16/06/2022

Etienne Klein sur la Première

Le jeudi 16 juin au matin, l'invité de "La Première" de la radio romande était Etienne Klein, physicien et philosophe des sciences français, un grand de la science et de la réflexion, interrogé sur la crise climatique. Réponse: on ne peut pas proprement parler de crise parce que le problème est connu et démontré à l'envi depuis quarante ans.... LE problème, il n'est de loin pas le seul à le dire, est que nous ne croyons pas ce que nous savons, et que la plupart des politiques et des patrons de l'économie ne veulent simplement pas accepter les faits - aussi aberrante que soit cette cécité. Intéressant, non ?

 

13/05/2022

Un essai au titre "choquant" mais digne d'être lu et réfléchi

Je parle du livre de David van Reybrouck. Contre les électionsParis : Actes Sud, 2014.

Van Reybrouck (1971) est un intellectuel et enseignant belge. Il s'est fait connaître par des études historiques majeures sur des parties de l 'Afrique (Congo; Le Fléau). Esprit universaliste, il s'intéresse aux difficultés que connaît le modèle démocratique. Au vu du titre (et fier de notre culture civique ?), je n'ai d'abord pas été attiré par son idée forte : la désignation par tirage au sort des parlements ou autres organes liés au fonctionnement d'un pays. Mais les appels croissants à instituer des assemblées citoyennes (y compris la Convention sur le climat mise en place par le Président Macron en 2019) m'ont décidé.

L’auteur commence par discuter la crise de la légitimité démocratique : 1) L'abstentionnisme ; 2) l'inconstance de l'électorat, passant "d'un bord à un autre" de manière rapide ; 3) le fait que de moins en moins de gens adhèrent à un parti politique (partis qui restent néanmoins des pôles de réflexion et discussion). Au-delà, on constate une crise de l'efficacité du politique.

C'est un ouvrage très bien informé des exemples historiques de tirage au sort, depuis la Grèce ancienne, ainsi que des propositions et réalisations de désignation, de cette manière, d'organes à caractère délibératif en Europe et Amérique du Nord. ll est bien structuré, didactique. NB : l'auteur ne plaide pas pour un passage systématique au tirage au sort; il argumente qu'un panachage d'organes élus et d'autres tirés au sort apporterait des bénéfices substantiels. On peut être surpris de quelques formulations vives, carrées (« Les élections sont le combustible fossile de la politique » !). Il reste que ce livre mérite largement d’être lu - et médité.

12/05/2022

Rencontre Climat au Palais fédéral - Une première à renouveler

Le 2 mai, les président.e.s des deux Chambres invitaient leurs collègues à une première, un dialogue entre politiques et scientifiques. Dans une optique de « formation continue » des parlementaires à des problématiques urgentes, liées au dérèglement climatique et à la biodiversité. Passons sur la vision attristante d’une moitié quasiment vide de l'hémicycle, mais respect pour la dizaine d’élus de droite qui, à la différence de leurs collègues, ont estimé pouvoir améliorer encore leurs connaissances.

Même si elle n'est qu’un demi-succès, cette rencontre formelle, au Parlement même, entre politiques et scientifiques est une nouveauté significative et nécessaire. Les élus doivent bien sûr s'intéresser à tout dans la collectivité... mais, ils n'ont pas plus envie que tout un chacun d'entendre de mauvaises nouvelles. Or, en matière de climat, elles ne manquent pas, ni ne manqueront de s’aggraver si nous ne réagissons pas fort et vite.

Certains élus auront tendance à dire « chacun son métier : aux scientifiques de chercher, à nous de débattre et décider ». Malheureusement, un problème est que nous ne croyons pas ce que nous savons ! C’est plus que préoccupant : comment agir juste si on n’admet pas les faits ! Pour s’entendre sur une vision objective, des occasions périodiques de contact direct entre élus et celles et ceux qui étudient la réalité de notre milieu physique (climat) et biologique (biodiversité) seraient précieuses. On veut croire que tous nos élus le comprendront et le demanderont. Le temps presse, personne ne peut plus prendre ces enjeux à la légère.