04/03/2021

Les bons "vieux Suisses" - Des avatars du fédéralisme

Bien inhabituel dans ce pays d'amour des lois (en général, nos compatriotes peuvent reprendre sans difficulté cette formule de l'Hymne vaudois)... Dans les derniers jours de février, plusieurs gouvernements cantonaux entrent carrément dans l'illégalité en laissant ouvertes les terrasses des restaurants d'altitude.
 
Même pour qui juge que la tolérance est une vertu, cela  interpelle - et c'est un euphémisme (j'ai eu l'occasion abondamment au cours de ma carrière de connaître le côté hyper-sérieux, "gründlich" à tout crin, de nos compatriotes). La stupéfaction suivante, c'est de constater que c'est le fait en particulier des Waldstätten... On n'en croit pas ses oreilles.
 
Bon, après s'être donné des frissons en désobéissant au Gouvernement fédéral, nos "chers et fidèles Confédérés" ont réalisé qu'ils poussaient le bouchon trop loin, dans un éclat populiste indéfendable, et sont rentrés dans le rang. Fin de l'épisode (jusqu'au suivant ?).
 
Une question intéressante  toutefois: imaginer ce qui se serait passé si c'était des cantons romands qui ainsi avaient foulé aux pieds le cadre constitutionnel et légal, qui s'étaient fichus de manière assumée de la figure du Conseil fédéral. La distinguée (et la moins distinguée) presse alémanique s'en serait donné à coeur joie: avalanches de critiques acérées sur de mauvais citoyens, perdus d'honneur (comme on disait dans le passé), appel à la mise sous tutelle de la partie francophone pays, et j'en passe. On aurait vu et entendu quelque chose.

16/10/2020

Acquittement à Genève - Cela me fait de la peine pour les Vaudois

En toute humilité, je prétends être un Vaudois pur sucre, "de sorte" comme on dit chez nous. Fils et frère de vigneron dans la région de Morges, je suis enraciné dans la terre du coteau des Abbesses. D'où je suis parti au nom du principe "J'ai des racines, je m’en sers pour avancer".

Il m’arrive de ne pas craindre d'aller dans le sens du "Y en a point comme nous". Nous sommes un peu lents, campagnards, mais nous avons de solides qualités (vertus ?) aussi.

C'est dire que j'ai été très déçu pour nous, en apprenant le 15 octobre que, à Genève, une justice éclairée, appréciant lucidement où nous sommes et où nous allons, a acquitté en appel un militant pro-climat qui avait décoré la façade du Credit Suisse local d'une main rouge. La Cour a admis que ce jeune homme avait agi en état de nécessité. Remarquable - et si juste.

C'est aussi ce qu'avait relevé le 13 janvier dernier, à Renens, le Juge Philippe Colelough, s'agissant de 12 jeunes tennismen/women qui avaient voulu pratiquer leur sport au Credit Suisse lausannois. Mais, mal orienté, mal inspiré, myope, le Parquet vaudois a fait recours, recours gagné il y a trois semaines.

Je suis donc triste pour le le bon sens et la sagesse de mes concitoyens vaudois. Toujours un peu lents, c'est vrai, notre procureur en a aussi donné une nouvelle preuve.  Manque de discernement, difficulté à saisir à temps la réalité. Mais ne perdre espoir, le sens de l’histoire est clair.

12/09/2020

Personnalité juridique pour le Rhône... Quelle bonne idée !

 

Ce jour, dans l'émission hebdomadaire de "La Première" proche de la nature (Prise de terre), très intéressant entretien avec un membre d'une association qui entend œuvrer pour que notre ordre constitutionnel (en Suisse et en France) accorde la personnalité juridique à "notre" fleuve.

Oui, très bien de reconnaître l'importance d'éléments majeurs de notre environnement physique - ou biologique d'ailleurs. En Nouvelle-Zélande, en lnde et ailleurs, des fleuves se sont déjà vu accorder une telle personnalité. Ailleurs, ce sont des montagnes, ou des forêts qui l'ont reçue (Nouvelle-Zélande encore, Amérique latine)  Pour le moins, un telle disposition nous obligerait à être un peu plus réservé, retenu, avant de saccager notre milieu de vie. Heureuse perspective.

Bon, pas mal d'eau va encore couler entre Glacier et Bouches du Rhône avant que nos sociétés soient aussi audacieuses. Mais l'idée est excellente.