15/06/2022

"Votre futur sera mon présent", disent-ils - Jeunesse et climat

La question climatique est un thème quotidien. Il y a là un besoin majeur d'interactions entre toutes les « parties prenantes » dans la société - comme le souligne Klaus Schwab, patron du WEF de Davos, assumant des discours qui se distancient fortement d’un néolibéralisme prédateur.

Les jeunes, ceux en formation comme ceux qui semblent "démissionner", ne vont pas trop bien… Après avoir manifesté leur malaise et leur volonté de faire différemment lors des grandes Marches pour le climat, ils ont été très bousculés par le covid; les consultations de santé mentale ne désemplissent pas.

Sous le titre "Votre futur sera mon présent", il y a eu le 9 juin à l'UNIL des échanges substantiels lors d’un symposium centré sur l’adolescence. Le jour précédent, à l’uni aussi, on a pu voir le film récent « Animal » et assister à un débat passionnant avec Cyril Dion, réalisateur du film, et deux doctorantes travaillant sur l'éco-anxiété et les manières dont la jeunesse réagit à ces défis. De la salle, cri du cœur d’une jeune femme disant sa peine à retrouver "des choses qu'on m'a volées" (dont des années de liberté volées par le covid).

Cyril Dion, a connu le burnout mais échappe au pessimisme par l'hyperactivité. Il a souligné l'importance de récits motivants, inspirants, sur le mode de vie nouveau à trouver impérativement - le philosophe Bruno Latour parle de « l'obligation de rabouter le monde dont on vit avec le monde où l'on vit".

Développement significatif, il y a maintenant à Dorigny un Centre de compétences en durabilité qui a comme objectif d’oeuvrer en sorte qu’aucun-e étudiant-e ne sorte de l’UNIL sans un bagage adéquat sur la durabilité.

 

23/05/2022

Lucidité quant aux enjeux stratégiques, s.v.p.

 

"Quand un Parlement parle, il fait son travail, c’est entendu"… phrase entendue, désabusée parfois, dans des instances délibératives. Toutefois, s.v.p., choisir ses objectifs, parer au plus urgent. "First things first". Au Forum de la Radio romande mercredi soir 18 mai, débat sur une initiative parlementaire visant à retirer le mot Dieu du préambule de la Constitution fédérale. L'intervenant favorable, conseiller national vert, expliquant combien il est important à ses yeux d'opérer cette "excision" (si je peux utiliser ce vocable de mon métier).

Engagé dans le mouvement pro-climat, je me suis demandé… à quoi on jouait. Un enfant de six ans, si j'ose dire, saurait que dite initiative n'a pas l'ombre d'une chance de réunir (pour quelque temps encore) la majorité du peuple et des cantons (à la rigueur, on peut imaginer un ou deux cantons romands acceptants). Et les débats échauffés y relatifs vont gaspiller de précieuses énergies tout en suscitant leur lot de de frustrations. N’y a-t-il pas lieu, pour les écologistes et d'autres, et en urgence, de consacrer l’essentiel des forces et talents stratégico-tactiques à des enjeux d'importance pratique formidable : proposer, promouvoir et si possible faire passer des mesures fortes susceptibles de freiner le dérèglement climatique et les désastres associés.

 Un mot encore : l'initiative veut aussi remplacer le mot Création par celui d'environnement. Quant à moi, Création convient fort bien dans un tel texte fondateur.

12/05/2022

Rencontre Climat au Palais fédéral - Une première à renouveler

Le 2 mai, les président.e.s des deux Chambres invitaient leurs collègues à une première, un dialogue entre politiques et scientifiques. Dans une optique de « formation continue » des parlementaires à des problématiques urgentes, liées au dérèglement climatique et à la biodiversité. Passons sur la vision attristante d’une moitié quasiment vide de l'hémicycle, mais respect pour la dizaine d’élus de droite qui, à la différence de leurs collègues, ont estimé pouvoir améliorer encore leurs connaissances.

Même si elle n'est qu’un demi-succès, cette rencontre formelle, au Parlement même, entre politiques et scientifiques est une nouveauté significative et nécessaire. Les élus doivent bien sûr s'intéresser à tout dans la collectivité... mais, ils n'ont pas plus envie que tout un chacun d'entendre de mauvaises nouvelles. Or, en matière de climat, elles ne manquent pas, ni ne manqueront de s’aggraver si nous ne réagissons pas fort et vite.

Certains élus auront tendance à dire « chacun son métier : aux scientifiques de chercher, à nous de débattre et décider ». Malheureusement, un problème est que nous ne croyons pas ce que nous savons ! C’est plus que préoccupant : comment agir juste si on n’admet pas les faits ! Pour s’entendre sur une vision objective, des occasions périodiques de contact direct entre élus et celles et ceux qui étudient la réalité de notre milieu physique (climat) et biologique (biodiversité) seraient précieuses. On veut croire que tous nos élus le comprendront et le demanderont. Le temps presse, personne ne peut plus prendre ces enjeux à la légère.