09/10/2018

La Suisse n’a pas ratifié la Convention contre le tabagisme – Simplement inadmissible

Difficile pour les milieux qui se préoccupent de santé d’accepter que notre pays ne veuille pas reconnaitre le danger majeur qu’est le tabac (10’000 morts par an en Suisse). Mes confrères anglo-saxons parlent de cette industrie comme d’une « marchande de maladies ». La majorité du Parlement fédéral ne veut rien savoir de l’histoire des prises d’influence et manœuvres de Big Tobacco (savoir, l’industrie mondiale du tabac dont des membres importants ont leur siège chez nous), depuis des décennies : désinformation, dénégations indignées, manœuvres dilatoires pour éviter l’instauration de limites à la vente ou la publicité – alors que de telles limites font baisser la consommation. Non contente de manipuler les chiffres attestant de la nocivité du produit, on peut dire qu’elle tente de manipuler les consciences, celles des cibles de leurs lobbyistes.

24 heures a évoqué récemment à juste titre l’émission « Temps présent » de la RTS du 6 septembre, intitulée « Attention, ce Parlement peut nuire à votre santé », sur les liens très discutables (le mot est très faible) de dizaines de politiciens inféodés à cette industrie. Y compris dans le cadre d’un groupe dit « pour une prévention raisonnable », qui en réalité freine des quatre fers pour éviter toute prévention.

Le Conseil national vient de refuser à quelques voix près une mesure (minimale) visant à limiter la publicité auprès des jeunes. Je connais passablement de parlementaires bourgeois mais n’arrive guère à réconcilier notre amitié avec leur opposition à la protection de la santé.

 

 

 

09/09/2017

Conseil fédéral - Inepte de vouloir interdire la double nationalité

Utile de proscrire la double nationalité chez les candidats au Conseil fédéral ? Toujours à la recherche d’occasions d’être « plus suisse que suisse », certains brandissent les risques qu’une telle situation ferait courir au pays.

Ecarter un Suisse sur cinq d’une possible candidature à notre gouvernement, le moins qu’on puisse dire est que cela fait beaucoup de monde ! Pas communautaires mais en plein centre de l’Europe, les Suisses ne vont pas changer leurs pratiques d’ouverture aux autres, y compris en termes de mobilité et par tant de mariages mixtes (s’agissant de passeports). Pointer du doigt les quelques dizaines de citoyens qui une fois seront candidats au Conseil fédéral est inepte.

L’enjeu en effet est celui-ci : est-ce que, une fois en fonction, un ex-double national agira différemment que s’il avait gardé les deux passeports que, par origine ou lien ultérieur, il détient ? Comment les nationalistes imaginent-ils éradiquer de son cerveau le fait qu’il a - aussi, avant - été citoyen d’un autre pays ?

De plus, cette interdiction ne changerait strictement rien : je ne suis pas un spécialiste des services secrets mais qui croit sérieusement qu’un pays étranger cherchera à faire chanter un conseiller fédéral au nom de son autre passeport ?!  Laissons-donc, cas échéant, les personnes concernées décider spontanément (chacune pour soi, si elle le sent ainsi). Mais l’interdiction, c’est aujourd’hui du registre théâtral…

15/07/2017

Être sérieux, s.v.p. - Ce siège au Conseil fédéral devrait aller au Tessin

 

Nous sommes tous d’accord, la première condition pour être élu à un poste important est d’être compétent. Pas question, parce que tel groupe d’intérêt ou telle partie du pays n’a pas eu de représentant au Conseil fédéral depuis longtemps, de nommer n’importe qui.

Cela étant, le Tessin dispose aujourd’hui d’une personne dont les qualités et l’expérience sont telles qu’il est, de l’avis général, un très bon candidat – y compris pour avoir travaillé longuement dans les trois parties du pays et maîtriser remarquablement les langues nationales. Dans ces conditions,  je suis mal à l’aise - et ne suis pas le seul - devant les « frémissements » et bruits présentant une demi-douzaine de PLR romands qui pourraient se porter candidats.  Oui, cela augmenterait le suspense d’une nuit des longs couteaux… mais veut-on ici jouer ? Je souhaiterais que les responsables concernés se montrent fairplay et réalistes, au sens de la diversité fondamentale de ce pays. Il y a un candidat tessinois certainement aussi bon que les autres papables, ne devrait-on pas attendre de la Suisse romande, qui parle si souvent de respect des minorités, qu’elle se rallie à la légitimité pour les italophones, après tant d’années, de réintégrer le Conseil fédéral. Verrons-nous un tel geste élégant et civiquement suisse ?