26/03/2019

Abus sexuels - Un propos fort qui demande transparence et réparation

Ex-tra-or-di-nai-re conversation ce matin, sur RTS La Première vers 7 h. 30, entre Romaine Morard et une religieuse de Collombey, sur le thème lourd  - souvent dans les médias à combien juste titre, des abus sexuels au sein de l'Eglise. Dont les victimes sont des enfants mais aussi, on a su récemment l'ampleur de ce drame, des religieuses.

Soeur Marie-Paul (dont je n'ai pas précisément saisi si elle-même a été victime de tels sévices) s'est exprimée de manière extrêmement claire, très ferme, à l'endroit des (ré)actions insuffisantes de l'Eglise catholique jusqu'ici. Même si un certain nombre de choses ont été dites (beaucoup) et d'autres faites (moins) pour s'attaquer au problème et lui trouver des solutions (en commençant par reconnaitre les violences et soulager les victimes).

Impressionnant d'entendre cette personne, qui a consacré sa vie à Dieu dans un esprit d'obéissance, prendre pourtant vivement à partie la hiérarchie, qui continue à ne pas véritablement prendre la mesure du scandale.

A noter que, comme le père Ducarroz récemment dans la presse écrite, elle a souligné que, bien sûr, il faut commencer par permettre aux prêtres (ceux qui le souhaitent) d'avoir des relations sexuelles licites, en les autorisant à se marier. C'est l'évidence même, mais ceux qui devraient apporter ce changement regardent ailleurs.

25/02/2018

Femmes et développement

Sur ce sujet, je recommande le No 1/18 du magazine de SWISSAID, fondation pour la coopération au développement, qui met l'accent, d'une part  sur la situation difficile des femmes, du point de vue de leur santé et de leur position sociale, dans tant de parties du monde, ainsi que sur les contributions majeures qu'elles apportent à la vie de leurs communautés. On peut rappeler ici que, en Afrique par exemple, les femmes - la moité de la population, font les 3/4 du travail quotidien et l'autre moité, les hommes, 1/4 seulement !

Impressionnant, non ? Inacceptable. La domination de la femme par l'homme sur la plus grande partie de la planète reste un scandale. Cela étant, ce numéro de "Le Monde SWISSAID" inclut des articles encourageants sur des progrès enregistrés au Niger, en Guinée-Bissau et au Nicaragua notamment.

31/10/2016

Climat et action collective en justice de femmes seniors

 

Le 25 octobre dernier, l’association « Aînées pour la protection du climat » (www.ainees-climat.ch) qui regroupe quelque 500 membres, en majorité des femmes de plus de 70 ans, a déposé à Berne une action en justice quant à l’insuffisance de l’action du Conseil fédéral en matière de climat. La nouveauté de la démarche a interpellé les milieux politiques ; en effet, il s’agit là d’une démarche collective du type de la « class action » bien connue aux Etats-Unis, où un groupe défini de personnes affirme avoir qualité pour agir parce que ses membres ont en commun un motif fondé de se plaindre. Dans le cas particulier, les « Aînées », sur la base de données scientifiques, soulignent que leur santé est altérée par le changement climatique de manière disproportionnée  par rapport au reste de la population (leur mortalité est double de celles des hommes en cas de canicule).

Intéressant de savoir que des actions semblables ont été lancées déjà aux Pays-Bas (avec succès - un tribunal a enjoint le gouvernement de prendre des mesures plus étoffées) et en Norvège. Compte tenu de l’urgence du problème, il serait surprenant que le mot ne passe pas plus loin. La passivité des Etats contrevient en effet aux droits fondamentaux.

L’avenir (proche, espère-t-on) dira si les juges confirment que, au vu de leurs arguments, ces aînées sont légitimées à contraindre le Conseil fédéral à être plus actif. C’est une modalité nouvelle et différente, mais elle est bien dans l’esprit de cette spécificité suisse qu’est l’initiative populaire - à ceci près que l’initiative a le propos d’apporter une modifications à la Constitution, alors que là il s’agit de demander au gouvernement d’assumer ses responsabilités, sur le base de lois existantes. Dans tous les cas, c’est un signe fort de la société civile qu’elle entend intervenir sur les grands enjeux de l’époque. Pour ces femmes âgées et dans le contexte du réchauffement global, il s’agit à la fois de vouloir une meilleure protection de la santé, pour elles, et la protection du milieu de vie, pour leurs (petits-)enfants.