05/04/2018

Scandaleux !

On le sait bien de longue date. Mais chaque fois que ce genre de faits (qui ne sont pas des "fake news") nous sont remis sous le nez, ça fait mal.

Dans l'excellent oekoscop des "Médecins en faveur de l'environnement" - Suisse (revue surtout germanophone à vrai dire), le no 1/18 est consacré au domaine du textile et de la mode; en particulier aux relations entre fournisseurs et leurs travailleurs (beaucoup en Asie) et les commerçants et leurs clients ici.

Une graphique impressionnant: dans le prix d'une paire de jeans, 50% va au commerce de détail et à l'administration ici, 25 % au marketing et à la publicité, 13 % aux matériaux et aux gains des fabricants, 11 % au transport, et 1 % (un pourcent) au salaire des travailleurs sur place.

D'autres commentaires seraient-ils nécessaires ?...

07/02/2018

L'argent a une odeur....Un géant pétrochimique aux activités discutables

24 heures s’est légitimement intéressé à plusieurs reprises à l’achat du Lausanne-Sport par INEOS, grand groupe chimique basé à Rolle. Chacun comprend l’intérêt, pour le club de la capitale vaudoise, de disposer de moyens lui permettant de faire bonne figure dans son sport.

Toutefois, contrairement au dicton, l’argent a une odeur. On doit attirer l’attention sur le fait qu'INEOS s’est attiré de vives critiques en Grande-Bretagne où il est très actif, par son engagement dans le fracking – processus qui, par des forages, envoie à haute pression dans la terre de l’eau, du sable et des produits chimiques pour collecter du gaz, source d’énergie. C’est un procédé hautement discutable, suscitant des craintes majeures au plan environnemental (susceptible même de favoriser des tremblements de terre). Un des vrais soucis y relatifs est que les moyens financiers ainsi investis, y compris et notamment dans l’Amérique de Trump, ne seront pas disponibles pour le développement d’énergies renouvelables, pourtant un enjeu  mondial dont tout le monde reconnaît (dit reconnaitre…) l’importance.

On reste perplexe (pour dire le moins !) de voir notre club de football devenir propriété d’une entreprise dont les activités sont contraires à la protection de l’environnement et à la promotion d’un futur durable.

 

 

04/11/2016

Conflits d'intérêts - Gain commercial ou santé ?

Eclairante information récente sur les pratiques de producteurs de boissons sucrées, inadmissibles en termes éthiques mais qui malheureusement ont leur logique au plan commercial et du marketing. On sait que les conflits d’intérêts en rapport avec la santé et la médecine sont multiples. C’est notamment pourquoi, au cours des dernières décennies, on a examiné plus attentivement les liens des médecins avec l’industrie pharmaceutique, qui fait preuve de beaucoup de créativité pour promouvoir la prescription de ses produits.

S’agissant des grandes firmes de boissons, une publication dans l’American Journal of Preventive Medicine décrit comment les deux géants Coca et Pepsi ont versé ces dernières années des millions de dollars à une centaine d’organisations de promotion de la santé ou d’aide humanitaire. On aimerait se féliciter de cette générosité ; l’ennui c’est que les investigations des auteurs de l'article montrent que ces soutiens financiers s’avèrent être un moyen de dissuader les organisations bénéficiaires de s’associer aux démarches de lutte contre le problème global majeur qu’est l’obésité.

De plus et simultanément, les firmes en question consacrent  de grosses sommes au lobbying pour contrer toute législation cherchant à réduire la consommation de boissons sucrées.  A cet égard, on peut rappeler qu’en 2012 Michael Bloomberg, l’actif maire de New York de l’époque, avait voulu limiter la contenance des bouteilles de sodas (mesure potentiellement efficace), mais un tribunal avait jugé que c’était une limitation indue à la liberté du commerce  - preuve de la faiblesse aux yeux de ce tribunal des arguments, pourtant solides, de santé publique. Il y a là des incohérences qui doivent préoccuper les professionnels de santé, les politiques et le public en général.