21/10/2019

Ces jeunes qui sont l’espoir

Les « babyboomers » parmi nous (nés au sortir de la guerre 1939-45) ont passablement travaillé. Mais ils réalisent à quel point ils ont été chanceux : il y a un demi-siècle, il était aisé de trouver un emploi, l’économie marchait. L’orientation de l’Histoire paraissait claire : le progrès - au sens que lui a donné la Révolution industrielle - avait des jours glorieux devant lui.

Ces dernières années, changement de décor. Avec des débats indispensables sur ce que progrès veut dire. Pas besoin d’être un adorateur de la nature pour refuser que l’érosion de la biodiversité continue à un rythme - à proprement parler – infernal.  A part dans des pays menés par des égocentriques désorientés, « bigger is better » n’est plus le premier commandement.  J’ai été frappé par un interview d’André Hoffmann : personne très fortunée grâce aux millions de l’entreprise quasi-familiale Roche ; sensible à la nature, son père Luc était co-fondateur du WWF, mais aussi libéral assumé au plan économique. Disant : « Le capitalisme ne survivra que s’il est capable de changer ». Dans le sens des questions que posent aujourd’hui les jeunes : « Pour quoi faites-vous de l’argent et comment ? » Et surtout : « Quel impact social est-ce que je peux avoir en travaillant pour vous ? »

Pour qui veut bien écouter la science plutôt que les « marchands de doute », il est clair que la capacité de charge de la planète est dépassée de beaucoup (nous avons épuisé au 1er août les ressources qui auraient dû nous mener jusqu’à la fin de l’année). Mais il faut compter avec les fausses nouvelles des négationnistes de tout poil.

Sur la RTS, Temps présent du 5 septembre sur les jeunes et le climat. Plaidoyer d’un jeune Fribourgeois : « La planète n’a plus d’énergie, elle est en burnout… et il n’y a pas de clinique psychiatrique pour les planètes ». Formidable, cet engagement de centaines de milliers de jeunes, ainsi à l’occasion du Sommet de l’ONU sur ce thème, le 23 septembre à New York.

Il est impératif d’agir mais des résultats suffisants (pour ne pas dépasser 1,5 degré de réchauffement) sont très loin d’être acquis. Devant la lenteur de l’action, que deviendra la motivation de ceux qui nous suivent ? Le risque, c’est la glissade vers la radicalisation violente… ou l’àquoibonisme, le « puisque tout est fichu, mangeons et buvons »… Le prochain Parlement portera là une responsabilité historique.

 

 

05/02/2019

Climat - Les marcheurs et les enjeux

Les mobilisations qui essaiment en Suisse et en Europe « frappent les observateurs par leur ampleur, leur jeunesse et leur ton radical » (voir par ex. « Les lanceurs d’alerte du climat », de Céline Zünd, Le Temps du 2 février). Une nouvelle preuve : samedi 2 février ont eu lieu des KlimaDemo/Manif pour le climat/, Manif per il clima dans quatorze villes de Suisse. En tout quelque 40'000 participants - vraiment pas mal !).

A Lausanne, ce sont plus de 10'000 personnes qui ont défilé, dans le calme et la bonne humeur. Avec des centaines de pancartes, bannières etc.  Des appels à la préservation de la nature, à la contestation et surtout à l’action – dans le sens d’un changement de modèle. De nombreuses expressions déplorant que les politiques dorment (soit la stricte réalité en ce qui concerne la droite parlementaire fédérale).

Parmi ces phrases lancées au public : « les dinosaures aussi pensaient qu’on avait le temps », « il n’y a pas de planète B », « la planète, tu la préfères bleue ou cuite ? ». Plus poétique : « faites fondre vos cœurs, pas la banquise ». Dans le même sens, plus politique : « Sauver la banquise plutôt que les banques ». Et le programme d’action le plus clair « Changer le système, pas le climat ». Dans la foule, des politiques d’importance, actuels et anciens, notre (heureusement toujours présent) Prix Nobel Jacques Dubochet. Aussi le chanteur Henri Dès avec fille et petite-fille.

