09/09/2017

Conseil fédéral - Inepte de vouloir interdire la double nationalité

Utile de proscrire la double nationalité chez les candidats au Conseil fédéral ? Toujours à la recherche d’occasions d’être « plus suisse que suisse », certains brandissent les risques qu’une telle situation ferait courir au pays.

Ecarter un Suisse sur cinq d’une possible candidature à notre gouvernement, le moins qu’on puisse dire est que cela fait beaucoup de monde ! Pas communautaires mais en plein centre de l’Europe, les Suisses ne vont pas changer leurs pratiques d’ouverture aux autres, y compris en termes de mobilité et par tant de mariages mixtes (s’agissant de passeports). Pointer du doigt les quelques dizaines de citoyens qui une fois seront candidats au Conseil fédéral est inepte.

L’enjeu en effet est celui-ci : est-ce que, une fois en fonction, un ex-double national agira différemment que s’il avait gardé les deux passeports que, par origine ou lien ultérieur, il détient ? Comment les nationalistes imaginent-ils éradiquer de son cerveau le fait qu’il a - aussi, avant - été citoyen d’un autre pays ?

De plus, cette interdiction ne changerait strictement rien : je ne suis pas un spécialiste des services secrets mais qui croit sérieusement qu’un pays étranger cherchera à faire chanter un conseiller fédéral au nom de son autre passeport ?!  Laissons-donc, cas échéant, les personnes concernées décider spontanément (chacune pour soi, si elle le sent ainsi). Mais l’interdiction, c’est aujourd’hui du registre théâtral…

30/08/2017

L'inénarrable Trump...

Dans la magazine Time du 4 septembre 2017 (il est toujours daté avec une semaine d'avance), à sa page 6, remarques d'un éditorialiste à propos des constants changements de personnel à la Maison Blanche : "On a réussi à éliminer quelques-unes des voix ennuyeuses qui considéraient de leur devoir de protéger la Présidence (et ce qu'elle représente aux yeux des Américains) de l'homme qui y a été élu".

Intéressant, non ?

24/08/2017

Un humaniste fait face à un cancer fatal et revisite sa vie

 

Henning Mankell, écrivain suédois connu pour ses romans policiers, est aussi un essayiste engagé et directeur de théâtre. A 65 ans, à fin 2013, on diagnostique chez lui un cancer qui l’emportera en octobre 2015. Alors, il écrit (Sable mouvant - Paris, Seuil, 2015), se promenant dans sa propre histoire - et dans l’histoire du monde. Y compris sa jeunesse modeste dans le Nord de la Suède. Humain et humaniste, enrichissant.

Mankell est un antinucléaire, un thème par lequel le livre débute : on recherche en Finlande un endroit où enfouir, pour cent mille ans au moins, des déchets nucléaires. Que dire de ces milliers d’années par rapport à une vie humaine. « Notre seule certitude aujourd’hui, c’est que nous ne pouvons en avoir aucune. Une proposition est d’utiliser les ressources de l’art. Comment les humains de l’avenir interpréteraient-ils Le Cri d’Edvard Munch ? » « Nous savons que les civilisations ne font pas le ménage derrière elles. Mais aucune n’a jamais laissé des déchets mortellement dangereux durant des millénaires. »

Relation de soin. "La femme médecin qui m‘a fait l’annonce [d’un cancer sérieux et probablement incurable] a fait preuve d’ ‘art médical’. Elle s’exprimait clairement, a pris le temps de répondre à mes questions. Dans son cabinet, le temps n’existait plus - elle avait son temps pour moi, moi et personne d’autre."

Au cours de la maladie. « La vérité c’est que je rêve d’être l’heureuse exception. Que je réussirai à me débarrasser du cancer. » « Je suis dans un labyrinthe qui n’a ni entrée ni sortie. Etre atteint d’une maladie grave, c’est être perdu à l’intérieur de son propre corps ». Les amis. « Il m’est arrivé d’être surpris au cours de cette période. Des gens dont je pressentais qu’ils s’enfuiraient se sont révélés assez forts pour maintenir un contact fréquent tandis que d’autres, dont j’attendais davantage, ont disparu. »

Le monde tel qu’il est, eux et nous. « Les hommes ont de tout temps commis des actions mauvaises. Je refuse cependant d’employer le mot ‘mal’. Je ne crois pas à l’existence du mal.»  Il a vécu en Afrique, en alternance entre la Suède et le Mozambique. Sur le fossé entre ici et là-bas : «Ceux qui vivent dans les marges extrêmes n’ont aucun choix.  Se coucher dans la rue pour mourir n’est pas un choix. Nous avons tous les moyens nécessaires pour éradiquer la misère absolue et hisser l’ensemble des êtres humains [à un niveau de vie acceptable]. Nous choisissons de ne pas le faire. C’est un choix que je ne peux considérer autrement que criminel. Mais il n’existe pas de tribunal habilité à poursuivre … »