01/05/2018

La BNS investit contre l'environnement et le climat


Les mots ne sont pas encore des actes. C'est ce que montre une publication de l'Office fédéral de l'environnement sur la compatibilité climatique de la place financière suisse. La réorientation des flux financiers est une nécessité mais le Conseil fédéral n'y participe pas. Aucune mesure concrète n'a été prise.

L'Office fédéral de l'environnement (OFEV) a publié le 30 avril un document intitulé « Politique climatique suisse - mise en œuvre de l'Accord de Paris ». Les mesures financières jouent un rôle central à cet égard : « L’objectif de l’Accord de Paris ne pourra être atteint que si on laisse de grandes quantités de pétrole, de gaz et de charbon dans le sol. Il est donc essentiel que l’argent ne soit plus investi dans les énergies fossiles».

L'Alliance climatique suisse estime qu'il est urgent d'agir au plan politique. « Sans la décarbonisation de la place financière, l'accord de Paris sur le climat ne peut être mis en œuvre », déclare Christian Lüthi, CEO de l'Alliance climatique suisse. « Si la BNS continue à refuser de prendre au sérieux les risques climatiques dans le cadre de son mandat actuel, le Conseil fédéral et le Parlement ont alors une obligation : adapter le mandat de la Banque nationale de manière que les risques climatiques soient explicitement mentionnés. »

La Banque centrale européenne et huit banques centrales et autorités de surveillance, d'Angleterre, de France, d'Allemagne, des Pays-Bas, de Suède, de Chine, de Singapour et du Mexique ont déjà déclaré vouloir jouer un rôle majeur dans la protection du climat.

19/04/2018

Grands-parents pour le climat - on avance ! (II)

Suite de ma note du 29 mars

L’association a vu son assemblée générale, le 26 mars, à Yverdon-les-Bains. Parmi les participants, on a relevé notre Prix Nobel Jacques Dubochet, membre de la première heure, qui s’engage vigoureusement pour l’activité de l’association et s’est dit heureux de voir les actions développées, ainsi que Martine Rebetez, la climatologue connue.

Les GP climat ont oeuvré en faveur de la Stratégie énergétique 2050, heureusement acceptée en votation populaire. Ils ont consacré l’après-midi de leur réunion à des présentations sur les questions d’énergie et de politiques de meilleurs usages en la matière. Avec trois intervenants principaux : Caroline Tacchini, de la Commune de Renens, a décrit les démarches qui y sont entreprises, avec notamment le lancement prochain d’un « crowdfunding » pour augmenter la surface de panneaux solaires posés dans la commune. Renens est une « Cité de l’énergie », comme plusieurs centaines de collectivités publiques en Suisse. Pascal Mullener, délégué à l’énergie de Montreux, a fait de même pour sa commune - aussi « Cité de l’énergie » et qui est montée récemment au niveau Gold dans ce cadre (bravo). Et August Hangartner a illustré les efforts d’une commune plus petite mais active, Echallens, en présentant son Agenda 21 et les réalisations correspondantes.

Dans le débat, une vive recommandation a été faite aux GP climat d’intervenir (motion, pétition…) auprès des Législatifs et Exécutifs de leurs communes, pour qu’elles deviennent « Cités de l’énergie » et développent des Agendas 21. A noter que la démarche Cité de l’énergie propose un programme spécial, allégé, pour les communes de moins de 2000 habitants ! Il importe à l’évidence de travailler depuis la base. C’est en essaimant de proche en proche, par des démarches citoyennes comme par celles des collectivités publiques, qu’on aura une potentialisation des effets de protection du milieu et de préservation de la qualité de vie pour les générations futures. 

 

09/05/2017

Stratégie énergétique - La pesée d'intérêts inadéquate de Philippe Roch

 

Philippe Roch, ancien directeur de l’Office fédéral de l’environnement, est une figure respectée de ce pays. A propos de la votation du 21 mai toutefois, il a pris une position qui stupéfie ceux qui pensaient l’avoir de leur côté. Il importe de mettre en évidence le caractère étriqué de son raisonnement.

S’agissant de voter, on ne peut dire « oui mais » ou « non mais » ; après une large pesée d’intérêts, il y a lieu de s’engager pour la position la plus pertinente. Or, Ph. Roch refuse un projet qui à ses yeux affaiblit la préservation de la nature - se faisant l’allié de milieux qui ne veulent pas entendre parler de dérèglement climatique ni d’épuisement des ressources non renouvelables. Sa position « rousseauiste», d’une nature en quelque sorte distincte de la vie de la communauté humaine, fait penser à cette formule lue récemment : « Quand l’Homme aura pris totalement possession de la Terre, de la façon dont il le fait en ce moment, il n’y aura plus rien à posséder ». Quand milieu, climat et monde vivant auront été tellement altérés par la production-consommation effrénée, que restera-t-il des éléments esthétiques qui préoccupent - de façon disproportionnée aujourd’hui – M. Roch ? De plus, à défaut de la Stratégie 2050, que pense-t-il des dégâts à la nature par la persistance du nucléaire et l’importation d’électricité produite à partir de charbon ?

La nature est pour nous comme pour lui un grand pilier de ce que nous apprécions dans l’existence, mais une certaine myopie alarme. « First things first », disent les Anglo-Saxons - il faut établir des priorités. Aujourd’hui, il faut sortir du fossile et du fissile (nucléaire) et il est impératif de diversifier nos manières d’obtenir l’énergie. Donc voter oui le 21 mai.