10/01/2022

La beauté nous aiderait-elle à renouer avec la nature et avec l’équilibre ?

" La beauté sauvera le monde" (Dostoïevski, dans L'idiot) - on aimerait que cela soit vrai. Pierre Rabhi, l'agro-écologue français: "La beauté qui sauvera le monde, c'est la générosité, le partage, la compassion."

Je viens de lire un dialogue entre Frédéric Lenoir, philosophe et connaisseur des spiritualités d'Asie, et Nicolas Hulot, le journaliste réalisateur de « Ushuaia » devenu plus tard ministre de l’écologie du président Macron (1). Hulot a été un acteur majeur, même si on regrette de relever qu’il est accusé en ce moment d’abus à caractère sexuel.

Beauté. "Un de mes premiers guides a été la beauté. Source d'humilité sur le mystère du monde. Je suis convaincu que c'est la beauté qui relie tous les êtres humains. Celle de la nature est un signe tangible vers l'incommensurable." (Hulot) "Si la beauté ne sauve pas le monde, au moins elle contribue à nous réorienter vers l'essentiel», dit Lenoir, qui cite Rachel Carson, la biologiste américaine qui la première a rendu attentif aux dégâts des pesticides (DDT), dès 1962, avec son livre Silent Spring: « Il y a quelque chose qui guérit dans les refrains répétés de la nature, il y a une beauté symbolique aussi bien que réelle. »  

Ici et ailleurs. L'émerveillement ainsi exprimé est bien plus aisé à vivre quand son propre lieu d'existence comprend une nature pas trop malmenée - c’est la chance des Suisses. Mais aujourd'hui la majorité de la population mondiale vit en milieu urbain, dont une bonne partie de bidonvilles où les ruisseaux sont des égouts et les montagnes des déchets. Alors, la beauté qui sauve ? Le sage indien Krishnamurti : « Si vous n'avez aucune relation avec la nature, vous n'aurez pas de relation avec l'homme » - pourtant, dans des slums sans arbres ni jardins, les humains interagissent aussi (à suivre)

10/12/2021

"Les arbres, nos partenaires pour le futur"

C'est le titre de la conférence donnée il y a huit jours à Echandens par le Professeur Ernst Zuercher, ingénieur forestier qui a grandi dans le canton de Vaud avant de déployer une carrière internationale, et qui enseigne à l'UNIL et l'EPFL entre autres. Il est un des scientifiques qui ont décrypté des propriétés guère imaginables (avant) chez les arbres : capacité de communiquer entre eux, par exemple à l'approche d'insectes ravageurs, émission de substances pour s’en protéger, symbioses étonnantes entre eux et avec d'autres organismes, notamment champignons, sensibilité aux phases de la lune et aux marées. C'est un académique qui dans le passé a parfois été tenu à distance par ses pairs pour ses découvertes trop surprenantes mais qui aujourd'hui est appelé dans les réunions scientifiques les plus prestigieuses.

Pour décrire les apports de la forêt au bien-être de la biosphère - et au nôtre, et l'importance qu'il y a à reboiser des zones défrichées et devenues arides pour ne pas dire désertiques (ceci avec une variété d'essences, pas de mono-culture !), il était le 2 décembre dernier à Echandens - invité par les Grands-parents pour le climat qui bénéficiaient du soutien de la Municipalité. Il a passionné l'auditoire. Son message : il faut agir dans de multiples registres pour lutter contre le dérèglement climatique et protéger la biodiversité, mais les arbres sont un élément majeur des actions à mener. « Planter un arbre et créer une forêt - Je passe à l’acte » est d’ailleurs son dernier livre. Deux autres sont "Les arbres, entre visible et invisible", qui connaît un grand succès, et "A l'écoute de la forêt", ouvrage illustré destiné aux enfants. Des cadeaux de Noël à recommander !

08/12/2021

Introduire l’écocide dans le droit international et permettre à la CPI d’agir

La vingtième session de l'Assemblée des États Parties au Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) s'est ouverte le 6 décembre à La Haye.  En réponse à la demande politique, un groupe d'experts indépendants composé d’avocat.es du monde entier, spécialisé.es en droit international et de l'environnement, s’est attaché à rédiger une définition claire de l’"écocide" en tant que cinquième crime potentiel en vertu du Statut de Rome. https://www.icc-cpi.int/Pages/item.aspx?name=pr1632&ln=fr

On pouvait suivre hier soir une importante visio-réunion à ce sujet, qui a vu intervenir certains des experts impliqués, notamment Mme Dior Fall Sow, du Sénégal, juriste auprès des Nations Unies, Mme Jojo Mehta, présidente de la Fondation Stop Ecocide, de Londres, le professeur franco-anglais Philipe Sands et des personnalités de pays particulièrement touchés, Bangladesh et Iles Samoa par exemple.

A l'évidence, il importe de définir/circonscrire le terme écocide, d'abord, puis de l’ancrer dans le droit international pour ouvrir la voie à des instructions de la CPI - avec les sanctions potentielles correspondantes.