15/09/2018

Climat –Aller au-delà du « green washing », vite !

 

Un courrier de la co-présidente de l'association "Grands-parents pour le climat :

 

24 heures du jeudi 6 septembre publie deux courriers delecteurs particulièrement pertinents, à propos de notre cécité - ou notre surdité, ou des deux, en ce qui concerne les enjeux du dérèglement climatique. En rappelant la responsabilité à assumer vis-à-vis de nos petits-enfants – et de ceux qui les suivront. M. Thévoz insiste sur la nécessité deparler fortement aux politiques. M. Barraud évoque le coup de semonce, vis-à-vis de ces politiques, que représente la démission  avec pertes et fracas de Nicolas Hulot. Il critique aussi la publicité directe et indirecte faite un peu partout pour les SUV (sport utility vehicle), ces voitures lourdes, larges et à la mode. A cet égard, j’aimerais relever que, ce même jeudi, une délégation des jeunes du LAC (Lausanne Action Climat) et des Grands-parents pour le climat a été entendue par la Commission des pétitions du Grand Conseil Vd. Leur pétition demande l’interdiction (ou au moins la limitation) de la publicitépour ces véhicules, si gourmands et essence et en énergie. Il sera intéressant de voirle sortqui sera le sien. 

 

A l’évidence, la lutte pour que nos descendants bénéficient d’un environnementencore vivable est ardue. L'économie et la politique continuent leur chemin en faisant surtout du "greenwashing " :recouvrant d'une légère couche de peinture verte les mêmes méthodes qu'avant, la mêmeobsession de croissance, et refusant de considérer les conséquences à long terme. Avec nos modestes moyens, nous nous engageonspour que cela change.

 

 

08/05/2018

Jacques Dubochet met ses convictions sur le papier

Parcours - Rosso Editions, 1773 Léchelles, 2018.

Guère besoin de rappeler la surprise qu’a été l’irruption le 4 octobre 2017, sur la scène médiatique, du biophysicien J. Dubochet auquel le prix Nobel était attribué. Six mois plus tard, il publie un livre, présentation « globale » de ce qu’il est.

Trois parties : « Faire sens » réunit cinq textes de fond où il discute ce qu’il entendait dire en octobre, parlant en impromptu, sur ses engagements. La seconde, « Tranches de vie », est constituée des briques peut-on dire qui ont construit sa carrière. La troisième, « De la science en miettes », comprend des notes rédigées assidûment, un blog, sur ses lectures de revues scientifiques. Par exemple sur le dérèglement climatique – dont il parle à réitérées reprises en faisant état de son souci.

« J’ai  écrit le présent texte parce que je rencontre tant de gens qui n’ont pas compris que « bien faire » n’est pas faire n’importe quoi et que « bien vivre » se construit sur quelques fondements incontournables. Un bon point de départ est ‘Fais à ton prochain ce que tu voudrais qu’il te fasse’ »

Conscience, évolution. « La conscience est à mon sens la capacité d’un individu à se construire un modèle mental du monde dans lequel il peut naviguer (…) Elle est aujourd’hui en rupture avec près de 4 milliards d’années de vie sur Terre. Jusqu’ici, l’évolution s’est déroulée selon le couple variation au hasard/sélection naturelle. Arrivent l’homme et ses capacités. L’évolution biologique est écrasée par l’évolution culturelle. La première se déroulait par millions d’années, les transformations culturelles se font maintenant par périodes de 10 ans. La mondialisation s’est installée et nous nous fourvoyons dans un changement climatique et l’ère anthropocène. »

Le Moi et le Nous. « L’homme repose sur deux jambes : le Moi et le Nous. Pour moi, une personne est de gauche si elle tend à favoriser les valeurs altruistes ; elle est de droite si elle met son intérêt propre en priorité. » « Les bases de nos sociétés chancellent. Laisser aller conduira à des catastrophes extraordinaires. Pour nous sauver, les solutions seront collectives ou ne seront pas. Notre société a un urgent besoin de consolider la force du Nous. »

« Bien faire se ramène à deux stratégies possibles : l’une est darwinienne [sélection naturelle], elle va de soi, elle poursuit aujourd’hui son écrasante efficacité. Comme la pierre qui roule vers la vallée, elle ne demande ni plan ni choix. La seconde stratégie prend de la distance. Elle se fait une image du monde dans laquelle l’Homme se voit, lui, parmi les autres. »

Retraite. Il est à la retraite depuis dix ans. « La difficulté est que chaque jour n’a que 24 heures. J’essaie d’équilibrer mes quatre S, à savoir : Soi-même, Social, Science et Service. »

"Le 27 septembre 2017, j’annonçais que je cessais la rédaction de mon blog pour me lancer dans un bouquin du genre réflexions d’un vieil intellectuel. Une semaine plus tard, le 4 octobre, le Prix Nobel ! L’urgence et la nécessité ont produit l’objet que vous avez dans les mains. » Il ne se laisse toutefois pas emporter : « Le Prix Nobel me donne une voix, celle de la notoriété. Je n’ai pas de respect pour la notoriété. J’ai du respect pour ceux qui essaient de vivre juste. »

Parcours, une sorte de mosaïque/kaléidoscope stimulant pour approcher de plus près - avec profit ! - ce scientifique atypique.

 

 

 

01/05/2018

La BNS investit contre l'environnement et le climat


Les mots ne sont pas encore des actes. C'est ce que montre une publication de l'Office fédéral de l'environnement sur la compatibilité climatique de la place financière suisse. La réorientation des flux financiers est une nécessité mais le Conseil fédéral n'y participe pas. Aucune mesure concrète n'a été prise.

L'Office fédéral de l'environnement (OFEV) a publié le 30 avril un document intitulé « Politique climatique suisse - mise en œuvre de l'Accord de Paris ». Les mesures financières jouent un rôle central à cet égard : « L’objectif de l’Accord de Paris ne pourra être atteint que si on laisse de grandes quantités de pétrole, de gaz et de charbon dans le sol. Il est donc essentiel que l’argent ne soit plus investi dans les énergies fossiles».

L'Alliance climatique suisse estime qu'il est urgent d'agir au plan politique. « Sans la décarbonisation de la place financière, l'accord de Paris sur le climat ne peut être mis en œuvre », déclare Christian Lüthi, CEO de l'Alliance climatique suisse. « Si la BNS continue à refuser de prendre au sérieux les risques climatiques dans le cadre de son mandat actuel, le Conseil fédéral et le Parlement ont alors une obligation : adapter le mandat de la Banque nationale de manière que les risques climatiques soient explicitement mentionnés. »

La Banque centrale européenne et huit banques centrales et autorités de surveillance, d'Angleterre, de France, d'Allemagne, des Pays-Bas, de Suède, de Chine, de Singapour et du Mexique ont déjà déclaré vouloir jouer un rôle majeur dans la protection du climat.