18/10/2016

Stratégie énergétique - Le négationnisme de l'UDC - et de certains PLR

Sombre spectacle que la conférence de presse récente où l’UDC a lancé le référendum contre la stratégie énergétique qui vient d’être adoptée (par un Parlement majoritairement de droite). Image d’un véritable négationnisme, refus d’admettre que la situation requiert que l’on regarde au-delà de ses intérêts à très court terme. Plus personne (de sérieux) ne nie plus que le changement climatique est un fait et qu’il est impératif d’agir rapidement, notamment dans le sens d’une moindre dépendance des énergies fossiles. L’obstination de ce parti (avec des envolées du genre « on va vers le communisme ») rappelle la campagne plus que discutable de la Grande Economie contre l’initiative « Economie verte » sur laquelle nous avons voté le 25 septembre – campagne marquée par des simplismes et des exagérations qui décrédibilisent totalement les officines qui les ont commises. En passant, je note que le Pasteur J.-F. Ramelet, qui rédige un billet éthique dans « Tribune », journal du PLR vaudois, y a dit son clair désaccord avec ces excès.

En vedette lors de la conférence de presse de l’UDC, il y avait un PLR genevois. Le radical « canal historique » vaudois que je suis (centriste, oui, mais à l’époque c’était permis) le regrette infiniment. Le plus grave est que, avec ce type de postures et d’allégations, le PLR montre combien il sous-estime le sérieux des enjeux vitaux de la planète et les intérêts des générations futures. A la Trump ?… (je ne parle pas ici des vulgarités sexuelles de ce monsieur, mais de sa qualité intellectuelle).  

 

05/07/2015

Pour une vraie éthique planétaire, de l'intérêt général

 

 

 

A propos de:  La tyrannie des modes de vie – Sur le paradoxe moral de notre temps. F-33310 Lormont, Ed. Le Bord de l’Eau, 2015.

 

Mark Hunyadi, né en 1960, est un philosophe suisse. Après les Universités de Genève et Laval au Québec, il est professeur depuis 2007 à l’Université de Louvain.  Son dernier ouvrage lance un pavé dans la mare, appelant à substituer une « Grande éthique » porteuse de sens à ce qu’il appelle la « Petite éthique » actuelle (celle à laquelle  s’attachent  l’essentiel des travaux en bioéthique) qui à son sens sert à pasteuriser un système insoutenable.  « Nous vivons un paradoxe si manifeste que nous ne le voyons plus. Une véritable inflation éthique, par la multiplication des comités, chartes, conseils, tous censés protéger les droits individuels, [fait que] des modes de vie de plus en plus contraignants, qui échappent à tout contrôle, étendent leur emprise.  » Aussi : « C’est comme si nous luttions avec acharnement pour la liberté de choisir la couleur des briques  de notre propre prison.» 

 

L’éthique est vassale du système, dit-il.  Nos débats éthiques servent-ils surtout de blanc-seing aux avancées tous azimuts des sciences et techniques ? Il y a là une question que se posent tous ceux qui se préoccupent de bioéthique.  A quoi devrait ressembler, selon l’auteur, la « Grande éthique » nécessaire : "Ce n’est pas la lettre des articles des droits de l’homme que nous défendons, comme le ferait un juriste procédurier, c’est leur sens, c'est-à-dire cette notion d’égale dignité " (de et pour tous).

 

 L’empereur est nu, s’agissant d’éthique globale, c’est ce que dit Hunyadi. Comment avancer mieux ? Formaliser et mettre en œuvre des droits « communautaires » (mais le mot n’est guère aimé dans certaines acceptions), « sociétaux » ? Mais on sait les difficultés qu’il y a à définir l’intérêt général, même si d’une façon ou de l’autre c’est indispensable – c’est notamment ce que s’attache à faire la santé publique.  Qui donne attention aux intérêts des générations futures – eux aussi difficiles à préciser, relèvent nos critiques ! Il reste vraisemblable que l’accent quasi exclusif mis sur des droits individuels toujours plus nombreux et dont chacun exige la concrétisation, devrait être revisitée dans un sens moins égocentré, plus solidaire – étant entendu qu’on ne saurait jeter aux orties les acquis des droits humains. Promouvoir un changement de conscience et de pratiques de tous, en particulier des nantis, comment ?

 

Hunyadi demande - comme d’autres l’ont fait - la création d’une nouvelle Chambre, en complément au système politique bicaméral usuel.  Un Parlement (virtuel) des modes de vie, « institution qui, instaurant le commun [à savoir une préoccupation centrale pour les biens et l’intérêt communs] ébranlerait le pilier de nos démocraties libérales, celui du partage strict entre une sphère publique devant obéir au principe de neutralité  et la sphère privée où s’exerce le libre choix de chacun. » On peut penser que sa mise en œuvre rencontrera(it) des obstacles formidables, par la mise au défi du système démocratique où chacun vote pour l’essentiel selon son intérêt propre à court terme. Même si la manière de concrétiser les propositions de l’auteur reste mal définie, on peut penser que (sous peine de fin d’histoire ?) il faudra trouver les voies et moyens d’une ‘Grande éthique’, planétaire, allant au-delà des seuls droits des individus.