31/10/2016

Climat et action collective en justice de femmes seniors

 

Le 25 octobre dernier, l’association « Aînées pour la protection du climat » (www.ainees-climat.ch) qui regroupe quelque 500 membres, en majorité des femmes de plus de 70 ans, a déposé à Berne une action en justice quant à l’insuffisance de l’action du Conseil fédéral en matière de climat. La nouveauté de la démarche a interpellé les milieux politiques ; en effet, il s’agit là d’une démarche collective du type de la « class action » bien connue aux Etats-Unis, où un groupe défini de personnes affirme avoir qualité pour agir parce que ses membres ont en commun un motif fondé de se plaindre. Dans le cas particulier, les « Aînées », sur la base de données scientifiques, soulignent que leur santé est altérée par le changement climatique de manière disproportionnée  par rapport au reste de la population (leur mortalité est double de celles des hommes en cas de canicule).

Intéressant de savoir que des actions semblables ont été lancées déjà aux Pays-Bas (avec succès - un tribunal a enjoint le gouvernement de prendre des mesures plus étoffées) et en Norvège. Compte tenu de l’urgence du problème, il serait surprenant que le mot ne passe pas plus loin. La passivité des Etats contrevient en effet aux droits fondamentaux.

L’avenir (proche, espère-t-on) dira si les juges confirment que, au vu de leurs arguments, ces aînées sont légitimées à contraindre le Conseil fédéral à être plus actif. C’est une modalité nouvelle et différente, mais elle est bien dans l’esprit de cette spécificité suisse qu’est l’initiative populaire - à ceci près que l’initiative a le propos d’apporter une modifications à la Constitution, alors que là il s’agit de demander au gouvernement d’assumer ses responsabilités, sur le base de lois existantes. Dans tous les cas, c’est un signe fort de la société civile qu’elle entend intervenir sur les grands enjeux de l’époque. Pour ces femmes âgées et dans le contexte du réchauffement global, il s’agit à la fois de vouloir une meilleure protection de la santé, pour elles, et la protection du milieu de vie, pour leurs (petits-)enfants.

09/01/2008

A lire: le monde sans nous...


 C’est le titre (The world without us) de l’ouvrage qui vient de paraître du journaliste scientifique américain Alan Weisman (New York : Thomas Dunne Books, St. Martin’s Press, 2007), qui était tête de liste des « Ten best books » de 2007 du magazine Time du 24 décembre. Weisman approche de manière très originale les enjeux liés à l’impact de l’espèce humaine sur la vie sur la Terre, tout en voulant imaginer ce qu’elle serait sans nous – après nous si l’espèce réussit dans ses pulsions suicidaires actuelles.

 

« Very well researched » , comme on dit dans les cercles académiques, fruit d’un travail de plusieurs années d’études et de voyages en de multiples points du globe. Il nous mène de la Bialowieza Puszcza, la dernière forêt vierge européenne, à cheval sur la frontière entre la Pologne et la Biélorussie (auparavant inconnue au bataillon pour ce qui me concerne), dans divers parcs et réserves naturelles, des sites archéologiques, à Tchernobyl pour observer la manière dont la nature y reprend le dessus, dans la zone démilitarisée entre les deux Corée, les tunnels du métro de New York, le gigantisme de l’exploitation pétrolière sur la côte du Texas. En Australie et dans les mers du Sud, sur tous les continents…

 

Au contact de praticiens et savants : spécialistes de toutes les sciences naturelles, ingénieurs, archéologues, sociologues et sages - chrétiens, rabbins, un soufi turc, le Dalai Lama, parmi d’autres - qui  ont partagé avec l’auteur leurs hypothèses, visions ou convictions sur « la Terre après nous ».

 

Ardu de résumer, il faut lire cette saga, enracinée dans de solides connaissances quant à ce que nous savons du passé d’aujourd’hui, qui porte des éclairages forts sur l’avenir de la planète, avec ou sans nous.