03/04/2022

Abbayes villageoises : Mesdames, tirez les premières !

Admettre les femmes dans ces confréries de tireurs que sont les Abbayes ? Plusieurs médias (24 heures  du 10 février, "Mise au point" de la RTS le 20 mars) se sont intéressés aux émois que suscite cette question. Dans ma commune, une jeune fille déterminée a convaincu son père de présenter en assemblée cette proposition - refusée à deux contre un.

Membre de notre Abbaye depuis 60 ans, j’ai fait partie de son Conseil et, à l'époque, ne voyais guère de problème à avoir une société monosexe. J'ai changé d'avis, parce que la société a changé. On n’accepte plus que dans les entreprises nos compagnes soient pour l’essentiel dans des fonctions subalternes. Aux Jeux Olympiques de Pékin on a vu des équipes mixtes dans des disciplines autrefois réservées aux garçons - et du hockey féminin. A Echandens même, il y a une société de tir présidée par une femme… qui ne peut faire partie de l'Abbaye comme ses collègues !

Les confrères qui ne veulent pas de consoeurs s'appuient sur l'histoire. Relevant que cet exercice de tir avait pour but de préparer les hommes à la défense contre un envahisseur. Très bien. Mais aujourd’hui… une femme qui sert le pays sous les drapeaux, formée à l'emploi des armes, est exclue d’une Abbaye qui accueille sans sourciller un homme qui n'a jamais fait un jour de service militaire. Cherchez l'erreur.

Mais surtout : si la compétition de tir en est une dimension d'importance, l'Abbaye est aujourd'hui LA Fête du village. Trois jours durant tous les trois ans, tout le monde se retrouve dans la convivialité de ce rassemblement communautaire. Un excellent instrument d’intégration. La manifestation, préparée des mois à l'avance, ne serait pas du tout la même sans les contributions majeures des femmes. Les jeunes filles sont demoiselles d'honneur et trois d'entre elles seront les reines des rois du tir. Ne pouvant jouer le jeu, elles font office de faire-valoir. Là, un point peut-être crucial ? Si les femmes deviennent membres et qu'une ou plusieurs tireuses (il y en a d’excellentes) gagnent, alors il faudrait lui associer un prince-consort, damoiseau ... Une situation où l’homme deviendrait le faire-valoir ?

Parmi les 174 Abbayes vaudoises, 98 sont aujourd’hui mixtes et 76 « derniers villages gaulois » résistent. Pour longtemps ? Dans notre région, ce qui a fait bouger les lignes, c'est quand des femmes engagées - et attachées à cette fête - ont conclu que cela n'allait plus et l’ont fait savoir ; des assemblées d'hommes ont alors changé d'avis. Au reste, si elles faisaient la « grève de l'Abbaye » en renonçant à apporter tous les services qu'elles rendent, les bons confrères seraient embêtés, c'est le moins qu'on puisse dire.

Le sens de l'histoire est clair. Vous pouvez l’accélérer, Mesdames, et sauvegarder en la régénérant la belle tradition de nos Abbayes.

06/02/2021

Le sujet actuel, le statut de la femme

Je valorise et salue hautement les rappels par les médias, ces jours, des luttes et évènements qui ont mené à l'octroi par les hommes... , dans ce pays, du droit de vote à leurs compagnes.  Il est bon que certaines choses (beaucoup) soient rappelées, et que les héroïnes de cette histoire - et de rares héros - soient rappelés et remerciés. 

A propos des inégalités persistantes, contribution intéressante par les Guerrilla Girls américaines, dans une affiche montrant un tableau de femme nue allongée sur un divan. Légende:

"Est-il nécessaire pour les femmes d’être nues pour entrer au Met (Metropolitan Museum of Art de New York, le plus grand du monde)  ? Moins de 5% des artistes exposés dans la section d'art moderne sont des femmes, mais 85% des tableaux de nus représentent des femmes"

 

Sans comentare.

26/03/2019

Abus sexuels - Un propos fort qui demande transparence et réparation

Ex-tra-or-di-nai-re conversation ce matin, sur RTS La Première vers 7 h. 30, entre Romaine Morard et une religieuse de Collombey, sur le thème lourd  - souvent dans les médias à combien juste titre, des abus sexuels au sein de l'Eglise. Dont les victimes sont des enfants mais aussi, on a su récemment l'ampleur de ce drame, des religieuses.

Soeur Marie-Paul (dont je n'ai pas précisément saisi si elle-même a été victime de tels sévices) s'est exprimée de manière extrêmement claire, très ferme, à l'endroit des (ré)actions insuffisantes de l'Eglise catholique jusqu'ici. Même si un certain nombre de choses ont été dites (beaucoup) et d'autres faites (moins) pour s'attaquer au problème et lui trouver des solutions (en commençant par reconnaitre les violences et soulager les victimes).

Impressionnant d'entendre cette personne, qui a consacré sa vie à Dieu dans un esprit d'obéissance, prendre pourtant vivement à partie la hiérarchie, qui continue à ne pas véritablement prendre la mesure du scandale.

A noter que, comme le père Ducarroz récemment dans la presse écrite, elle a souligné que, bien sûr, il faut commencer par permettre aux prêtres (ceux qui le souhaitent) d'avoir des relations sexuelles licites, en les autorisant à se marier. C'est l'évidence même, mais ceux qui devraient apporter ce changement regardent ailleurs.