17/11/2018

LA SOLIDARITE EST-ELLE UN DELIT ?

 

 

Le City-Pully et le le cinéma Royal, de Ste-Croix, ont  projeté ces jours le documentaire « Libre » relatant l’action du paysan Cédric Herrou près de Nice, condamné pour avoir secouru des personnes ayant illégalement passé la frontière franco-italienne. Hasard du calendrier ? le même jour se tenait à Gap le procès des 7 de Briançon. Ces histoires rappellent aussi le maire d’un village de Calabre, destitué et interdit de rentrer chez lui, pour avoir fait revivre sa localité moribonde en accueillant des réfugiés.

 Je reprends ici un commentaire qui m'est transmis (merci) par mon confrère le Dr Paul Schneider: Le spectateur est au milieu de l’action, le film a été tourné sur le vif, avec des vues prises en cachette, aucune scène n’a été reconstituée. Même, ou à cause de ces défauts techniques, l’intensité dramatique est accentuée, nous sommes pris à partie ; les questions en voix off à Cédric Herrou, c’est comme si nous-mêmes les posions.

Cédric Herrou est libre, il n’a de comptes à rendre à personne, même pas à l’Etat qui interdit ce qu’il fait, mais qui est bien incapable de dire ce qu’il aurait dû faire dans cette situation dramatique où il se trouvait seul. Il suit sa conscience.

Question: « Vous, seriez-vous capables de transgresser notre Loi sur les Etrangers ? » Car, en rapport avec son article 116, nous trouvons illégitime que les aidants solidaires soient punis comme des passeurs qui tirent profit du malheur des autres. Ce qui explique les nombreuses manifestations récentes de soutien au pasteur Norbert Valley condamné récemment pour avoir assisté un sans-papiers.

09/10/2018

La Suisse n’a pas ratifié la Convention contre le tabagisme – Simplement inadmissible

Difficile pour les milieux qui se préoccupent de santé d’accepter que notre pays ne veuille pas reconnaitre le danger majeur qu’est le tabac (10’000 morts par an en Suisse). Mes confrères anglo-saxons parlent de cette industrie comme d’une « marchande de maladies ». La majorité du Parlement fédéral ne veut rien savoir de l’histoire des prises d’influence et manœuvres de Big Tobacco (savoir, l’industrie mondiale du tabac dont des membres importants ont leur siège chez nous), depuis des décennies : désinformation, dénégations indignées, manœuvres dilatoires pour éviter l’instauration de limites à la vente ou la publicité – alors que de telles limites font baisser la consommation. Non contente de manipuler les chiffres attestant de la nocivité du produit, on peut dire qu’elle tente de manipuler les consciences, celles des cibles de leurs lobbyistes.

24 heures a évoqué récemment à juste titre l’émission « Temps présent » de la RTS du 6 septembre, intitulée « Attention, ce Parlement peut nuire à votre santé », sur les liens très discutables (le mot est très faible) de dizaines de politiciens inféodés à cette industrie. Y compris dans le cadre d’un groupe dit « pour une prévention raisonnable », qui en réalité freine des quatre fers pour éviter toute prévention.

Le Conseil national vient de refuser à quelques voix près une mesure (minimale) visant à limiter la publicité auprès des jeunes. Je connais passablement de parlementaires bourgeois mais n’arrive guère à réconcilier notre amitié avec leur opposition à la protection de la santé.

 

 

 

09/09/2017

Conseil fédéral - Inepte de vouloir interdire la double nationalité

Utile de proscrire la double nationalité chez les candidats au Conseil fédéral ? Toujours à la recherche d’occasions d’être « plus suisse que suisse », certains brandissent les risques qu’une telle situation ferait courir au pays.

Ecarter un Suisse sur cinq d’une possible candidature à notre gouvernement, le moins qu’on puisse dire est que cela fait beaucoup de monde ! Pas communautaires mais en plein centre de l’Europe, les Suisses ne vont pas changer leurs pratiques d’ouverture aux autres, y compris en termes de mobilité et par tant de mariages mixtes (s’agissant de passeports). Pointer du doigt les quelques dizaines de citoyens qui une fois seront candidats au Conseil fédéral est inepte.

L’enjeu en effet est celui-ci : est-ce que, une fois en fonction, un ex-double national agira différemment que s’il avait gardé les deux passeports que, par origine ou lien ultérieur, il détient ? Comment les nationalistes imaginent-ils éradiquer de son cerveau le fait qu’il a - aussi, avant - été citoyen d’un autre pays ?

De plus, cette interdiction ne changerait strictement rien : je ne suis pas un spécialiste des services secrets mais qui croit sérieusement qu’un pays étranger cherchera à faire chanter un conseiller fédéral au nom de son autre passeport ?!  Laissons-donc, cas échéant, les personnes concernées décider spontanément (chacune pour soi, si elle le sent ainsi). Mais l’interdiction, c’est aujourd’hui du registre théâtral…