08/05/2022

Un grand patron totalement à côté de la plaque

Quand un capitaine d'industrie vit dans un autre monde: dans la NZZ am Sonntag du jour, le grand patron de Syngenta, industrie chimique suisse qui produit notamment des pesticides de synthèse, se fait le chantre de l'agro-business. Devant des désastres comme ceux entraînés par la guerre en Ukraine et les difficultés d'approvisionnement y relatives, LA solution à ses yeux est le recours massif à plus d'agriculture conventionnelle industrielle (qui aurait l'effet éminemment utile de gonfler les profits de sa firme).
 
On croit rêver...  On voulait croire que les responsables de l'économie gardent les yeux ouverts sur le monde dans lequel ils vivent - quoique, regrettablement, avec des entourages et des écrans ou œillères les protégeant de réaliser les dommages qu'ils causent par tant d'externalités nuisibles (externalités dont ils n'assument pas les coûts, les laissant à charge de la collectivité).
 
Est.il besoin de rappeler que l'agro-business conventionnel est une cause majeure de la chute dramatique de la biodiversité (extinction de nombreuses espèces) et contribue au dérèglement climatique ?
 
A souligner ici l'accroissement partout dans le monde, entre les pays et au sein des pays, des inégalités socio-économiques au cours des décennies récentes. Ce que ces grands patrons ne veulent surtout pas voir, c'est que le néo-libéralisme (dont l'agro-business est une facette) fait le lit de ce malheur planétaire.
 
 

10/01/2022

La beauté nous aiderait-elle à renouer avec la nature et avec l’équilibre ?

" La beauté sauvera le monde" (Dostoïevski, dans L'idiot) - on aimerait que cela soit vrai. Pierre Rabhi, l'agro-écologue français: "La beauté qui sauvera le monde, c'est la générosité, le partage, la compassion."

Je viens de lire un dialogue entre Frédéric Lenoir, philosophe et connaisseur des spiritualités d'Asie, et Nicolas Hulot, le journaliste réalisateur de « Ushuaia » devenu plus tard ministre de l’écologie du président Macron (1). Hulot a été un acteur majeur, même si on regrette de relever qu’il est accusé en ce moment d’abus à caractère sexuel.

Beauté. "Un de mes premiers guides a été la beauté. Source d'humilité sur le mystère du monde. Je suis convaincu que c'est la beauté qui relie tous les êtres humains. Celle de la nature est un signe tangible vers l'incommensurable." (Hulot) "Si la beauté ne sauve pas le monde, au moins elle contribue à nous réorienter vers l'essentiel», dit Lenoir, qui cite Rachel Carson, la biologiste américaine qui la première a rendu attentif aux dégâts des pesticides (DDT), dès 1962, avec son livre Silent Spring: « Il y a quelque chose qui guérit dans les refrains répétés de la nature, il y a une beauté symbolique aussi bien que réelle. »  

Ici et ailleurs. L'émerveillement ainsi exprimé est bien plus aisé à vivre quand son propre lieu d'existence comprend une nature pas trop malmenée - c’est la chance des Suisses. Mais aujourd'hui la majorité de la population mondiale vit en milieu urbain, dont une bonne partie de bidonvilles où les ruisseaux sont des égouts et les montagnes des déchets. Alors, la beauté qui sauve ? Le sage indien Krishnamurti : « Si vous n'avez aucune relation avec la nature, vous n'aurez pas de relation avec l'homme » - pourtant, dans des slums sans arbres ni jardins, les humains interagissent aussi (à suivre)

05/08/2021

Lutte pour le climat et contre les inégalités: même combat !

Article de Sarah Sermondalaz dans heidi.news du 3 août :

Climat: lutter contre les inégalités reste l’un des meilleurs leviers.  Lutter pour le climat passe par le combat contre les inégalités. Car les deux enjeux sont intrinsèquement liés.

C’est quelque chose que les gens de santé publique, dont je suis (en toute modestie), savent depuis longtemps mais peinent - beaucoup - à faire passer: les sociétés moins inégales sont plus saines, à tous points de vue (biologique, psychologique et social) et sont bien mieux à même de faire face à des menaces come le dérèglement climatique ou une pandémie.. C'est en particulier ce que montrent les travaux très substantiels actuels de la prof. Julia Steinberger (UNIL) et de ses collègues.

 Les sociétés qui misent tout sur la compétition/concurrence et la loi du plus fort mènent à la maladie (elles sont véritablement pathogènes) et à la perte d’espoir. Quand en prendrons-nous conscience et agirons-nous dans le bon sens ?