11/01/2022

La Suisse ne peut plus être le mouton noir dans la prévention du tabagisme

Il faut appeler les choses par leur nom, l'attitude de la Suisse officielle à l'égard de l'industrie du tabac est un scandale. D'abord, il est inacceptable que notre pays n'ait pas encore ratifié la Convention-cadre de l'OMS relative à une attitude préventive minimum quant aux dégâts liés au tabagisme. Malheureusement, tout se passe comme si le parlement fédéral était à la botte des cigarettiers et de leurs lobbyistes, de longue date. Triste.

Ce parlement a adopté une révision de la loi en octobre dernier mais c'est en fait un alibi. Elle maintient l’autorisation de faire de la publicité auprès des jeunes, notamment sur internet - on sait l'importance des réseaux sociaux dans leur vie et leurs pratiques et il est démontré que la publicité a un impact fort. La loi maintient l’autorisation de sponsoring et même la distribution de gadgets, dans des festivals par exemple. Inadmissible.

Sur la route d'une situation plus présentable de notre pays, un premier pas indispensable est d'accepter le 13 février l'initiative « Oui à la protection des enfants et des jeunes contre la publicité pour le tabac ». La liste des institutions qui la soutiennent est impressionnante, avec au premier rang des associations médicales, celles des pédiatres, médecins de famille, spécialistes des poumons et la FMH, parmi beaucoup d’autres. Qui contrairement au parlement entendent mettre les intérêts de la santé avant le profit d’une industrie délétère.

Voter oui est un impératif médical et de santé publique, un impératif éthique aussi vis-à-vis de nos jeunes.

 

 

01/04/2020

Lutter contre les "fake news" - D'autant plus important en période de pandémie

 

Le contrôle de qualité de ce qu'on peut trouver sur le net est un sujet aigu. Les fausses informations sont particulièrement préoccupantes dans le domaine médico-sanitaire et les médias fiables rendent attentif à leur fréquence. Près de moi vers le 11 mars, des connaissances ont disséminé de bonne foi une info angoissée prétendument issue de Chine qui, avec certaines choses correctes, en disait d’autres erronées - dont une recommandation de boire des boissons chaudes pour se protéger du virus ! C’était un hoax (canular). Ce qui attirait l’attention sur la fragilité du message, c ’est que l’envoyeur allégué était une association contre la thrombose vasculaire…

Les mesures fortes ordonnées par les gouvernements ont étonné voire stupéfié les populations - et passablement de responsables économiques ou politiques. Logiquement, beaucoup ont fait une analogie avec le dérèglement climatique, qui demande des décisions aussi fortes dans leur ordre de grandeur - même si elles n’ont pas à être prises dans les 24 ou 48 heures. Mais, dans les deux cas, les actions adéquates vont déstabiliser le modèle actuel de fonctionnement de la société. Peut-être la crise liée au coronavirus aura-t-elle le mérite de nous préparer à ce que requiert la transition énergique indispensable pour lutter contre le réchauffement ?

« C’est là que cette crise sanitaire rejoint l’autre, climatique. Si nous pouvons vivre avec l’annulation des vols, la fermeture d’écoles, pourquoi ne pas accepter, plus tard, les restrictions rendues nécessaires par la réduction des émissions de CO2? », dit Serge Michel, rédacteur en chef du site heidi.news, le 14 mars.

Pour les deux problématiques, se pose de manière aiguë la question des fake news. Ainsi, un ancien de l’EPFL, à Lausanne, inonde les rédactions de messages erronés, prétendant sur la base de travaux d’il y a plusieurs décennies - infirmés depuis, que le changement climatique n’est pas dû aux gaz à effet de serre et n’est pas d’origine anthropique. Il arrive que des journaux publient ces allégations, trompés par la référence à une Haute Ecole.

Le nécessaire contrôle de la qualité des informations sur les réseaux sociaux et autres médias a encore beaucoup de pain sur la planche.

 

 

21/03/2020

Corona-mesures, corona-gentillesse (II)

Diriger une collectivité n'est pas simple. Voir les critiques encore récentes (on les oublie mais il y en a eu, il y a dix jours encore) de milieux qui considéraient que nos autorités perdaient le boule en en faisant trop. Je ne suis pas du côté de critiques du Conseil fédéral.

Une chose encourageante:ce que les Américains se sont mis à appeler la "corona-kindness", la corona-gentillesse. Bien bon de voir que beaucoup d'initiatives de ce genre se développement chez nous: tous ces gestes et manifestations de solidarité, d'aide de voisinage, de soutien moral, notamment à l'endroit des personnes âgées, pour leur faciliter une vie "confinée". Gestes, paroles, etc, mais bien sûr à distance et sans embrassades !....  Penser aussi, bien sûr, à toutes celles et ceux qui doivent continuer à travailler en dépit de la situation actuelle de nécessité : employés des magasins d'alimentation et boulangeries, policiers et autres chargés de sécurité, toutes celles et ceux qui oeuvrent au sein du système de santé, dans les hôpitaux, EMS, soins cabinets médicaux, sois à domicile etc.

Ce que je sais aussi, c'est que dans un mois ou quelques mois, les personnes ainsi intensément impliquées dans cette crise majeure s'en souviendront comme de leur "Guerre de Troie" : le Conseiller fédéral en charge de la santé, ses collègues du Gouvernement, en passant par les autorités sanitaires cantonales, et ceux que je viens d'évoquer. Et bien sûr, la collectivité se souviendra d'avoir été plongée dans une situation véritablement inouïe - au sens étymologique du terme.