10/02/2021

Pour construire un monde d'après, il faudrait un futur

La Suisse romande connaît bien le Dr Bertrand Kiefer, rédacteur de la Revue médicale suisse, médecin, éthicien, philosophe - très sollicité par les médias.  Son Bloc-notes hebdomadaire à la dernière page de sa revue est toujours marqué par la hauteur de vue, la vision à long terme, un caractère incisif.
 
Extrait de sa contribution de ce jour: "Pour construire un monde d'après, il faudrait un futur. Et lui donner une dimension mythologique, tout en l'articulant à la nature qui nous entoure, aux écosystèmes qui nous englobent, bref à la communauté dont nous sommes part. Mais voilà: à la différence de toutes celles qui nous ont précédé, notre civilisation se passe de cosmos. Aux yeux des modernes, l'univers (lointain et proche) ne pose pas de questions fondamentales liées notre existence, mais au contraire les efface.  Notre pouvoir sur lui nous suffit".
 
Well...  Judicieux de réfléchir où nous en sommes, où nous allons, à quoi nous jouons (si seulement c'était un jeu).

04/02/2020

La vie et la mort

La "Grande  Libraire", sur France 5 le mercredi soir, est toujours un excellent moment -  souvent passionnante, formidable d’intérêt.

Celle du 29 janvier était "Autour de François Cheng, l'écrivain-poète français d’origine chinoise, devenu une des  grandes figures "sages" de la République. A voir-écouter.

Sur la mort: ""C'est la mort qui transforme la vie en don, en élan". Ce qui me fait penser à cette autre phrase glanée quelque part il y a des années: "Notre mortalité est la condition de notre liberté". Des réflexions que devraient soupeser les trans-et posthumanistes.

Et puis  (Cheng): "La beauté, c'est le signe par lequel la Création nous signifie que la vie a du  sens". "La beauté nous donne du sens".

14/07/2019

Climat et biodiversité - Barrau, un intellectuel français qui s’engage

A propos de: Aurélien Barrau

Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité

Paris : Michel Lafon, 2019, 143 pages

Aurélien Barrau (1973) est un astrophysicien français qui occupe des positions de haut niveau au plan scientifique. Il est connu du grand public depuis l’action lancée avec 200 personnalités en septembre 2018 dans le journal « Le Monde », suite au départ du ministre de l’écologie Nicolas Hulot.

Dans sa préface : « Mes collègues ne savent plus comment exprimer la gravité de la situation climatique pour être entendus. ll est vital de porter cette question au centre de l’action politique. La sixième extinction massive de l’histoire de la Terre est en cours. L’évolution des températures se fait sur des périodes beaucoup trop courtes pour que les organismes vivants puissent s’adapter comme ils l’ont fait dans le passé."

« ll existe un certain nombre de paliers : si le prochain est franchi, même un ascétisme radical ne pourra pas inverser la tendance et les dégâts seront irréversibles […] L’augmentation du réchauffement induisant par effet domino des réactions en chaine incontrôlables est maintenant une hypothèse sérieuse. »

Changer de modèle. « Je souhaite que notre violence extrême envers la vie [par le modèle économique actuel] fasse maintenant partie de ce qui n’est plus autorisé. » « Tenter l’expérience d’un être-à-la-vie coopératif et symbiotique, comme le sont la grande majorité des relations dans la nature. »

Les politiques assumeront-ils ?  Malgré le verdissement de surface de plusieurs parlements, rien n’indique que des majorités sont en vue qui entreprendraient les changements que scientifiques, observateurs et certains politiques (tout de même) jugent indispensables. Je lisais que des études sur la décadence et disparition d’empires puissants (romain, maya, asiatiques ou même le cas particulier de l’Ile de Pâques) montrent que, dans les périodes concernées, les responsables ont simplement fait faux, ont accéléré par leurs décisions les évolutions funestes.

Quelle est la vraisemblance d’un changement d’orientation - de cœur - chez les puissants comme dans les mécanismes économiques qui nous gouvernent ? Si la tendance de concurrence agressive se poursuit, cela se traduira en guerres ; nous avons déjà des guerres commerciales mais des prétextes seront trouvés pour en faire des militaires (ce qui, comme on sait, sera un puissant facteur de croissance économique !). Avec la guerre réapparaitront les deux autres grands fléaux classiques que sont la faim et les épidémies...

Un paradoxe ici est que le dernier siècle a vu des progrès qui permettraient de combattre efficacement la faim et la maladie et de promouvoir la paix, si nous étions une société du partage comme celle qu‘appelle de ses vœux Aurélien Barrau. « Il est vital que l’écologie soit la priorité absolue de tout pouvoir politique, en s’opposant chaque fois que nécessaire aux lobbies et aux pouvoirs financiers. Engageons-nous à harceler le pouvoir politique. Montrons sans relâche que la rigueur n’est pas du côté des apôtres d’une consommation irréfléchie. »