12/05/2022

Rencontre Climat au Palais fédéral - Une première à renouveler

Le 2 mai, les président.e.s des deux Chambres invitaient leurs collègues à une première, un dialogue entre politiques et scientifiques. Dans une optique de « formation continue » des parlementaires à des problématiques urgentes, liées au dérèglement climatique et à la biodiversité. Passons sur la vision attristante d’une moitié quasiment vide de l'hémicycle, mais respect pour la dizaine d’élus de droite qui, à la différence de leurs collègues, ont estimé pouvoir améliorer encore leurs connaissances.

Même si elle n'est qu’un demi-succès, cette rencontre formelle, au Parlement même, entre politiques et scientifiques est une nouveauté significative et nécessaire. Les élus doivent bien sûr s'intéresser à tout dans la collectivité... mais, ils n'ont pas plus envie que tout un chacun d'entendre de mauvaises nouvelles. Or, en matière de climat, elles ne manquent pas, ni ne manqueront de s’aggraver si nous ne réagissons pas fort et vite.

Certains élus auront tendance à dire « chacun son métier : aux scientifiques de chercher, à nous de débattre et décider ». Malheureusement, un problème est que nous ne croyons pas ce que nous savons ! C’est plus que préoccupant : comment agir juste si on n’admet pas les faits ! Pour s’entendre sur une vision objective, des occasions périodiques de contact direct entre élus et celles et ceux qui étudient la réalité de notre milieu physique (climat) et biologique (biodiversité) seraient précieuses. On veut croire que tous nos élus le comprendront et le demanderont. Le temps presse, personne ne peut plus prendre ces enjeux à la légère.

08/05/2022

Un grand patron totalement à côté de la plaque

Quand un capitaine d'industrie vit dans un autre monde: dans la NZZ am Sonntag du jour, le grand patron de Syngenta, industrie chimique suisse qui produit notamment des pesticides de synthèse, se fait le chantre de l'agro-business. Devant des désastres comme ceux entraînés par la guerre en Ukraine et les difficultés d'approvisionnement y relatives, LA solution à ses yeux est le recours massif à plus d'agriculture conventionnelle industrielle (qui aurait l'effet éminemment utile de gonfler les profits de sa firme).
 
On croit rêver...  On voulait croire que les responsables de l'économie gardent les yeux ouverts sur le monde dans lequel ils vivent - quoique, regrettablement, avec des entourages et des écrans ou œillères les protégeant de réaliser les dommages qu'ils causent par tant d'externalités nuisibles (externalités dont ils n'assument pas les coûts, les laissant à charge de la collectivité).
 
Est.il besoin de rappeler que l'agro-business conventionnel est une cause majeure de la chute dramatique de la biodiversité (extinction de nombreuses espèces) et contribue au dérèglement climatique ?
 
A souligner ici l'accroissement partout dans le monde, entre les pays et au sein des pays, des inégalités socio-économiques au cours des décennies récentes. Ce que ces grands patrons ne veulent surtout pas voir, c'est que le néo-libéralisme (dont l'agro-business est une facette) fait le lit de ce malheur planétaire.
 
 

03/04/2022

Abbayes villageoises : Mesdames, tirez les premières !

Admettre les femmes dans ces confréries de tireurs que sont les Abbayes ? Plusieurs médias (24 heures  du 10 février, "Mise au point" de la RTS le 20 mars) se sont intéressés aux émois que suscite cette question. Dans ma commune, une jeune fille déterminée a convaincu son père de présenter en assemblée cette proposition - refusée à deux contre un.

Membre de notre Abbaye depuis 60 ans, j’ai fait partie de son Conseil et, à l'époque, ne voyais guère de problème à avoir une société monosexe. J'ai changé d'avis, parce que la société a changé. On n’accepte plus que dans les entreprises nos compagnes soient pour l’essentiel dans des fonctions subalternes. Aux Jeux Olympiques de Pékin on a vu des équipes mixtes dans des disciplines autrefois réservées aux garçons - et du hockey féminin. A Echandens même, il y a une société de tir présidée par une femme… qui ne peut faire partie de l'Abbaye comme ses collègues !

Les confrères qui ne veulent pas de consoeurs s'appuient sur l'histoire. Relevant que cet exercice de tir avait pour but de préparer les hommes à la défense contre un envahisseur. Très bien. Mais aujourd’hui… une femme qui sert le pays sous les drapeaux, formée à l'emploi des armes, est exclue d’une Abbaye qui accueille sans sourciller un homme qui n'a jamais fait un jour de service militaire. Cherchez l'erreur.

Mais surtout : si la compétition de tir en est une dimension d'importance, l'Abbaye est aujourd'hui LA Fête du village. Trois jours durant tous les trois ans, tout le monde se retrouve dans la convivialité de ce rassemblement communautaire. Un excellent instrument d’intégration. La manifestation, préparée des mois à l'avance, ne serait pas du tout la même sans les contributions majeures des femmes. Les jeunes filles sont demoiselles d'honneur et trois d'entre elles seront les reines des rois du tir. Ne pouvant jouer le jeu, elles font office de faire-valoir. Là, un point peut-être crucial ? Si les femmes deviennent membres et qu'une ou plusieurs tireuses (il y en a d’excellentes) gagnent, alors il faudrait lui associer un prince-consort, damoiseau ... Une situation où l’homme deviendrait le faire-valoir ?

Parmi les 174 Abbayes vaudoises, 98 sont aujourd’hui mixtes et 76 « derniers villages gaulois » résistent. Pour longtemps ? Dans notre région, ce qui a fait bouger les lignes, c'est quand des femmes engagées - et attachées à cette fête - ont conclu que cela n'allait plus et l’ont fait savoir ; des assemblées d'hommes ont alors changé d'avis. Au reste, si elles faisaient la « grève de l'Abbaye » en renonçant à apporter tous les services qu'elles rendent, les bons confrères seraient embêtés, c'est le moins qu'on puisse dire.

Le sens de l'histoire est clair. Vous pouvez l’accélérer, Mesdames, et sauvegarder en la régénérant la belle tradition de nos Abbayes.