01/08/2011

Fête nationale

On m'a demandé une allocution pour la manifestaton de ce soir dans mon village. Une partie des propos que cela a suscités:

D’abord, j'aimerais fair eréférence à la grande manifestation Gymnaestrada qui s’est déroulée début juillet, avec 20'000 gymnastes. Formidable de rencontrer dans les rues de Lausanne ces groupes colorés de sportifs de pays multiples et divers ainsi que, à Beaulieu, Malley et ailleurs, de voir de belles démonstrations. Une impression forte qu’on en tirait est qu’il n’est pas besoin qu’il y ait des médailles à la clé pour que le sport soit attrayant. Il n’y avait pas de classement à Gymnaestrada, pas de champion et pas d’éliminé ; les gymnastes ne gagnaient rien, mais leur engagement et la qualité de ce qu’ils présentaient étaient remarquables.. Occasion à mon sens de réfléchir à notre fréquente obsession pour la compétition, le matériel et le lucratif.

 

Parmi les valeurs promues par Gymnaestrada, il y avait « Ouverture aux autres cultures », « Convivialité » et « Transparence et respect ». Beau programme à transmettre résolument à tous les niveaux, y compris à nos enfants. De manière à nous convaincre qu’il n’y a pas lieu d’avoir peur de l’autre, du différent - ou pire de le rejeter. Observant le monde autour de nous, on voit que cette tâche n’est jamais accomplie, c’est un travail de tous les jours ! L’actualité oblige à évoquer cette tuerie en Norvège il y a dix jours, où on voit une personne de souche, qui se dit défenseur de « valeurs chrétiennes », abattre des dizaines de jeunes concitoyens, soi-disant pour lutter contre l’invasion étrangère. Pourtant, nous considérons souvent les pays nordiques comme de vrais cousins, attachés aux droits des gens, imprégnés d’une culture civique profonde. D’où le choc particulier ressenti ici… parce que cela pourrait se produire chez nous aussi.

 

Quelques mots maintenant à propos d’Erhard Lorétan, le fameux alpiniste mort en montagne en avril dernier. Benoît Aymon, le journaliste de « Passe-moi les jumelles » qui était son ami, soulignait son humilité et sa lucidité. Il dit aussi qu’Erhard Lorétan incarnait la formule « A chacun son Everest ». Belle formule en effet, chacune et chacun d’entre nous, à sa manière, nous cherchons à atteindre un sommet.

 

De plus, Erhard Lorétan citait un proverbe tibétain qui dit « Quand tu arrives au sommet, continue ton ascension ». Bien intéressante recommandation : quand on a atteint le but, poursuivre ! Je souligne que cela n’est pas dit dans un esprit obsessionnel de compétition mais bien dans un sens de croissance personnelle, chacun là où nous sommes – et en rien contre les autres. Employons-nous donc à atteindre notre Everest, différent pour chacun, ce qui illustrera que nous avons réussi quelque chose ; et, étant parvenu à ce but, que chacun continue à œuvrer positivement, vis-à-vis de lui ou d’elle-même, des autres proches ou lointains et de la société dans laquelle nous vivons.

 

17:26 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

15/11/2009

Avez-vous vu comment la Suisse est devenue Championne du monde ?

 

Ma-gni-fi-que ! Quelle remarquable série de réussites que celle de l’équipe suisse de football des moins de 17 ans, ces dernières semaines au Nigéria. Quelle belle jouerie, quel esprit d’équipe solidaire, quelle force morale -  notamment dimanche soir contre les tenants du titre jouant à domicile.

 

Tous nos compatriotes, toutes régions, langues, âges et partis politiques confondus, se réjouissent de ce succès. Cela étant,  n’est-il pas intéressant de prendre note du fait, selon les commentateurs spécialisés, la majorité de ces « rougets » dont des secondos, des jeunes gens dont les parents ou grands-parents ont immigré chez nous (on pense à cette occasion à l‘équipe de France rouge-blanc-beur qui a été championne du monde chez les seniors).

 

Ces jeunes sportifs d’élite vont recevoir un  accueil triomphal à leur retour au pays. A combien juste titre. Cela étant, est-il inapproprié de relever que nous avons bien de la chance que ces familles venues de l’étranger se soient aussi bien intégrées et que leurs rejetons portent haut les couleurs suisses au plan international ?

 

Encore un mot, d’actualité : plusieurs de ces champions sont de religion musulmane. Petite question  à 100 francs : que pourront-ils bien penser si, après avoir été fêtés, portés aux nues, l’électeur leur infligeait la gifle d’une décision à l’emporte-pièce inscrivant dans la Constitution fédérale l’interdiction de construire des minarets ? Y trouveront-ils une nouvelle marque de la reconnaissance du pays pour leur succès ?

 

Et dans la foulée : Quid des combats retardateurs des milieux dits nationalistes s’opposant à faciliter la naturalisation des jeunes immigrés(qui n’en sont plus !) de deuxième et troisième génération ?

23:35 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (4)

09/09/2009

S’il y a un point fort des Suisses, c’est le multilinguisme

J’avais été attristé par le papier de Fathi Derder sur l’apprentissage des langues et ai apprécié qu’Anna Lietti en prenne un contrepied, auquel le premier répond (24 Heures du 7 septembre). J’étais un fan de M. Derder quand il animait un débat radiophonique mais ne suis pas convaincu par son changement de manière consistant, dirait-on dans ce canton, à faire vinaigre. Il importe que chaque société ait ses fous du roi mais je les crois plus efficaces s’ils montrent de la mesure, une certaine finesse d’analyse.

 

S’agissant des langues, voyager (et pour moi le fait d’avoir vécu huit ans hors d’Europe) montre comment nos compatriotes sont couramment tri- ou quadrilingues - compliment particulier ici aux Tessinois et Grisons. Et c’est un avantage insigne. J’ai trois petits-enfants qui grandissent près de New York ; au risque de me rendre désagréable, j’insiste auprès de leurs parents sur le fait que, même si l’anglais est la lingua franca actuelle, c’est leur donner une chance formidable de faire en sorte que, naturellement, sans même avoir à bûcher scolairement, ils possèdent plus d’une langue. Et l’expérience démontre que les craintes que, ce faisant, ils n’en maîtrisent vraiment aucune sont très surfaites. Parents de couples bilingues, parlez chacun votre langue, ne vous laissez pas aller à la « facilité » d’une vie familiale monolingue, vos enfants vous en seront reconnaissants. Et cela vaut, avec les adaptations adéquates, pour ce qui concerne l’école. Ou bien veut-on, par ces temps déjà difficiles, affaiblir une compétence combien précieuse de beaucoup de Suisses ?

19:55 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (2)