08/06/2019

Ces cancers qui, contre toute attente, guérissent

A propos de l'ouvrage de Sylvie Staub "Cellules, je vous aime" (Editions Cabédita, 2019).

Récit substantiel de la maladie, de la vie, d’une femme proche de la quarantaine, infirmière, mariée, chez qui on découvre un sarcome qui s’est développé sans crier gare. Traitée par différents médecins et services, opérée quatre fois. Elle a pris des notes, décrivant les interactions avec le système médical et de soins, sa vie avec famille et amis. Il y a des moments d’espoir mais beaucoup d’autres de questionnement, d’angoisse. Efforts de ressourcement, recherche de soutiens. Puis se profile et s’affirme la guérison. Les cancers qui « disparaissent » contre toute attente restent une énigme.

Famille. Sa famille, ses jeunes enfants en particulier, sont un grand sujet de préoccupation pour Sylvie Staub. « Premièrement, il me faut continuer d’inventer un avenir pour mes enfants (…) Il me semble que la meilleure protection que je puisse leur offrir consiste à les encourager dès maintenant à faire confiance à la vie. » « Je remarque que mes essais pour préparer ‘l’après’ apportent un soulagement à mon angoisse de les abandonner. Je me mets à transmettre toutes sortes d’informations utiles à la vie de tous les jours."

 Le futur n’est plus ce qu’il était… « L’avenir est désormais un lieu incertain, il ne peut plus être celui de mes désirs et mes espoirs. Retournement de situation radical : au lieu de me répéter que j’aurai mieux plus tard, il me faut au contraire me jeter dans le présent pour en faire germer l’instant. » Au moment où se décide une troisième opération – majeure : « Sortie du cabinet, je comprends qu’entre zéro et une chance, il y a tout l’univers des possibles. On peut voir cela comme une absurdité mais c’est infiniment précieux. Je ne vois aucune différence entre une chance et cent chances. »

Sylvie a consulté un psychanalyste pendant plusieurs années. Durant la maladie : « C’est lui qui tournait les pages du livre pour que je continue à avancer. C’est lui qui indiquait le nord quand la chimie ou la parole médicale détraquait ma boussole. »

Spiritualité. Elle est ouverte à d’autres ressources - y compris méthodes alternatives, et à la prière. « On prie pour moi dans différents lieux du monde [des personnes ou groupes de convictions et pratiques bien différentes]. Je m’en suis souvenue depuis mon coussin de méditation. « La spiritualité est mon abri. Ce qui n’est pas toujours du goût de la famille. Pourtant c’est grâce à elle que je ne tombe pas en dépression, que j’ai l’impression de grandir même si ma vie végète à l’extérieur. » 

Un conseil entendu ces dernières années : soyez reconnaissants pour tout ce qui vous arrive. " Reconnaissante pour le cancer ? Je tente : merci pour ma mort qui approche. Immédiatement arrive ce petit sentiment de folie qui me met en joie. » Par moments elle capitule : « C’est décidé, je ne veux plus lutter contre le cancer (…) Cela ne peut plus durer, il faut que la vie se décide dans un sens ou dans l’autre. » Enfin, c’est après trois ans, durant l’année 2005 que la guérison devient vraisemblable puis avérée. La peur de la mort s’est tue.

Le dernier quart du livre traite de la foule des réflexions et sentiments de l’auteure par la suite. Elle décrit son évolution spirituelle, notamment une démarche de méditation. « Quelque chose de très important a changé, qui me fait m’orienter vers la légèreté, la joie et l’amour plutôt que la lourdeur et l’absurde. Elle reste alors très fatiguée (on connait les témoignages de malades déboussolés après avoir guéri alors qu’ils avaient accepté l’idée de mourir).  « Les gens pensent qu’avec la guérison tous les problèmes sont résolus ; qu’il ne reste qu’à passer à autre chose. En réalité, on arrive dans un no man’s land, une terra incognita."

Petit vade-mecum de la guérison. « Reste au centre. Respire. Ne te laisse pas emporter par le drame qu’on te présente. Tu n’es pas seule, beaucoup d’autres sont déjà passés par là. Le résultat n’est pas entre tes mains, la façon de vivre cette épreuve l’est. » Vade-mecum qui se termine ainsi : « La maladie n’est pas une punition. Tu es bien plus que ta maladie. Ta noblesse et ta dignité sont inaltérables. La mort n’est pas un échec. »

Cellules, je vous aime enrichit la palette des témoignages de celles et ceux qui ont passé par une telle épreuve – avec parfois une issue funeste, parfois la guérison, cas échéant inattendue comme pour Sylvie Staub. En plus de ses qualités d’écriture, la transparence et la persévérance qu’illustrent ce texte méritent le respect.

 

11/05/2019

Intéressant, non ?... Vers un suicide collectif ?

"Des fleurs pollinisées par des drones, des mers sans poissons et des terres sans arbres. Cela n'est pas de la science-fiction, mais la réalité dans plusieurs régions du monde."

Un rapport exhaustif dresse un état des lieux mondial de la biodiversité. Nous sommes très près de la 6e extinction de masse (la précédente a vu la disparition des dinosaures). Les conclusions du Rapport du Conseil mondial de la biodiversité, qui vient d’être discuté à Paris, empêcheront les Etats- et les individus - de dire, à la prochaine catastrophe,"nous ne savions pas".

"Les biens communs mondiaux environnementaux, qui sont les terres, les océans, l'atmosphère et la biosphère, desquels dépend l’humanité tout entière, sont altérés à un degré inégalé, avec des effets en cascade sur les éco-systèmes locaux et régionaux". Et, contrairement à ce qui est encore avancé par quelques sourds et aveugles (mais pas muets) en matière de dérèglement climatique, personne ne nie, à propos de biodiversité, l'importance de la responsabilité humaine (élements notés dans a presse romande ces derniers jours).

Bon... disparition de nombreuses espèces, y compris ici d'oiseaux de nos champs et forêts, extinction de masse, altérations majeures de notre milieu de vie par l'action de l'homme (caractère anthropocène),  il fait bon avoir près de 80 ans, on ne verra que le début des désastres, de la descente aux enfers... L'ennui, c'est qu'on peut avoir près de 80 ans mais aussi des petits-enfants.

02/05/2019

Loi sur les armes - Eviter les réactions épidermiques sur l'atteinte à notre ADN...

24 heures de ce jour a deux pages de courriers de lecteurs, surtout sur les votations à venir.

En ce qui concerne la loi sr les armes, on constate avec une certain soulagement que, sur une dizaine de lettres, huit soulignent le manque de substance des craintes des opposants, ainsi que les raisons fortes qu'il y a de voter oui.

On veut croire que ces messages seront entendus.