10/12/2021

"Les arbres, nos partenaires pour le futur"

C'est le titre de la conférence donnée il y a huit jours à Echandens par le Professeur Ernst Zuercher, ingénieur forestier qui a grandi dans le canton de Vaud avant de déployer une carrière internationale, et qui enseigne à l'UNIL et l'EPFL entre autres. Il est un des scientifiques qui ont décrypté des propriétés guère imaginables (avant) chez les arbres : capacité de communiquer entre eux, par exemple à l'approche d'insectes ravageurs, émission de substances pour s’en protéger, symbioses étonnantes entre eux et avec d'autres organismes, notamment champignons, sensibilité aux phases de la lune et aux marées. C'est un académique qui dans le passé a parfois été tenu à distance par ses pairs pour ses découvertes trop surprenantes mais qui aujourd'hui est appelé dans les réunions scientifiques les plus prestigieuses.

Pour décrire les apports de la forêt au bien-être de la biosphère - et au nôtre, et l'importance qu'il y a à reboiser des zones défrichées et devenues arides pour ne pas dire désertiques (ceci avec une variété d'essences, pas de mono-culture !), il était le 2 décembre dernier à Echandens - invité par les Grands-parents pour le climat qui bénéficiaient du soutien de la Municipalité. Il a passionné l'auditoire. Son message : il faut agir dans de multiples registres pour lutter contre le dérèglement climatique et protéger la biodiversité, mais les arbres sont un élément majeur des actions à mener. « Planter un arbre et créer une forêt - Je passe à l’acte » est d’ailleurs son dernier livre. Deux autres sont "Les arbres, entre visible et invisible", qui connaît un grand succès, et "A l'écoute de la forêt", ouvrage illustré destiné aux enfants. Des cadeaux de Noël à recommander !

08/05/2021

Préserver le vivant

Le monde occidental occidental a vu de grandes avancées scientifiques et technologiques au cours des derniers siècles - particulièrement des dernières décennies, mais porte la responsabilité principale des grands dangers actuels pour la biosphère et la qualité de notre (sur-)vie. Le colosse production-extraction-exploitation-consommation a des pieds d’argile, le covid-19 le crie depuis une année. Le modèle néo-libéral, la croissance à tout crin, les profits à court terme et l’exploitation irréfléchie des ressources se révèlent suicidaires. NB : cette dérive, c’était au nom des « lois » de l’économie… alors que cette science humaine, trop humaine, et contrairement à la physique, ne connaît aucune règle immuable.

Cette glorification d'un mode de vie qui ne saurait satisfaire, qui est en fait délétère au plan de l’esprit comme du corps, et les incroyables pressions publicitaires quotidiennes dans ce sens, nous détournent de l'essentiel. Elles nous font privilégier grossièrement des dimensions "horizontales" de notre existence en négligeant/occultant la dimension verticale : spiritualité, transcendance. Or, bien sûr, les deux sont indispensables, de manière entre autres choses à promouvoir l'équilibre et le développement personnels, l'altruisme, la solidarité, le respect du vivant.

Les inégalités crasses dans notre monde sont un drame majeur et terriblement négligé. C’est une partie intégrante et effrayante du Système, qui les admet voire les justifie comme effet secondaire de la concurrence porteuse de bienfaits…. ! Elles vont en s’aggravant dans le monde entier, à l’intérieur des pays et entre les pays : économiques, sociales, éducatives/culturelles, mais aussi physiques devant la maladie et l’accident. Aux États-Unis, l’espérance de vie des Afro-Américains est inférieure de 3,5 ans à celle des Blancs. Au Royaume-Uni, les Noirs courent quatre fois plus de risques de mourir du covid-19. En matière de climat, penser à cette double inégalité : les pays industrialisés en sont responsables pour la plus grande part, les pays en développement en souffrent le plus.

« Il n’est pas question de rapiécer l’ancien système, qui est condamné par les défis écologiques et sanitaires. » Pas une phrase d’un activiste d’Extinction Rébellion mais de Klaus Schwab, patron du WEF. Dont l’édition 2021 voudra(it) un « Great Reset » (Grande Réinitialisation), vers un système plus juste et durable qui mettra aussi l’accent sur le racisme et de la discrimination.

Et André Hoffmann, vice-président de la pharma Roche : « Le doute n’est plus permis : la destruction de la nature rend l’humanité de plus en plus vulnérable (…) Dire que la protection de l’environnement entrainerait un effondrement économique est contre-productif. Au lieu de continuer à trébucher d’une crise à l’autre, nous devons construire un monde plus résilient » (Le Temps, 8 juin 2020). Peut-on l’espérer ?

06/05/2021

Non aux pesticides de synthèse, responsables de dommages à la santé (II)

En rapport avec notre domaine professionnel, la médecine et la santé publique, ces pesticides entraînent des atteintes graves. Comme c'est leur habitude, les firmes productrices s'efforcent d'empêcher la dissémination d'informations adéquates sur ces effets nuisibles. Et il faut rappeler que, peu attentives aux droits fondamentaux des populations concernées, elles continuent à commercialiser ailleurs des substances interdites chez nous, entraînant des drames à large échelle dans le secteur agricole d'autres pays (intoxications, perturbations endocriniennes, cancers et autres affections, suicides de paysans tombés dans la misère). A l'évidence, de tels risques peuvent exister aussi pour les Suisses.  

Ces pesticides permettent des augmentations de production nous répond-on. Mais c'est à court terme. Là comme ailleurs, une industrie et une économie concentrées sur les profits rapides font du mal. Notamment en ignorant des externalités gravement nuisibles. Par externalités, il faut entendre les conséquences défavorables de la production et de l'utilisation de ce qui est produit. On retire les profits financiers (à grand renfort de publicité discutable) et on laisse la collectivité et les pouvoirs publics se débrouiller avec les dégâts. Dégâts infligés à la nature notamment : biodiversité une fois encore, pollutions, pertes de substance et de capacité vitale. Ce dédain pour les terribles conséquences externes de certains développements a marqué ce qui s'est passé durant les Trente Glorieuses - qui ont été aussi les Trente Pollueuses.

L'initiative refuse la poursuite de pratiques nuisibles et veut une production agricole respectueuse de la biosphère et de la biodiversité. Il faut impérativement se détourner de l'emploi des pesticides de synthèse. A noter enfin que l'initiative évite de défavoriser les producteurs suisses puisqu'elle prévoit l'interdiction d'importer de denrées alimentaires produites à l'aide de ces pesticides.