12/12/2021

Animal (film et livre)

Il faut voir le film Animal, de Cyril Dion, récemment sorti sur les écrans.
 
Formidable pour ne pas dire  exceptionnel, avec en prime deux remarquables jeunes gens (16 ans), la Britannique Bella et Vipulan, Français de la région parisienne d'origine srilankaise.
 
Trop de travail de décrire ou résumer, allez voir. Des moments déprimants sur l'état de la planète, mais beaucoup d'autres tonifiants, encourageants, engageants.
 
Un mot de Bella, dans une discussion un peu philosophique (je garantis le sens, pas les termes exacts): "La croissance illimitée, en médecine (en physiopathologie) on appelle ça cancer; en politique et économie on appelle ça progrès". Pourquoi est-ce si difficile à faire comprendre ? La question à des milliards de dollars...
 
Dans la scène de conclusion, la même Bella: " J'ai pensé quand j'ai été choisie pour ce film que j'allais découvrir beaucoup de choses passionnantes sur la nature, les animaux, etc. Mais, peut-être que c'est le plus important, j`ai appris beaucoup de choses sur nous les humains".
 
Et puis, dans des "lancements" avant le début du film, à propos des grandes explorations: "Oui, tout ce que les explorateurs et scientifiques ont découvert au cours des derniers siècles et particulièrement des dernières décennies, c'est incroyable, cela a apporté des quantités de connaissances nouvelles et passionnantes sur le monde où nous vivons. Aujourd'hui toutefois, ce n'est pas de plus connaître qui est essentiel, c'est de porter un autre regard."

10/12/2021

"Les arbres, nos partenaires pour le futur"

C'est le titre de la conférence donnée il y a huit jours à Echandens par le Professeur Ernst Zuercher, ingénieur forestier qui a grandi dans le canton de Vaud avant de déployer une carrière internationale, et qui enseigne à l'UNIL et l'EPFL entre autres. Il est un des scientifiques qui ont décrypté des propriétés guère imaginables (avant) chez les arbres : capacité de communiquer entre eux, par exemple à l'approche d'insectes ravageurs, émission de substances pour s’en protéger, symbioses étonnantes entre eux et avec d'autres organismes, notamment champignons, sensibilité aux phases de la lune et aux marées. C'est un académique qui dans le passé a parfois été tenu à distance par ses pairs pour ses découvertes trop surprenantes mais qui aujourd'hui est appelé dans les réunions scientifiques les plus prestigieuses.

Pour décrire les apports de la forêt au bien-être de la biosphère - et au nôtre, et l'importance qu'il y a à reboiser des zones défrichées et devenues arides pour ne pas dire désertiques (ceci avec une variété d'essences, pas de mono-culture !), il était le 2 décembre dernier à Echandens - invité par les Grands-parents pour le climat qui bénéficiaient du soutien de la Municipalité. Il a passionné l'auditoire. Son message : il faut agir dans de multiples registres pour lutter contre le dérèglement climatique et protéger la biodiversité, mais les arbres sont un élément majeur des actions à mener. « Planter un arbre et créer une forêt - Je passe à l’acte » est d’ailleurs son dernier livre. Deux autres sont "Les arbres, entre visible et invisible", qui connaît un grand succès, et "A l'écoute de la forêt", ouvrage illustré destiné aux enfants. Des cadeaux de Noël à recommander !

01/12/2021

Climat - Pas d'état de nécessité, vraiment ?

Fin novembre, treize jeunes gens ayant manifesté devant le siège des Retraites Populaires à Lausanne ont été condamnés, malgré la présentation des faits irréfutables sur l'urgence des défis, y compris par l'ancien Conseiller d'État Ph. Biéler parlant d'une "crise de gravité extrême face à laquelle nous avons tous une responsabilité, vous aussi Monsieur le président". On note que, lors de l'action en question, un dialogue a été entamé avec le directeur des Retraites Populaires, mais interrompu par la force publique.

L'argument impératif de la justice jusqu'ici est qu'elle est là pour appliquer les lois, pas pour les modifier. Par contre elle peut ou doit les interpréter. Et on regrette qu'elle ne discerne pas l'occasion de faire preuve de lucidité, en étudiant plus attentivement si jusqu’ici, celles et ceux qui écornent la routine civique et juridique n’agissent pas, véritablement, en état de nécessité (rappelons sur ce point, le 13 janvier 2020, la louable exception du Juge Colelough). Si ce n'était pas si sérieux, on aimerait rire devant des considérants selon quoi les catastrophes à venir dans cinq, dix ou quinze ans ne sont pas une urgence « adéquate ».

Aujourd’hui, la détermination de celles et ceux qui, pour une cause qui le mérite hautement, militent en délaissant même études ou activité professionnelle (parfois en renonçant à procréer) devrait trouver un écho très différent, bien plus vigoureux, chez les politiques et dans l'ordre judiciaire. A l’évidence, il importe que chacun fasse preuve d'un peu de courage, pas seulement les activistes.