétaire majeur - un des plus graves. En particulier au sein du mouvement des "Grands-parents pour le climat” - voir le site de l’association www.gpclimat.ch. Entre autres, le couple Dubochet était  présent à la COP 21 de Paris il y a deux ans, défilant en portant haut la bannière des GPclimat…

Bien encourageant pour ceux qui se préoccupent de la qualité de vie de nos enfants et petits-enfants - en voulant qu’ils aient un monde encore « vivable » - de bénéficier de soutiens engagés de ce niveau !

Extraits d’une lettre d’hier de la co-présidente des « Grands-parents » :

Cher Jacques,

Je me fais la porte-parole des membres de l’association en t’adressant nos plus vives félicitations à l’occasion du prix Nobel de chimie que tu viens de recevoir. En écrivant, j’entends ta conférence de presse, tissée de félicitations adressées à d’autres, de reconnaissance envers l’université et d’humour (j’ai contribué à “inventer l’eau froide” !).

Les GPclimat n’y sont évidemment pas pour grand-chose, mais ils sont extraordinairement fiers de te compter parmi eux. De telles récompenses font encore plus plaisir quand elles sont attribuées à des savants modestes, généreux et amusants.

Je suis certaine que tu ne nous oublieras pas. Amicales pensées de nous tous et RESPECT.