16/06/2022

Etienne Klein sur la Première

Le jeudi 16 juin au matin, l'invité de "La Première" de la radio romande était Etienne Klein, physicien et philosophe des sciences français, un grand de la science et de la réflexion, interrogé sur la crise climatique. Réponse: on ne peut pas proprement parler de crise parce que le problème est connu et démontré à l'envi depuis quarante ans.... LE problème, il n'est de loin pas le seul à le dire, est que nous ne croyons pas ce que nous savons, et que la plupart des politiques et des patrons de l'économie ne veulent simplement pas accepter les faits - aussi aberrante que soit cette cécité. Intéressant, non ?

 

08/05/2022

Un grand patron totalement à côté de la plaque

Quand un capitaine d'industrie vit dans un autre monde: dans la NZZ am Sonntag du jour, le grand patron de Syngenta, industrie chimique suisse qui produit notamment des pesticides de synthèse, se fait le chantre de l'agro-business. Devant des désastres comme ceux entraînés par la guerre en Ukraine et les difficultés d'approvisionnement y relatives, LA solution à ses yeux est le recours massif à plus d'agriculture conventionnelle industrielle (qui aurait l'effet éminemment utile de gonfler les profits de sa firme).
 
On croit rêver...  On voulait croire que les responsables de l'économie gardent les yeux ouverts sur le monde dans lequel ils vivent - quoique, regrettablement, avec des entourages et des écrans ou œillères les protégeant de réaliser les dommages qu'ils causent par tant d'externalités nuisibles (externalités dont ils n'assument pas les coûts, les laissant à charge de la collectivité).
 
Est.il besoin de rappeler que l'agro-business conventionnel est une cause majeure de la chute dramatique de la biodiversité (extinction de nombreuses espèces) et contribue au dérèglement climatique ?
 
A souligner ici l'accroissement partout dans le monde, entre les pays et au sein des pays, des inégalités socio-économiques au cours des décennies récentes. Ce que ces grands patrons ne veulent surtout pas voir, c'est que le néo-libéralisme (dont l'agro-business est une facette) fait le lit de ce malheur planétaire.
 
 

31/03/2022

La situation médicale suisse est la "moins pire" du monde...

On a observé ces jours comment un groupe de médecins, sous le label "Carton jaune", a manifesté le 29 mars en critiquant vivement le Conseil d'Etat, alors que d'autres (les "Engagés pour la santé") ont dit leur désaccord avec la démarche - tout en reconnaissant la pertinence de certains points de l’argumentation "Carton jaune" mais en déplorant la manière et une partie notable du fond.

Toutes les professions ont légitimement leurs côtés corporatistes, les médecins le sont aussi.  Toute  la question bien sûr (jugée différemment par chacun, ce qui n'arrange rien) est de définir quand et où les droits et intérêts majeurs du métier sont menacés. 

Il y a un débat jamais définitivement  conclu sur les objectifs, les missions (la vocation, mais le terme n'est plus guère à la mode) d'une profession. Sa déontologie, qui toutefois a ses limites objectives en termes d'équité voire de partenariat souhaitable. La déontologie est ce corpus de règles que se donne une profession. Souverainement, dans une posture de "sachant" - sachant ce qui est bon pour soi et pour les autres. Peu ou pas de débat public ouvert. Un peu "Ancien régime" quand même. D'ailleurs, dans le passé récent, passablement de ce qui était déontologie a été inscrit dans la législation, acquérant une légitimité démocratique et s'imposent à tou-te-s - de part et d'autre de la relation soignant-soigné, du "colloque singulier".

Bien sûr que "Carton jaune", à part le bien de ses membres, veut aussi le bien de tout le monde. La question est de choisir ce qui passe en premier,  ou en premier ex aequo, ou en second. Conditions d'exercice,, qualité des soins, quantité des soins, intérêts matériels, relations avec les patient-e-s etc ... Choisir donc ce qu'on défend, comment, avec quelle "vivacité". "Carton jaune" est (passablement) alarmiste mais, quand on fait de la politique (et entre deux tours de scrutin), well, suivant les circonstances... je le ferais peut-être  aussi........?.. Personne n'est parfait, la vie est compliquée. 

À part ça: il n’est peut-être pas inutile de relever qu’on peut dire avec une complète certitude que la Suisse est le pays du monde où la situation médicale est la "moins pire" - pour ne pas choquer certain-e-s en disant "la meilleure".