16/10/2020

Acquittement à Genève - Cela me fait de la peine pour les Vaudois

En toute humilité, je prétends être un Vaudois pur sucre, "de sorte" comme on dit chez nous. Fils et frère de vigneron dans la région de Morges, je suis enraciné dans la terre du coteau des Abbesses. D'où je suis parti au nom du principe "J'ai des racines, je m’en sers pour avancer".

Il m’arrive de ne pas craindre d'aller dans le sens du "Y en a point comme nous". Nous sommes un peu lents, campagnards, mais nous avons de solides qualités (vertus ?) aussi.

C'est dire que j'ai été très déçu pour nous, en apprenant le 15 octobre que, à Genève, une justice éclairée, appréciant lucidement où nous sommes et où nous allons, a acquitté en appel un militant pro-climat qui avait décoré la façade du Credit Suisse local d'une main rouge. La Cour a admis que ce jeune homme avait agi en état de nécessité. Remarquable - et si juste.

C'est aussi ce qu'avait relevé le 13 janvier dernier, à Renens, le Juge Philippe Colelough, s'agissant de 12 jeunes tennismen/women qui avaient voulu pratiquer leur sport au Credit Suisse lausannois. Mais, mal orienté, mal inspiré, myope, le Parquet vaudois a fait recours, recours gagné il y a trois semaines.

Je suis donc triste pour le le bon sens et la sagesse de mes concitoyens vaudois. Toujours un peu lents, c'est vrai, notre procureur en a aussi donné une nouvelle preuve.  Manque de discernement, difficulté à saisir à temps la réalité. Mais ne perdre espoir, le sens de l’histoire est clair.

03/10/2020

A propos de climat: Démocratie et désobéissance civile

Le 22 septembre, le journal "Blick" soulignait que la démocratie exige le maintien de l'ordre public, en rapport avec le « désordre » si peu propre en ordre des jeunes campant sur la Place fédérale. Bien sûr, bien sûr... encore faut-il raison garder - de tous les côtés (en passant, merci à l’Exécutif de la ville de Berne pour sa pondération). Le drame, le mot n'est pas trop fort, que vivent nos (petits-)enfants, c'est de constater que la dégradation de notre milieu de vie va bien plus vite que les efforts bien intentionnés, y compris ceux de la démocratie-modèle que nous sommes. La Mer de Glace de Chamonix a perdu 150 m. (d'épaisseur verticale) en moins d’un siècle, le glacier du Trient a reculé d'un kilomètre en trente ans. Des milliers d'espèces animales disparaissent. Et on juge que ceux qui s'émeuvent en désobéissant pacifiquement exagèrent.

Avec les gens raisonnables, j’aime à croire que la démocratie est le moins mauvais système. Toutefois, c’est une certitude, il s'avère incapable à ce stade de freiner suffisamment notre course folle vers un monde qui sera (très) difficile à vivre pour ceux qui nous suivent. Je regrette de voir que des milieux où j'ai de bons amis, dans de larges parties de l'échiquier politique, persistent à nier l'évidence, font l'autruche. Impossible d'aller plus vite, ils en sont convaincus… Se souvenir de l'histoire de celui qui est arrivé sans savoir que c'était impossible et qui l'a fait ? Je suis reconnaissant à celles et ceux qui s’engagent, y compris par des actions du registre de la désobéissance civile. Les enjeux actuels le demandent.

21/09/2020

Une réflexion de haut niveau sur un autre monde que celui vers lequel nous courons

Je veux croire que nous sommes nombreux à suivre, autant que faire se peut, la grande interview du dimanche à 12h. 45, sur La Première, par Manuela Salvi, intitulée "A voix haute".

Hier, l'invitée était Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste française. Dans le passé, je l'ai parfois trouvée un peu "grande intello à la française" (certains de ces très beaux esprits tendent à me courir sur le fil). Mais, là, cela a été excellent.

Elle parle de manière claire et forte du fait que le monde d'après ne peut pas être celui d'avant. Encore faudrait-il que ces messages parviennent haut et loin.... Ecoutez donc, et passez le message.