22/10/2020

Peut-on parler de "après le coronavirus"? Pas évident...

Les Editions d'en bas, à  Lausanne,  viennent de publier un ouvrage collectif intitulé "Tumulte postcorona - Les crises, en sortir et bifurquer".  Je le recommande autour de moi (tout en étant subjectif, j'ai l'honneur d’être parmi la cinquantaine de co-auteur-e-s).  Et je reçois des commentaires tout à fait substantiels. Ainsi, ce message d'un ami:

"J'ai commandé "Tumulte postcorona". Je suis toujours à la recherche de ce genre de réflexions sur l'avenir. Peut-être un petit peu tôt pour parler de postcorona, alors que nous sommes encore en plein dedans...

Ceci dit, je ne suis pas sûr que les fabricants d'armes, de médicaments, de pesticides, de pétrole, de gadgets inutiles et autres imbécilités, soutenus par les banques et la finance, aient envie de changer quoi que ce soit. Il n'y a qu'à constater que les sondages sont serrés avant l'initiative pour des multinationales responsables. Cela signifie que la moitié (j'espère moins que cela, le 29 novembre) de la population se fout comme de l'an quarante de l'évolution actuelle. Le "moi d'abord, les autres s'il en reste" est malheureusement encore très vivant.

Depuis 1972, quand les époux Meadows ont publié "Limits to Growth" (ça va bientôt faire 50 ans !), une grande partie du monde est convaincue que la technologie va sauver la planète. Et ça, ça fait peur. La grande majorité des gens n'ont pas vraiment compris ce que signifie avoir une seule Terre. En bref, je suis moyennement optimiste pour que les changements nécessaires soient mis en pratique avant la grosse casse."

Si juste. Cela étant, mon correspondant et moi, on espère être trop pessimiste. Mais, en tout cas, nous sommes des optimistes inquiets.

21/10/2020

On ne nait pas blanc, on le devient...

 
Notre Darius Rochebin national continue à faire feu des quatre fers, quatre soirs par semaine à 20h., sur la chaîne LCI. Je ne suis pas un grand fan des têtes qui dépassent, mais j'aime bien Darius. Avec son allure de gendre idéal, c'est un grand professionnel (sans doute a-t-il quelques défauts).
 
En tout cas, il a sur son plateau, sans qu'il doive beaucoup les solliciter semble-t-il, les stars que compte la République, la société civile,  les médias...
 
Récemment, l'interviewé principal était Lilian Thuram, grand footballeur, enfant de la Guadeloupe venu à Paris à 8 ans, qui s'engage depuis des années pour sensibiliser aux pentes glissantes racistes de nos sociétés, et pour éduquer à l'antiracisme, au dialogue, à la compréhension. Bonne discussion.
 
On connait la phrase de Simone de Beauvoir "On ne naît pas femme, on le devient".  Thuram publie ces jours un livre intitulé "La pensée blanche" et, sur le bandeau de couverture, il ose "On ne naît pas blanc, on le devient".
 
Certains diront que le propos n'est pas clair, de beaux esprits s'émouvront en disant qu'il généralise indûment, désagréablement...
 
Il reste que Thuram a raison. Nous sommes d'une manière ou de l'autre formatés vers un certain racisme (pas forcément éclatant bien sûr... un certain racisme). Tant il est vrai qu'il y a un biais systémique, constant, en faveur des personnes à peau blanche - et des hommes bien sûr.

18/10/2020

"I am Greta" - le film

Suis allé voir ce film qui sort sur nos écrans. Je suis, à quelques encablures des 80 ans, un militant pro-climat avec les jeunes, convaincu que là est le plus grand défi du moment (la pandémie est un problème sérieux, mais le nombre des vies humaines perdues ou gravement altérées par le dérèglement climatique sera un multiple très élevé des pertes vraisemblables par le covid.

S'agissant du film sur la remarquable ado suédoise, je me demandais comment les réalisateurs allaient éviter le piège d'un certain "culte de la personnalité". Ils y sont parvenus à mon sens. Au reste, NB; on peut comprendre l’enthousiasme que suscite Greta;  cette jeune femme fait preuve d'une force et d'un intelligence hors du commun, c'est tout à fait clair.. Cela étant, elle a aussi, qui n'en aurait pas, ses moments de fragilité

 Les enjeux auxquels nous sommes confrontés justifient pleinement qu'on aille voir "I am Greta".