18/10/2020

"I am Greta" - le film

Suis allé voir ce film qui sort sur nos écrans. Je suis, à quelques encablures des 80 ans, un militant pro-climat avec les jeunes, convaincu que là est le plus grand défi du moment (la pandémie est un problème sérieux, mais le nombre des vies humaines perdues ou gravement altérées par le dérèglement climatique sera un multiple très élevé des pertes vraisemblables par le covid.

S'agissant du film sur la remarquable ado suédoise, je me demandais comment les réalisateurs allaient éviter le piège d'un certain "culte de la personnalité". Ils y sont parvenus à mon sens. Au reste, NB; on peut comprendre l’enthousiasme que suscite Greta;  cette jeune femme fait preuve d'une force et d'un intelligence hors du commun, c'est tout à fait clair.. Cela étant, elle a aussi, qui n'en aurait pas, ses moments de fragilité

 Les enjeux auxquels nous sommes confrontés justifient pleinement qu'on aille voir "I am Greta".

03/10/2020

A propos de climat: Démocratie et désobéissance civile

Le 22 septembre, le journal "Blick" soulignait que la démocratie exige le maintien de l'ordre public, en rapport avec le « désordre » si peu propre en ordre des jeunes campant sur la Place fédérale. Bien sûr, bien sûr... encore faut-il raison garder - de tous les côtés (en passant, merci à l’Exécutif de la ville de Berne pour sa pondération). Le drame, le mot n'est pas trop fort, que vivent nos (petits-)enfants, c'est de constater que la dégradation de notre milieu de vie va bien plus vite que les efforts bien intentionnés, y compris ceux de la démocratie-modèle que nous sommes. La Mer de Glace de Chamonix a perdu 150 m. (d'épaisseur verticale) en moins d’un siècle, le glacier du Trient a reculé d'un kilomètre en trente ans. Des milliers d'espèces animales disparaissent. Et on juge que ceux qui s'émeuvent en désobéissant pacifiquement exagèrent.

Avec les gens raisonnables, j’aime à croire que la démocratie est le moins mauvais système. Toutefois, c’est une certitude, il s'avère incapable à ce stade de freiner suffisamment notre course folle vers un monde qui sera (très) difficile à vivre pour ceux qui nous suivent. Je regrette de voir que des milieux où j'ai de bons amis, dans de larges parties de l'échiquier politique, persistent à nier l'évidence, font l'autruche. Impossible d'aller plus vite, ils en sont convaincus… Se souvenir de l'histoire de celui qui est arrivé sans savoir que c'était impossible et qui l'a fait ? Je suis reconnaissant à celles et ceux qui s’engagent, y compris par des actions du registre de la désobéissance civile. Les enjeux actuels le demandent.

18/02/2020

Représenter les générations futures et leurs intérêts - Compliqué mais nécessaire (I)

Durant l’année 2019, le journal Le Temps a investi la problématique environnementale. Sur la base de débats citoyens dans plusieurs régions, il a élaboré une « Charte de la transition écologique ». Argumentaire : « Si des décisions fortes ne sont pas prises rapidement, les bases même de notre société sont menacées. Nous devons impérativement mettre en œuvre une transition rapide vers un modèle durable de société » (…) « La transition écologique se joue aussi dans la manière dont nous évaluons la réalité. De nouveaux outils doivent permettre de mettre en lumière l’impact de nos activités de société. »

Cette charte a été adressée aux candidat-e-s aux Chambres fédérales, en leur demandant de répondre à des questions sur chacun de ses dix thèmes. Le huitième, « Une Suisse championne de l’éducation et de la recherche », inclut la proposition suivante : « Créer une commission extraparlementaire chargée de défendre les intérêts des générations futures. ».

Les difficultés de concrétiser une telle intention sont formidables mais l’idée est dans l’air depuis plusieurs décennies. On a pu parler de « Troisième Chambre » dans l’organisation d’un Etat ; c’est le cas en France où le Conseil économique, social et environnemental est une assemblée de plus de 200 membres censés représenter la société civile. Mais il serait préférable d’avoir une instance plus restreinte si on la veut efficace. Né d'une idée émise en 2000 par Jakob von Uexküll et fondé en 2007, le « World Future Council », indépendant et interdisciplinaire,  est une fondation de droit allemand composée de 50 personnalités considérées comme des « change-makers ».  A suivre