Il y avait donc des notables, mais il faut admettre et souligner qu’on est là face à un vrai mouvement de base. La diversité des âges, des tenues et looks en témoigne et c’est la masse de la jeunesse qui impressionne, sa motivation. Un défi est de leur apporter le soutien pratique, peut-être le coaching et les compétences « techniques », qui permettront à la jeune génération d’imposer sa voix et sa place comme un acteur majeur sur la scène sociétale et politique.

 

27/01/2019

On est encore en début d’année – Des "miettes"...

 

De longue date, je collectionne citations et formules, au gré de choses lues, vues, entendues. Elles passent dans une fourre ad hoc. Je me suis replongé il y a peu dans cet épais « dossier » à l’ancienne.

Vivre, agir, aimer

« Il ne faut pas vouloir être au-dessus des choses, il faut être dedans (Charles-Ferdinand Ramuz)

« Sans les rochers, on sait bien que les vagues ne monteraient jamais aussi haut » (Roger Nimier)

 « ‘Penser suisse’, expression suspecte. On ne pense ni suisse ni samoyède: on pense tout court ou on ne pense pas » (André Bonnard)

« Sur quelque préférence une estime se fonde, et c’est n’estimer rien qu’estimer tout le monde » (Molière)

« Les gens ont l’impression que je vois toujours le bien dans les gens. C’est une critique que je prends en compte mais je pense que c’est une faiblesse profitable » (Nelson Mandela)

 « Je ne suis pas complète, je ne connais pas la haine » (la comédienne Arletty)

Notre monde aujourd’hui

Sur un mode désabusé, l’inévitable Woody Allen : « L’humanité est à un croisement : un chemin mène au désespoir, l’autre à l’extinction. Espérons que nous aurons la sagesse de savoir choisir. »

« La preuve du pire, c’est la foule » (Sénèque)

« L’homme est un risque à courir » (Kofi Annan)

« La Terre, jadis notre mère, est devenue notre fille » - à savoir, vulnérable (Michel Serres)

En rapport avec les préoccupations de durabilité de la vie sur Terre : « Pour éviter une ère de la colère, il faut que les bienfaits de la mondialisation soient partagés par tous et non plus par quelques-uns » (Christine Lagarde, directrice du FMI, décembre 2018).

« Les primevères et les paysages ont un défaut grave, ils sont gratuits » (Aldous Huxley)

« Notre seule certitude aujourd’hui, c’est que nous ne pouvons en avoir aucune. Pourtant il est de notre responsabilité d’avertir nos descendants » (Henning  Mankell)

Au soir de la vie

« Il est difficile d’être plus détaché de la vie que je ne suis à présent » a dit le philosophe écossais du 18e siècle David Hume. Quant à moi (J.M.), je m’approche de cette sérénité mais ne suis pas encore pressé. Toutefois :

« Tout alpiniste fait un jour sa dernière ascension. Rare est celui qui le sait. Certains, un jour, posent leur sac au garage, persuadés de le refaire très vite. Puis il pleut. Puis il y a la vraie vie. Et ils n’iront plus jamais là-haut » (du livre d’un montagnard). J’ai des pensées de ce registre, par exemple à la Gare de Lausanne (!) où je suis arrivé, puis en suis reparti, des milliers de fois depuis quelque 70 ans : une fois ce sera la dernière (mais je ne le saurai probablement pas).

« C’est à cause que tout doit finir que tout est si beau » (C.-F. Ramuz)

Et encore

 « Donner plus d’espace à l’accessoire »

Et du religieux Michel Quoist : « Si la note disait : ce n’est pas une note qui fait une musique, il n’y aurait pas de symphonie - Si le mot disait : ce n’est pas un mot qui peut faire une page, il n’y aurait pas de livre - Si la pierre disait : ce n’est pas une pierre qui peut monter un mur, il n’y aurait pas de maison. »  A rapprocher du colibri de Pierre Rabhi, qui apporte sa goutte d’eau pour combattre un grand incendie. Nous pouvons tou-te-s faire quelque chose, notre part.