21/11/2020

Les philosophes ont les mains blanches et/mais ils n'ont pas de mains ??

A propos de l'initiative sur les multinationales responsables, éclairant article sur les manoeuvres des opposants pour faire taire les Eglises qui, très majoritairement, se sont déclarées favorables à ce texte et le soutiennent activement.

On entend "Les Eglises n'ont pas à se mêler de politique..." C'est inepte. Les Eglises font partie de la société, elles en sont une composante qui a le droit et même le devoir de se manifester (on peut rappeler le rôle de l'Eglise catholique dans la lutte contre le communisme en Pologne ou beaucoup d'autres qui, avec moins de succès malheureusement, on promu la théologie de la libération en Amérique latine).

Les opposants sont terribles, y compris terribles de mauvaise foi. Ce qu'on regrette infiniment est qu'une Conseillère fédérale tombe dans ce travers en affirmant des choses contraires à la réalité (certains disent qu'elle le sait). Quand même préoccupant. Triste.

Il faut défendre très vigoureusement la notion que, quand les Eglises s'engagent sur des sujets de société à composante éthique, solidaire, de droits humains, de décence en matière entrepreneuriale et commerciale etc,  elles font leur boulot. Elles ne le feraient pas si elles se taisaient benoîtement.

Tou-te-s les chrétien-ne-s ne sont pas de cet avis, il y a même quelques éminen-t-e- s représentant-e-s de la tendance indûment "puriste", qui voudraient que les Eglises soient du genre "Les philosophes ont les mains blanches et/mais ils n'ont pas de mains". En pays démocratique, il faut faire avec, bien sûr. Mais cela ne veut pas dire les suivre.

18/11/2020

C'est l'AGEFI qui le dit ce jour, pas des gauchistes idéalistes

«Un oui à l’initiative serait indéniablement un plus pour la Suisse»

Hugo van Buel, le dirigeant de Cla-Val Europe, fait partie du comité de soutien de l’initiative pour des multinationales responsables. Pour l’industriel vaudois, il est urgent que le pays soit concurrentiel à l’international en matière de législation sur les droits humains et environnementaux.

17/11/2020

Prendre la mesure de ce que nous vivons (II)

L'attitude éclairée – et affirmée – d’un banquier

Patrick Odier est le patron d'une importante banque privée genevoise, il a présidé l’Association suisse des banquiers. Il a une sensibilité et un intérêt pour les enjeux climatiques, entre autres, et le démontre dans une prise de position récente (Reconnaitre la valeur du capital naturel. Le Temps, 2 novembre 2020). « Notre dépendance à l’égard de la nature a été révélée de manière flagrante cette année avec la pandémie de Covid-19. Le saut des agents pathogènes de la faune vers l’homme est probablement une conséquence du déplacement des espèces ou de la perte de leur habitat. Aujourd’hui, nous nous rappelons à nos dépens que la santé humaine, le bétail, la faune sauvage, notre alimentation et l’environnement sont tous interconnectés. » On croirait lire un leader écologiste ou un responsable de santé publique.

Et de rappeler que le 22 août 2020 la planète atteignait le jour du dépassement, celui où les ressources naturelles de la planète allouées pour toute l’année ont été épuisées. Cela vaut pour le monde ; pour des pays gros consommateurs/gaspilleurs comme la Suisse, ce jour était dans le courant du printemps ! « Concrètement, notre pays doit se préparer à la multiplication des dangers naturels. Les vagues de chaleur qui ont conduit aux périodes de canicule record de 2003 et de 2018 pourraient devenir la norme. »

Le PIB, un mauvais indicateur qu’il faut abandonner – Passage à une économie décarbonée

Odier toujours : « Étendard des indicateurs économiques, le produit intérieur brut (PIB), développé en 1937, fait toujours foi pour mesurer la croissance économique d’un pays. Or il est inutile face aux enjeux de la durabilité, car le capital naturel n’y est pas intégré (…) Alors qu’une grande partie de notre économie dépend directement du capital naturel, bon nombre des industries qui en dépendent se comportent comme s’il s’agissait d’une ressource gratuite et illimitée. »

Le changement climatique a des répercussions directes et indirectes sur les activités et les infrastructures humaines. « Des modèles d’affaires appropriés pour préserver et régénérer le capital naturel sont essentiels. Donner un juste prix à la valeur de la nature permet d’utiliser les instruments économiques pour la protéger. »

« Le passage à une économie décarbonée, soit à zéro émission nette, ne se produira pas sans une remise en question des [activités économiques] et de leur relation avec la nature. » En fait, il faut que tous, secteurs publics comme privés, se mobilisent pour la transition d’un modèle basé sur le gaspillage des ressources et les déchets « vers une économie circulaire, efficiente, inclusive et propre ».

Difficile de dire mieux.