05/07/2017

"Des repères pour choisir"

Me permet-on une minute "publicitaire", à propos d’un modeste ouvrage encore chaud des presses et qui retient l’attention.  J’ai été honoré d’apprendre que deux de mes confrères, grands patrons du CHUV, s’en sont procuré 10 et 20 copies respectivement, pour en faire bénéficier des amis et collaborateurs. Très encourageant.

 Un jeune médecin dynamique, le Dr M.-A. Bornet, s’est aussi penché sur cet ouvrage. Qu’en dit-il ? « Comment s’orienter face aux multiples défis rencontrés dans la médecine, mais aussi dans la société ? Comment faire pour bien faire ? Par son ouvrage, le Dr Jean Martin, médecin de santé publique et éthicien engagé, nous fait partager ses réflexions. Ses textes nous permettent d’explorer de nombreux thèmes actuels, reflétant notamment des rencontres et lectures qui l’ont touché, avec toujours en filigrane des valeurs humanistes.

« Le patient : différentes situations et stades de vie sont évoqués, mettant en avant l’importance du dialogue et du contact humain, pour soigner mais aussi pour vivre ensemble. Le patient est reconnu dans sa globalité, avec son contexte de vie. Une constante : le respect inconditionnel de l’être humain, si fragile et si différent qu’il puisse être, respect ancré dans le quotidien.

« L’éthique : durant sa carrière, le Dr Martin a observé l’émergence de nombreuses questions éthiques. Néanmoins, les questions d’hier ne sont pas encore résolues et restent d’actualité. Malgré la multiplication des comités d’éthique, on traite surtout de questions partielles, en ne trouvant pas le temps de consacrer assez d’attention aux questions ‘surplombantes’ de l’évolution de la société. 

« La Terre : ouvrant le livre au-delà de la médecine et de la santé, une autre ligne forte de l’auteur est son engagement pour la protection du climat. Une forme de respect envers les générations de demain. 

Un livre de partage, de proposition et d’exercice à la prise de responsabilité au quotidien. Un regard bienveillant et profond sur notre société. »

 

Pour plus d’info : livres@socialinfo.ch www.socialinfo.ch

 

 

 

09/05/2017

Stratégie énergétique - La pesée d'intérêts inadéquate de Philippe Roch

 

Philippe Roch, ancien directeur de l’Office fédéral de l’environnement, est une figure respectée de ce pays. A propos de la votation du 21 mai toutefois, il a pris une position qui stupéfie ceux qui pensaient l’avoir de leur côté. Il importe de mettre en évidence le caractère étriqué de son raisonnement.

S’agissant de voter, on ne peut dire « oui mais » ou « non mais » ; après une large pesée d’intérêts, il y a lieu de s’engager pour la position la plus pertinente. Or, Ph. Roch refuse un projet qui à ses yeux affaiblit la préservation de la nature - se faisant l’allié de milieux qui ne veulent pas entendre parler de dérèglement climatique ni d’épuisement des ressources non renouvelables. Sa position « rousseauiste», d’une nature en quelque sorte distincte de la vie de la communauté humaine, fait penser à cette formule lue récemment : « Quand l’Homme aura pris totalement possession de la Terre, de la façon dont il le fait en ce moment, il n’y aura plus rien à posséder ». Quand milieu, climat et monde vivant auront été tellement altérés par la production-consommation effrénée, que restera-t-il des éléments esthétiques qui préoccupent - de façon disproportionnée aujourd’hui – M. Roch ? De plus, à défaut de la Stratégie 2050, que pense-t-il des dégâts à la nature par la persistance du nucléaire et l’importation d’électricité produite à partir de charbon ?

La nature est pour nous comme pour lui un grand pilier de ce que nous apprécions dans l’existence, mais une certaine myopie alarme. « First things first », disent les Anglo-Saxons - il faut établir des priorités. Aujourd’hui, il faut sortir du fossile et du fissile (nucléaire) et il est impératif de diversifier nos manières d’obtenir l’énergie. Donc voter oui le 21 mai.

 

 

 

 

20/03/2017

Climat, stratégie énergétique - Le bal des myopes

 

Récemment, deux évènements d’importance en rapport avec notre avenir. D’abord au Conseil national à propos de la ratification de l’accord de Paris de 2015 sur le climat : on a vu les climato-sceptiques, comme l’intellectuel en chef Roger Köppel et l'armailli en chef Toni Brunner, monter à la tribune et il s’en est fallu de peu que les objectifs prévus ne soient modifiés à la baisse ; ceci alors que le point de non-retour en matière de climat (par rapport à une situation équilibrée) est déjà dépassé !

Et puis, le 4 mars, nouveau vote serré au congrès du PLR pour la Stratégie énergétique 2050, menacée par un référendum. Stratégie que les PLR sensibles à l’avenir de nos enfants ont finalement fait admettre, non sans que la présidente du parti elle-même s’y soit opposée… Cette stratégie confirme l’abandon progressif du nucléaire mais certains continuent à le présenter comme une énergie souhaitable - alors que les accidents graves accidents des trente dernières années ont montré le contraire. Dans l’esprit du moment, on donne dans les faits alternatifs et la post-vérité à la Trump. Véritable bal des myopes.

Il est impératif pour nos législateurs et décideurs de penser plus et mieux aux intérêts des générations qui nous suivent Pour survivre, il faudra changer, n’importe qui dans son bon sens devrait le comprendre. Dans l’immédiat : redire que l’Accord de Paris sur le climat est un début indispensable et soutenir vigoureusement la Stratégie énergétique mise en votation le 21 mai prochain.